PISA 2025 : l’école occidentale au plus bas historique, la France décroche en lecture et en mathématiques — ce que dit vraiment le rapport de l’OCDE

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L’OCDE a publié le premier volume des résultats de son enquête PISA 2025, menée auprès des élèves de 15 ans de 91 pays et économies — un record de participation. Dominante scientifique cette année, l’évaluation a aussi mesuré la lecture, les mathématiques et, pour la première fois, la résolution de problèmes computationnels. Le verdict tient en une phrase du rapport : les moyennes de l’OCDE en sciences, en lecture et en mathématiques sont les plus basses jamais enregistrées en 25 ans d’enquêtes. La lecture décline depuis son pic de 2012, les sciences s’érodent depuis une décennie, et les mathématiques ont chuté brutalement après 2018. Radiographie d’un rapport de 377 pages qui documente, chiffres à l’appui, le décrochage scolaire du monde occidental — France comprise.

L’Asie règne, l’Europe recule

Le sommet du classement est sans surprise et sans partage : les 4 juridictions chinoises évaluées (Pékin, Shanghai, Jiangsu, Zhejiang) et Singapour dominent les 3 matières. En sciences, la Chine affiche 597 points et Singapour 560, devant Macao (541), Taïwan (540), le Japon (538), l’Estonie (527) et la Corée du Sud (526) — l’Estonie demeurant le seul pays européen du top mondial. Le Royaume-Uni (511) réalise l’une des rares progressions notables du cycle (+12 points en sciences depuis 2022) et intègre le top 10 dans les 3 domaines. En mathématiques, l’écart donne le vertige : 612 points pour la Chine, 458 pour la France.

La moyenne OCDE s’établit à 482 en sciences (stable, -3), mais s’effondre à 461 en lecture (-14 points en 3 ans) et 463 en mathématiques (-9). Sur 10 ans, la proportion d’élèves sous le niveau 2 — le seuil de compétence de base — a bondi de 10 points de pourcentage en lecture. Et le rapport souligne un phénomène que les moyennes masquent : ce sont les élèves faibles qui s’enfoncent. Les 10 % d’élèves les plus fragiles n’ont jamais eu un niveau aussi bas en sciences depuis 2006, tandis que les 10 % les meilleurs restent stables ; l’écart entre les deux atteint 259 points, le plus large jamais mesuré par PISA.

La France : sciences stables, lecture et mathématiques en chute libre

Avec 483 points en sciences, la France se situe dans la moyenne OCDE (482), statistiquement au niveau de l’Allemagne, de la Belgique, de l’Italie ou des Pays-Bas — une stabilité relative (-4 points, non significatif) qui constitue la seule demi-bonne nouvelle du cru 2025. Partout ailleurs, les voyants sont au rouge : 456 points en lecture (-18 points depuis 2022) et 458 en mathématiques (-16), soit les plus bas niveaux jamais enregistrés par la France dans ces 2 matières. En résolution de problèmes computationnels, nouveau domaine évalué, la France obtient 497 points, légèrement sous la moyenne OCDE (500), au niveau de l’Allemagne et de l’Espagne.

La tendance longue est plus parlante encore que la photographie : sur la décennie 2015-2025, le rapport calcule pour la France une perte moyenne de 44 points par décennie en lecture et de 38 points en mathématiques — parmi les rythmes de déclin les plus rapides de l’OCDE, comparables à ceux de la Norvège ou de la Finlande, pays autrefois cités en modèle. En sciences, l’érosion est plus lente (-12). Concrètement, 21,3 % des jeunes Français de 15 ans sont en difficulté dans les 3 matières à la fois (sous le niveau 2), contre 19,7 % en moyenne OCDE ; et seuls 9,8 % atteignent l’excellence (niveau 5 ou 6) dans au moins une matière, contre 11,9 % en moyenne. Un maigre lot de consolation : la France fournit encore 4 % du vivier mondial des futurs « innovateurs scientifiques » — les très bons élèves se destinant aux carrières scientifiques —, à égalité avec la Turquie, derrière les États-Unis (30 %), la Chine (17 %), le Japon (7 %) et le Royaume-Uni (5 %).

Une école française toujours championne des inégalités

Le rapport confirme le mal chronique de l’école française : le poids de l’origine sociale. Le milieu socio-économique explique 13,5 % de la variation des performances en sciences des élèves français (12 % en moyenne OCDE), et l’écart entre élèves favorisés et défavorisés atteint 100 points — l’équivalent de plusieurs années de scolarité. Seuls 11 % des élèves défavorisés parviennent à déjouer les statistiques en se hissant parmi les bons élèves.

