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L’« opération spéciale » russe — doux euphémisme pour une guerre qui a déjà coûté la vie à un demi-million d’hommes et de femmes — fait rage depuis maintenant quatre ans. Si ce conflit régional a ses raisons géopolitiques propres, il en est une qui passe régulièrement sous les projecteurs : c’est, avant tout, une guerre contre l’Europe. Les récentes révélations sur le possible rachat par un investisseur américain des gazoducs Nord Stream ne disent pas autre chose. Et ce pendant que les dirigeants européens assistent, comme à leur habitude, impuissants à la scène.
Main basse sur les ruines du Vieux Continent
Alors que les pipelines sous-marins Nord Stream reliant la Russie à l’Allemagne et qui alimentait cette dernière en gaz à plus de 50 % restent coupés depuis leur sabotage de septembre 2022 (une série d’explosions sous-marines), de discrètes et cyniques discussions s’organisent loin de Bruxelles.
En effet, selon les révélations de l’agence Reuters, l’émissaire américain Jared Kushner et l’envoyé présidentiel russe Kirill Dmitriev négocient en secret des initiatives énergétiques communes pour l’après-guerre. Il s’agirait de faire entrer des fonds privés américains au capital de Nord Stream.
Traduction : pendant que les économies européennes subissent de plein fouet le choc des sanctions économiques, de l’accès au gaz et au pétrole russes et de l’inflation – l’U.E ayant offert à Kiev plus de 216 milliards d’euros en pure perte et perdu des dizaines de milliards d’investissements en Russie -, Washington et Moscou préparent tranquillement le partage des restes de notre souveraineté.
Guerre hybride contre l’Europe
Le secret de Polichinelle est partiellement levé : le sabotage de Nord Stream relève de la guerre hybride contre l’Europe, contre sa puissance, et de par leur inaction, nos actuels dirigeants européens en sont les complices.
Comme pour les sanctions économiques, il s’agit bien entendu pour l’Oncle Sam de briser le lien énergétique avec l’Est et de forcer l’Europe à importer du gaz de schiste américain et des hydrocarbures asiatiques à des prix prohibitifs, pour miner la compétitivité de ses entreprises. Si la cible officielle est la Russie, le dindon de la farce globale reste l’appareil industriel européen.
Pendant que l’Union reste bouche bée, la refonte de l’échiquier énergétique mondial se fait sans elle. Outre ce scandale de Nord Stream, le sort de la compagnie russe Lukoil en Europe illustre aussi parfaitement cette dynamique. Ses trois raffineries stratégiques — basées en Bulgarie, en Roumanie et aux Pays-Bas — s’apprêtent à passer sous le contrôle de l’agence fédérale américaine DFC et de fonds souverains qataris et émiriens. Le signal envoyé est limpide : le continent est un simple terrain de jeu pour les puissances étrangères.
Une impuissance somme toute utile ?
Cette attaque d’un pipeline à 200 mètres de profondeur n’est pas seulement une attaque économique : elle a aussi servi à évaluer la capacité de résistance des gouvernements européens. Qui s’est démontrée nulle, puisque ces derniers y ont assisté sans mot dire. Ajoutons qu’elle a également prouvé que nos fonds marins — câbles Internet, réseaux électriques — sont laissés sans défense par des États incapables de protéger leurs frontières.
Mais, au-delà de cette l’impuissance peu sujette à caution, l’oligarchie européiste utilise le conflit russo-ukrainien pour se maintenir au pouvoir et mener une guerre politique contre les peuples européens.
En invoquant la « menace russe » et sous couvert d’« union sacrée », les gouvernements instaurent peu à peu un contrôle social et politique strict et légitiment des mesures d’exception — musellement des opposants qualifiés d’« agents de l’étranger », censure des réseaux sociaux etc. — tout en orchestrant une spoliation fiscale de l’épargne des citoyens pour financer l’effort de guerre.
Comme n’a de cesse de le clamer l’énarque et essayiste Michel Geoffroy, cette stratégie du choc ferait effet de levier pour contourner la souveraineté des peuples et accélérer de force l’agenda fédéraliste vers la création d’un État européen.
Qu’on le déplore ou non, la question fondamentale reste entière : quels intérêts cette entité sert-elle réellement ? Sa déconnexion hors-sol et impuissance géopolitique crasse n’inaugurent rien de bon.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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