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Il y a d’abord ce titre, Red Alert, « alerte rouge », qui sonne comme une sirène. Puis une date que plus personne n’a besoin de préciser : le 7 octobre 2023, ce samedi où 1 220 personnes ont été tuées dans le sud d’Israël et où 252 otages ont été emmenés à Gaza. Depuis le 12 octobre, Canal+ diffuse cette mini-série israélienne en 4 épisodes, et il faut le dire d’emblée : c’est l’une des fictions les plus fortes consacrées à cette journée, et sans doute l’une des plus difficiles à regarder.
Une journée, plusieurs vies
Red Alert ne prétend pas tout expliquer du 7-Octobre. Elle fait mieux : elle le fait vivre de l’intérieur. Les créateurs, Lior Chefetz et Efroni, ont choisi de croiser plusieurs destins, nourris de témoignages réels : des festivaliers pris au piège de la rave Nova, des familles barricadées chez elles, des secouristes contraints d’improviser des évacuations sous le feu. Ils ont attendu, avant d’écrire, d’avoir obtenu la bénédiction des familles de victimes. Leur ambition, résument-ils, est de « comprendre la situation par la création ».
Le parti pris est clair, et c’est sa grande force : rester à hauteur d’homme. Pas de cartes d’état-major, pas de leçon de géopolitique, mais des personnages que la caméra ne lâche jamais, et une seule question qui tient le spectateur pendant 4 épisodes de 45 minutes : qui va survivre ?
Seuls pendant des heures
Ce que la série rend palpable, c’est la solitude de ceux qui ont dû faire face, pendant des heures, avant que l’armée ne parvienne sur place. Le 7-Octobre a aussi été la journée d’une faillite : celle d’un État qui se croyait protégé par ses barrières et ses technologies, et dont les habitants des kibboutz et les jeunes du festival se sont retrouvés livrés à eux-mêmes face aux assaillants. Red Alert suit ceux qui, dans ce vide, ont tenu seuls contre la terreur : un agent de sécurité, une policière, des civils devenus secouristes malgré eux. Elle montre comment, dans le chaos, des hommes et des femmes ordinaires se sont organisés pour sauver leurs proches, souvent avec les moyens du bord.
Des comédiens au sommet
La distribution réunit Rotem Sela, star du petit écran en Israël, incarne Batsheva Yahalomi, une survivante bien réelle de l’attaque. Israel Atias est Kobi, l’agent de sécurité, Rotem Abuhab joue Liat, la policière. Hisham Suleiman, que les amateurs de Fauda reconnaîtront, prête ses traits à Ayub, un habitant arabe du Néguev dont l’épouse figure parmi les victimes : un rappel que le massacre n’a pas épargné les Arabes israéliens. Chen Amsalem Zaguri complète cette troupe d’une grande justesse.
Le réel dans la fiction
Tournée en Israël, parfois à proximité de Gaza, en moins de 40 jours, la série mêle hébreu et arabe et intègre de véritables images d’archives filmées ce jour-là. Ce choix donne au récit une densité rare : la frontière entre reconstitution et document s’efface, et le spectateur ne peut jamais oublier que ce qu’il voit a eu lieu.
Produite par la chaîne israélienne Keshet avec l’Américain Lawrence Bender, producteur historique de Quentin Tarantino, Red Alert a connu un succès considérable lors de sa diffusion en Israël, en octobre 2025, avant d’être vendue dans de nombreux pays. Elle a été nommée dans la catégorie meilleure série en langue étrangère aux Critics’ Choice Awards, aux États-Unis.
3 ans après les faits, Red Alert rappelle ce que fut cette journée pour ceux qui l’ont vécue. Les 4 épisodes sont disponibles sur Canal+ depuis le lundi 12 octobre.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Série Red Alert : le 7-Octobre comme vous ne l’avez jamais vu”
Il faut bien que BL trouve des financements.