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11/02/2014 – 08H00 Puy du Fou (Breizh-info.com via Boulevard Voltaire) – Nous relayons cette tribune libre rédigée par Sylvain Caillaud pour le site Boulevard Voltaire concernant le projet de loi sur la création artistique proposé par la ministre de la culture controversée Aurélie Filipetti. Sylvain Caillaud aborde ici l’avenir du Puy du Fou, clairement menacé par ce projet de loi, comme pourraient également l’être les grands spectacles vivants de Bretagne, bagadoù en tête.
Mme Filippetti sonnerait-elle le glas du Puy du Fou ? Malgré ses démentis véhéments, le doute est permis. Le flou est total, les inquiétudes légitimes. Les précisions viendront avec les décrets arbitraires… Ce dont on est certain, c’est qu’en professionnalisant la Cinéscénie [le grand spectacle historique nocturne, NDLR], on tue l’esprit même du Puy du Fou.
« Sur cette Terre de géants et de genêts en fleurs » est né, il y a 35 ans, le Puy du Fou, lieu de la mémoire collective des Vendéens. Le Puy du Fou ! Quelle bizarrerie ! Au sein de ce bocage, au creux des vallons chargés d’histoire, des bénévoles qu’on appelle Puyfolais sont là depuis 30 ans ! Pourquoi donnent-ils, les soirs d’été, un peu de leur temps et de leur cœur pour la beauté d’une œuvre artistique ? Certains viennent pour l’empathie du public, le plaisir de jouer sur scène, les amis, la convivialité autour d’un verre, mais tous sont là pour mettre le spectacle au-dessus de soi. Chacun contribue à la réussite et au succès que l’on connaît à présent.
Tous ont eu soif de cette justice, celle de montrer aux yeux du monde la terrible tragédie vendéenne, toujours ignorée par la République. Le pardon n’est pas l’oubli. La Cinéscénie est une réminiscence des colonnes infernales, des noyades de Nantes, du pardon de Bonchamps, du massacre des Lucs-sous-Boulogne et de la forêt de Vezins. Qu’y a-t-il de plus beau et de plus authentique que ce souvenir transmis par les enfants des martyrs ?
Philippe de Villiers a réussi à rassembler autour de lui des milliers d’hommes et de femmes qui sont partis de rien mais qui ont réussi à faire de ce lieu enfoui dans les ronces le plus beau parc du monde. Alors, que l’État s’en vexe, cela n’étonne guère ! Que des millions de personnes de France, d’Europe, d’Amérique viennent admirer, se divertir, prennent conscience de l’histoire de la Vendée ? Point trop n’en faut. On pourrait soutenir un spectacle sur la tragédie arménienne à Ankara, mais en France sur ces culs-terreux ? Jamais !
Loin de moi cette idée que le projet de loi Filippetti avait la mort du Puy du Fou comme premier objectif. Mais leurs lubies idéologiques en trouveront satisfaction si cela pouvait arriver. Quid, alors, des 1.500 salariés saisonniers ? Des 5.000 emplois induits qui dépendent du Puy du Fou? La fin du bénévolat, c’est l’âme du Puy du Fou qui meurt. Ce sont les Puyfolais qui portent le Puy du Fou. Sans eux, il n’y a plus d’histoire à transmettre, tout serait terne et déshumanisé. Augmenter les prix ? C’est tuer le Puy du Fou qui est un parc populaire à la portée de tous. Soumettre le spectacle au bon vouloir du gouvernement ? On l’expose à une censure idéologique, on modifie bien les manuels d’histoire. Et le contexte actuel nous montre qu’il n’y a plus d’espace pour la liberté d’expression.
Non, le combat, c’est d’être vigilant sur les conséquences de ce projet de loi liberticide, porté par des idéologues. Le Puy du Fou s’est construit avec panache, il est bâti pour durer. Il faut sauver d’urgence ce patrimoine culturel !
Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.
Une réponse à “Qui veut la peau du Puy du Fou [tribune libre]”
Comment peut-on imaginer une chose pareille ? S’attaquer au Bénévoles qui participent à un spectacle.
Le Bénévolat est la fondation de la Cinéscénie. Combien de spectacle en France sont réalisé par des bénévoles. Oui , des bénévoles : des gens qui donnent de leur temps par passion, par plaisir et qui parfois attendent longtemps avant de pouvoir réaliser leur rêve de bénévolat.
Et là, il faudrait tout enlever ? Les générations actuelles n’ont pas d’espoir d’une France meilleure, quand j’étais gamine on disait à l’an 2000 les voitures flotterons dans les airs, on ira vivre sur la lune…. tout ça n’existe pas, mais le plaisir de partager des choses avec d’autres personnes, de créer un lien social, si vous nous l’enlevez que reste-t-il ?
Ce ne sont pas les bénévoles qui prennent du travail aux intermittents, il faut arrêter de raconter des inepties !
Ce n’est pas de cette façon que vous devez travailler, si vous souhaiter donner du travail à des intermittents du spectacle peut-être faut-il réfléchir à un statut différent avec partage du temps, faire des CDI partagé ? Une entreprise qui gère le placement des intermittents sur l’année à plusieurs postes différents.
Laissez en paix les bénévoles et les associations qui par leurs actions permettent un bon développement d’une région avec un fil conducteur, un lien social.