Fait notable, la réduction de l’écart social observée entre 2022 et 2025 (-21 points en France) tient à un double mouvement : les élèves défavorisés français ont progressé de 13 points en sciences — la France figure parmi les 21 pays seulement où ils s’améliorent, avec l’Islande et le Royaume-Uni —, pendant que les élèves favorisés reculaient de 8 points. Le rapport relève d’ailleurs qu’à l’échelle de l’OCDE, la réduction des écarts sociaux reflète surtout la baisse des meilleurs plutôt que la montée des plus faibles. Autre écart documenté : les élèves immigrés obtiennent en France 445 points en sciences, contre 502 pour les non-immigrés, soit 57 points de différence avant prise en compte du milieu social.

Côté filles-garçons, la France présente un profil singulier : les filles devancent les garçons en sciences (487 contre 480) comme en lecture, où l’écart atteint 32 points (473 contre 441) ; les garçons ne conservent l’avantage qu’en mathématiques (+13 points). Le rapport note enfin que les filles déclarent partout plus de curiosité, de persévérance et d’ambition scolaire.

Écrans, attention, discipline : l’anatomie d’un déclin

La partie la plus neuve du rapport est son diagnostic des causes du déclin en lecture, décortiqué dans un encadré spécial. Premier constat : ce n’est pas une érosion uniforme des compétences, mais un effondrement de la capacité d’attention soutenue. Les tâches qui chutent le plus sont celles portant sur les textes longs et exigeant d’évaluer, de croiser plusieurs sources, de réfléchir — précisément, souligne l’OCDE, les compétences les plus cruciales à l’ère de l’intelligence artificielle. La proportion de « lecteurs pressés », qui répondent vite et faux, a presque doublé depuis 2018, passant de 7 % à 11 % ; les élèves préfèrent désormais répondre à la va-vite plutôt que de laisser une question difficile sans réponse, et leurs performances s’effondrent en fin de test, signe d’une endurance cognitive en berne. En France, 9 % des réponses en lecture sont « pressées », dans la moyenne.

Deuxième étage : la classe elle-même. Le climat de discipline s’est dégradé, le harcèlement est reparti à la hausse depuis 2022, et l’enquête TALIS citée par le rapport montre que les professeurs passent 16 % du temps de classe à faire régner l’ordre, contre 13 % en 2018. Les chefs d’établissement signalent davantage de vandalisme, d’intimidations et d’insultes. Troisième étage : des classes plus hétérogènes — davantage d’élèves réfugiés, non francophones ou à besoins particuliers selon les principaux —, le rapport précisant que cette évolution de composition n’explique pas en soi le déclin, mais interroge la capacité des systèmes à y répondre.

Dernier étage, sociétal : la lecture recule comme loisir chez les jeunes comme chez leurs parents, au profit des écrans. Entre 2022 et 2025, la part d’élèves passant plus d’1 heure par jour sur les réseaux sociaux ou les jeux vidéo a augmenté, et le soutien familial déclaré a baissé presque partout, surtout chez les garçons et les élèves défavorisés. En moyenne OCDE, 28 % des élèves rapportent que leurs camarades sont distraits par les appareils numériques pendant la plupart des cours de sciences — moins de 10 % au Japon, en Corée ou en Chine. Le rapport est net : là où les écoles imposent des règles claires sur le téléphone, interdiction ou encadrement strict, la distraction diminue. En France, 27 % seulement des élèves de 15 ans sont scolarisés dans un établissement interdisant le portable — l’interdiction française s’arrêtant au collège —, mais 79 % dans des établissements ayant des consignes par discipline.

Sur l’intelligence artificielle, évaluée pour la première fois, les conclusions sont prudentes : les élèves qui n’utilisent pas l’IA pour des tâches scolaires précises surpassent ceux qui l’utilisent, et l’usage fréquent ne devient légèrement positif que lorsqu’il s’accompagne d’un apprentissage critique (vérifier l’information générée) — apprentissage plus répandu chez les élèves favorisés, faisant craindre à l’OCDE une « fracture IA ». 37 % des élèves français utilisent l’IA au moins chaque semaine pour apprendre, sous la moyenne OCDE (46 %).

