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02/03/2016 – 08h00 Rennes (Breizh-info.com) – Place Publique Rennes et Saint-Malo était une revue bimestrielle d’actualité locale, de culture, d’art et d’intellect, idéologiquement de gauche, lancée en 2009 à Rennes, sous l’impulsion de Daniel Delaveau, ancien maire (PS) et de Jean de Legge, ancien journaliste à Ouest-France, ancien directeur de la communication de Rennes Métropole .
Si la phrase précédente est à l’imparfait, c’est que cette revue n’est plus. Xavier Debontride, son actuel rédacteur en chef (et par ailleurs co-président du Club de la presse de Rennes) vient en effet d’annoncer l’arrêt de la revue, en raison notamment de l’annonce fin janvier de la baisse des subventions attribuées par Rennes Metropole.
Place publique était en effet financée à 63% par la collectivité et boudée par le grand public, en raison de son prix pas grand public du tout (10 € par numéro, 50€ l’abonnement) mais surtout de son contenu très « bobo » : les ventes et abonnements n’apportaient que 17% des rentrées (le solde provenant de mécènes privés). En tout, ce sont tout de même 40 numéros, depuis 2009, qui avaient pu paraître ainsi grâce à la dépense publique, opération sous contrôle de Rennes Métropole.
« L’association Place des Débats, présidée par Olaf Malgras, qui édite la revue bimestrielle Place Publique Rennes/Saint-Malo, centrée sur les questions urbaines, annonce que celle-ci va cesser sa parution pour des raisons de financement. Cette décision découle de la volonté de Rennes Métropole, qui soutient ce projet éditorial depuis sa création en 2009, de réduire dès cette année son concours financier à la revue, au profit d’un financement mixte associant davantage de partenaires privés », indique le communiqué adressé à la presse.
Le site internet de la revue sera désormais composé des anciens articles et d’archives, accessibles à tous. L’occasion pour le contribuable de pouvoir récupérer intellectuellement et culturellement une partie de sa mise imposée durant quelques années.
En 2014, cinq années après sa création, la revue se vendait à peine à 800 exemplaires, signe du désintéressement total des Rennais pour cette dernière. Pourtant, en 2011 déjà, Rennes Métropole attribuait une subvention de 150 000 euros à la revue (voir rapport commissaire aux comptes), et le conseil régional de Bretagne donnait 30 000 euros. Soit au total 180 000 euros pour six numéros par an et 4 800 exemplaires vendus en 2014. Soit un coût pour la collectivité de 37 euros par exemplaire vendu, pour un journal déjà vendu en kiosque 10 euros au contribuable potentiel. Europe Ecologie les Verts s’interrogeait d’ailleurs, en 2015 déjà, sur l’attribution de cette subvention, pas justifiée selon EELV, mais tout de même voté par le groupe.
Place Publique Rennes est donc l’exemple même, défaillant, d’une presse subventionnée qui, privée de fonds publics (ou même diminuée de fonds publics) ne peut plus fonctionner. La disparition d’une revue ou d’un journal n’est jamais réjouissante ; mais sa sauvegarde basée uniquement sur une double peine pour le contribuable-lecteur (subvention + achat de la revue) n’est pas non plus acceptable, ni éthique.
Place Publique Rennes aura donc appris – comme d’autres l’apprendront sans doute dans le futur – que journalisme indépendant et subordination aux collectivités locales ou à l’État ne sont absolument pas compatibles.
Crédit photo : Wikipedia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
Une réponse à “Rennes. La revue « Place Publique », exemple de la faillite de la presse subventionnée”
Huummm .. comment on appelle ça , déjà ?
Ah oui !
Des parasites , des pique-assiette , des nuisibles.
Et il y en a pléthore , des comme ça , plein les placards des municipalités socialopes.