Comme l’a signalé sur X le compte @DestinationTele, en quarante-huit heures, le nom de Carcassonne aurait été prononcé près de 950 fois dans les médias après la révélation des propos tenus dans une voiture par un policier municipal. Celui d’Étienne, 31 ans, tué en rentrant chez lui pour son téléphone par un homme sous OQTF, environ 50 fois, presque exclusivement sur CNews. Deux faits sans commune mesure dans leur gravité ; pourtant, la machine médiatique a choisi le premier.
Ce choix n’a rien d’anodin. Carcassonne permet à la gauche de rejouer son vieux théâtre : racisme, extrême droite, police, RN, antifascisme. Libération en fournit d’ailleurs une démonstration presque chimiquement pure : Thomas Legrand assure que « la réalité du RN » se trouverait davantage dans cette voiture de police que dans les discours publics de ses dirigeants. Le propos d’un policier devient ainsi une radiographie politique du pays tout entier.
La mort d’Étienne pose des questions autrement embarrassantes. Pourquoi un étranger frappé d’une OQTF était-il encore en France ? Pourquoi une décision administrative n’avait-elle pas été exécutée ? Que vaut un État qui proclame l’éloignement d’un homme sans parvenir à l’éloigner ? Sur ce terrain-là, les grands mots de « vivre-ensemble », d’« antiracisme » et de « lutte contre le fascisme » deviennent soudain beaucoup moins commodes, car le réel ne met plus en accusation l’adversaire : il met en accusation les politiques suivies depuis des années.
Voilà peut-être toute l’affaire. La gauche préfère les paroles privées d’un policier municipal qui confortent son catéchisme aux morts gênants qui le contredisent. Elle mène avec passion la guerre culturelle pendant que d’autres meurent dans la guerre ordinaire de la délinquance. Des mots prononcés dans le huis clos d’une voiture l’indignent davantage que les conséquences sanglantes de ses propres chimères.
Tristan Mordrel
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