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Depuis 2022, il est possible de changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment, sans frais et sans attendre la date anniversaire du contrat. 4 ans après l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, les intermédiaires du secteur dressent un bilan plutôt positif. Ce changement est entré dans les mœurs, et les banques, longtemps hostiles, ont modifié leur stratégie : elles résistent moins et proposent plus souvent de baisser leurs prix pour garder leurs clients. C’est ce que montre un baromètre réalisé par l’institut CSA, du 17 août au 4 septembre 2026, auprès de 200 agents généraux et courtiers en crédit et en assurance, pour l’assureur MetLife.
Ce que permet la loi Lemoine
La loi Lemoine, du nom de la députée Patricia Lemoine, a profondément modifié les règles de l’assurance emprunteur. Elle permet de résilier son contrat à tout moment pour en souscrire un autre, depuis juin 2022 pour les nouveaux prêts et depuis septembre 2022 pour les prêts en cours. Une seule condition : le nouveau contrat doit offrir des garanties au moins équivalentes à celles exigées par la banque. La loi a aussi supprimé le questionnaire de santé pour les prêts de moins de 200 000 € par personne remboursés avant les 60 ans de l’emprunteur. Elle a enfin réduit à 5 ans le délai du droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer et de l’hépatite C.
L’enjeu financier est réel. L’assurance représente souvent une part importante du coût total d’un crédit immobilier, et les contrats proposés par les banques sont généralement plus chers que ceux des assureurs extérieurs, notamment pour les emprunteurs jeunes et en bonne santé.
Le changement d’assurance, désormais majoritaire
En 2026, les changements de contrat en cours de prêt représentent 53 % de l’activité d’assurance emprunteur des intermédiaires interrogés, contre 49 % l’an dernier. On retrouve le niveau de 2023. Les auteurs l’expliquent notamment par la reprise du marché du crédit immobilier en 2025 : plus de prêts signés, c’est autant de contrats à renégocier ensuite.
Ces demandes arrivent aussi plus tard : 54 % interviennent plus d’un an après la signature du prêt, contre 44 % en 2025. Pour 76 % des intermédiaires, cette activité est stable cette année.
Plus d’un professionnel sur 2 (53 %) estime que la loi Lemoine a fait progresser son activité, tandis que 45 % n’y voient pas d’effet notable. 62 % considèrent qu’elle a surtout créé de nouvelles occasions de vendre, contre 21 % pour qui elle a seulement déplacé les clients de la souscription initiale vers le changement de contrat.
Les banques résistent moins, mais cassent les prix
Les banques ont longtemps traîné des pieds, en répondant tardivement ou en contestant l’équivalence des garanties proposées. Cette résistance reste le principal obstacle cité par les intermédiaires, mais elle a fortement reculé : 57 % la mentionnent en 2026, contre 80 % en 2023.
Leur stratégie a changé. Pour garder leurs clients, elles proposent désormais des tarifs plus attractifs. 87 % des professionnels jugent que les offres bancaires sont devenues plus compétitives qu’il y a un an, contre 78 % en 2025. Cette contre-offre devient un frein au départ pour 24 % des intermédiaires, contre 14 % en 2024 et 16 % en 2025. L’emprunteur qui menace de partir peut donc obtenir une baisse de prix de sa propre banque.
L’assurance externe dès la signature reste rare
Choisir une assurance extérieure dès la signature du prêt, ce que les professionnels appellent la « délégation primaire », reste moins courant. L’activité est stable pour 63 % des intermédiaires. La résistance des banques reste le premier frein, citée par 44 % des répondants, mais elle était de 71 % en 2022. Le 2e frein est la faible demande des clients, citée par 40 % des sondés contre 28 % en 2023. Beaucoup d’emprunteurs prennent d’abord l’assurance de leur banque pour obtenir leur prêt sans difficulté, quitte à en changer plus tard.
Comment économiser
Pour l’emprunteur, le message est simple : il ne faut pas hésiter à faire jouer la concurrence, même plusieurs années après la signature. Il suffit de demander à sa banque la fiche standardisée d’information qui précise les garanties exigées. On compare ensuite les offres d’assureurs ou de courtiers à garanties équivalentes, puis on transmet la demande de substitution. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour répondre et doit motiver un éventuel refus. Et si elle propose à son tour une baisse de tarif, l’emprunteur reste libre de choisir l’offre la plus intéressante.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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