Philippe Herlin explique comment faire 50 milliards d’économies sur le budget 2018 [Interview]

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25/04/2017 – 08h55 Paris (Breizh-Info.com) –En ce mois d’Avril sort une étude passionnante éditée par Contribuables Associés et intitulée : « 50 milliards d’économie sur le budget 2018, c’est possible ». Une étude que nous vous recommandons vivement de commander (ici) et sur laquelle nous revenons avec Philippe Herlin, auteur de cette étude qui est un chercheur en finance, écrivain, entrepreneur.

Breizh-info.com : Quel est l’objet de l’étude que vous allez sortir ?

Philippe Herlin : J’ai voulu répondre à la question : que faire concernant le budget 2018 ? Je ne liste pas les réformes, qui nécessitent plusieurs années pour produire leurs effets, mais les coupes budgétaires immédiates afin de se donner des marges de manœuvres, notamment de baisser les impôts afin de restaurer la confiance et relancer l’économie. Qu’est-ce qu’on peut faire tout de suite, sachant qu’il faudra aussi engager des réformes structurelles.

Breizh-info.com : La France est-elle au bord du précipice économiquement ?

Philippe Herlin : Non, nous empruntons facilement et à taux bas, mais nous n’en sommes pas loin. Le montant de notre dette publique (2160 milliards d’euros) nous expose à une remontée des taux, tandis que l’ampleur du déficit budgétaire accroît rapidement cette dette. Rappelons les chiffres pour ce dernier point : en 2016 l’Etat a encaissé 225,8 milliards d’euros et dépensé 294,8 milliards d’euros, soit un déficit de 69 milliards d’euros ou, en pourcentage, 30,5% (69/225,8) !

C’est un budget à la dérive, contrairement à ce que laisse penser l’indication du critère de Maastricht reprise en boucle dans les médias de « 3% du PIB », ce qui semble peu, mais on compare deux choses qui n’ont rien à voir (le budget de l’Etat et le PIB).

Breizh-info.com : Vous proposez de supprimer les APL…ce serait une mesure pourtant largement impopulaire et mal perçue non ?

Philippe Herlin : Je propose surtout de rassurer les propriétaires face aux mauvais payeurs afin qu’ils remettent sur le marché tout ou partie des 2,6 millions de logements vides que l’on dénombre en France, ce qui provoquera une baisse des prix qui profitera à tout le monde, y compris à ceux qui ne touchent pas les APL. En outre la Cour des comptes a montré que les propriétaires tenaient compte des APL pour fixer leurs loyers : comme on le voit souvent, les subventions provoquent une hausse des prix.

Breizh-info.com : Faire des coupes dans les transferts de l’Etat aux collectivités territoriales, n’est-ce pas vouloir recentraliser la France ?

Philippe Herlin : Au contraire, je souhaite dans l’absolu supprimer ces transferts et faire en sorte que la commune et la région se financent par des impôts propres : chacun pourra voir ce qu’il paye et ce qu’il reçoit, et tout le monde sera responsabilisé. Je suis par ailleurs favorable à la suppression des départements, à des régions historiques (la Bretagne réunifiée), et à des regroupements de communes sur la seule base du volontariat.

Breizh-info.com : Fin des régimes spéciaux, alignement des retraites, vous proposez de jeter des milliers de salariés dans la rue en quelque sorte ?

Philippe Herlin : Je propose la justice. Maintenant si des corporations veulent descendre dans la rue, libres à elles, mais je ne voie pas pourquoi les Français devraient payer par leurs impôts la retraite à 50 ans des cheminots de la SNCF.

Breizh-info.com : Pourquoi vouloir économiser concernant la lutte contre le réchauffement climatique ? La préservation de la planète ne vaut elle pas qu’on la finance ?

Philippe Herlin : Déjà il faudrait que l’on me le démontre. Le « réchauffement climatique » constitue un formidable prétexte pour contrôler l’énergie, les transports, les usines et les habitations, c’est-à-dire toutes nos vies. Les communistes soviétiques du Gosplan en auraient rêvé ! Mais mettons que ce soit vrai, de toute façon la France est nettement en avance sur les autres pays (en termes de faibles émissions de CO2) grâce à son programme électronucléaire, alors attendons que les autres nous rejoignent et on verra…

Breizh-info.com : L’Aide publique au développement et la politique d’immigration ainsi que l’AME coûtent également plus de 5 milliards à elle d’eux. Il faut donc tout changer ?

Philippe Herlin : Assurément. Le coût de l’immigration est supérieur, mais je me base ici sur les dépenses directes du budget de l’Etat et référencées comme telles. L’immigration pèse lourdement sur les dépenses publiques, voici une considérable source d’économies.

Breizh-info.com : Que proposez vous pour alléger le coût des DOM ?

Philippe Herlin : Il faut inverser la logique actuelle, à base de toujours plus de subventions publiques, et promouvoir l’initiative privée. Par exemple la Guyane importe tous ses biens de consommation de la métropole, ce qui les rend coûteux, au lieu de développer ses échanges avec l’Amérique du Sud. Il faut passer d’une économie de comptoir colonial à une économie ouverte.

Breizh-info.com : Vous préconisez de faire une coupe d’environ 1 milliard d’euros sur les subventions allouées aux associations. Cela ne va-t-il pas tuer le système associatif justement ?

Philippe Herlin : Le « système associatif » c’est tout un réseau d’associations tenues à bout de bras par l’argent public qui va du « grand frère » à « l’animateur sportif », avec pour objectif de tenir les quartiers tranquilles et d’en apporter les voix lors des élections. Si ce système s’écroule, tant mieux. Il existe bien sûr de nombreuses associations utiles, mais elles doivent vivre de l’argent de leurs adhérents et de leurs mécènes, l’Etat n’ayant à intervenir, à mon sens, que pour des motifs d’intérêt général (aide aux personnes en difficulté, sauvegarde du patrimoine, etc.).

Breizh-info.com : Au total, ce sont 50 milliards d’euros que vous proposez d’économiser, tout en stoppant les projets comme la ligne Lyon Turin, les parcs éoliens en mer ou encore le Grand Paris Express. A quoi servira cet argent alors ?

Philippe Herlin : Cet argent doit être rendu aux Français sous forme de baisses d’impôts et de taxes de façon à créer un « choc fiscal », d’enclencher le retour de la confiance et le redémarrage de l’économie. Ces 50 milliards doivent montrer que l’Etat, lui aussi, sait se serrer la ceinture, et les réformes structurelles qui viendront ensuite seront d’autant mieux acceptées.

Propos recueillis par Yann Vallerie

Crédit Photo : DR
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  • JeanPhi85

    Excellent ! C’est cet homme-là qu’il nous faudrait comme président.