L’argent ne fait pas le niveau

Le rapport enfonce un dernier clou, précieux dans le débat budgétaire français : la richesse nationale n’explique que la moitié des écarts de performance entre pays, et la dépense par élève prédit bien moins les résultats que la qualité des politiques menées. Exemple choisi par l’OCDE elle-même : le Luxembourg, de très loin le plus gros dépensier au monde avec 288 521 dollars par élève sur sa scolarité, obtient de moins bons résultats en sciences que l’Irlande, la France ou l’Italie, qui dépensent moitié moins. À l’inverse, le rapport cite la France parmi les pays réagissant au déclin de la lecture, avec des réformes de programmes qui remettent la littérature et la compréhension de l’écrit au centre des apprentissages — dont les effets restent à mesurer.

Quelques lueurs subsistent dans le tableau : le sentiment d’appartenance à l’école progresse dans 39 systèmes, le soutien des professeurs s’améliore dans la moitié des pays, et 4 pays de l’OCDE (Costa Rica, Slovaquie, Turquie, Royaume-Uni) ont vu leurs résultats en sciences monter depuis 2022 — preuve que le déclin n’a rien d’une fatalité. Reste que pour la génération évaluée en 2025, née avec le smartphone, le rapport dresse le portrait d’une jeunesse occidentale qui lit moins bien, se concentre moins longtemps et fournit moins d’efforts que ses aînées. Les volumes suivants de PISA 2025, consacrés notamment à l’apprentissage dans le monde numérique, sont attendus dans les prochains mois.

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5 réponses à “PISA 2025 : l’école occidentale au plus bas historique, la France décroche en lecture et en mathématiques — ce que dit vraiment le rapport de l’OCDE”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    A qui la faute? D’abord au Mammouth et à sa pléthore de Hauts Fonctionnaires sûrs d’eux et dominateurs et aux autres qui hors périodes d’examens sont autour de la machine à café. Le Ministère de l’Incompétence.

  2. Hadrien Lemur dit :

    Vous vous inquiétez à tort, Bruno Le Maire a la solution : Scolariser les enfants à partir d’un an pour, selon lui, qu’ils n’accumulent pas de retard à l’oral. Quelqu’un ou quelqu’une pourrait-il lui expliquer qu’un enfant de un (1) an ça ne parle pas, ça ne peux pas se tenir debout et ça ne demande pas à aller aux toilettes ? Il faudrait que les enseignants se muent en changeur de couches à répétition et que les préaux deviennent des parkings à poussette et autres landaus. C’est vraiment à ce genre d’idioties que l’on voit les incapables et les cloches qui nous gouvernent. Ils vivent dans une bulle virtuelle et parisienne complètement déconnectée de la réalité. Le plus grave c’est qu’ils se pensent infiniment supérieurs à la moyenne des gueux que nous sommes. La solution pour améliorer l’enseignement en France n’est pourtant pas compliquée, ils suffirait de demander poliment et surtout humblement aux pays qui ont de bons résultats quelle est leur recette…Mais bon, l’humilité ce n’est pas un concept chez nos politicards.

  3. Brun dit :

    Plus l’école publique baisse en niveau, plus l’inégalité entre élèves s’accroît évidemment. Les parents soucieux de l’avenir de leurs enfants feront tous les sacrifices qu’ils peuvent pour mettre leurs enfants dans des écoles privées fusent elles chères. C’est une évidence. Seuls les imbéciles ont trouvé la solution : interdire les écoles privées. Tout le monde nul mais égalité dans l’ignorance. Quel bel objectif !

  4. Alex dit :

    Il faut fuir la carte scolaire.
    Meme si comme moi on deteste les traditionnalistes on doit mettre ses enfants dans le privé.
    On doit donc faire attention a sa zone de residence et meme a sa commune.
    Et puis il faut reflechir ne surtout pas envoyer ses enfants en lycee professionnel ce sont des dépotoirs seul l apprentissage trafitionnel est valable.
    Lorsqu un de ses enfants est a peine moyen au college lui faire comprendre que la fac et l universite ne servent strictement a rien!
    Globalement on doit rejeter avec intelligence le systeme en trainant des pieds ou par la resilience et la politique de l autruche.

  5. beauchene dit :

    Je ne comprends pas que personnes ne parle de l’immigration, le tabou Français n’a pas encore sauté. Car je pense qu’il y a un lien évident, entre la baisse de la France dans l’étude Pisa et le nombre d’immigrés en classe.
    A part quelques cas d’immigré qui réussissent, quand un trop grand nombres d’immigré ne parle pas bien le français cela a un impact sur l’ensemble des élèves et sur les résultats.

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