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14/09/2016 – 08H25 Perpignan (Breizh-info.com) – Pas loin d’un million de Catalans ont manifesté, dimanche 11 septembre 2016, à l’occasion de la fête nationale de la Catalogne. Ils étaient presque 600 000 à Barcelone a être ainsi descendus dans la rue afin de réclamer l’indépendance, mais également des dizaines de milliers dans plusieurs autres villes. 135 000 personnes à Salt, 60 000 à Berga, 45 000 à Tarragone, et entre 25 000 et 30 000 à Lleida, dans l’est.
Les cloches de la cathédrale de Lleida ont sonné à 17 h 14 – référence au 11 septembre 1714, quand Barcelone est tombée aux mains des troupes royales après un long siège, signant la fin de l’autonomie catalane.
C’est la marche vers l’indépendance qui était réclamée par la foule, qui critiquait ainsi la division actuelle des séparatistes et le frein mis au projet de sécession qui devrait pourtant aboutir à la mi-2017. La majorité séparatiste du Parlement régional a annoncé qu’elle ne respecterait plus les décisions du tribunal constitutionnel espagnol. Des lois instituant un fisc et une sécurité sociale catalane sont en préparation. «Nous sommes dans une période de transition, nous nous préparons pour le jour où l’indépendance viendra» a expliqué Carles Puigdemont, président indépendantiste de la Catalogne devant la presse étrangère. Il a précisé que cette période se conclurait à l’été 2017 par des élections constituantes qui doteraient la Catalogne d’une constitution et donc d’un État. Les indépendantistes pourraient toutefois renoncer à leur projet si Madrid change de position et accepte un référendum d’autodétermination, sur le modèle écossais.
Du côté de la Catalogne Nord, 10 000 personnes ont défilé dans les rues de Perpignan samedi pour protester contre le nouveau nom de la région Occitanie – Pyrénées Méditerranée qui supprime toute référence à la Catalogne Nord. Un énorme succès y compris au nord, puisqu’ils n’étaient qu’un millier au mois de juin dernier à défendre la même revendication.
A Perpignan, les partisans du collectif Oui au Pays Catalan ont constaté qu’ils disposaient désormais d’une véritable capacité de nuisance vis-à-vis des pouvoirs publics d’autant plus que cette mobilisation a été suivie par la presse internationale. Les élus (PS) de la région ne pourront ainsi plus ignorer très longtemps l’ampleur de la mobilisation et l’impact que peut avoir ce mouvement populaire.
« En parvenant à rassembler autant de personnes ce samedi à Perpignan, les défenseurs du Pays Catalan annoncent la couleur, la rentrée de la présidente de la région Occitanie, Carole Delga (PS), risque d’être pour le moins mouvementée. » explique le journal Lengadoc Info. « Pour autant, parvenir à rassembler autant de monde ne se fait pas sans mal et déjà on commence à ressentir les premières tensions au sein du mouvement. Sur la scène au pied du Castillet, les élus (y compris ceux des Pyrénées Orientales) ont été particulièrement hués par la foule. En effet, à l’exception de quelques rares élus locaux engagés dans le mouvement depuis le début, un grand nombre d’élus de droite et de gauche présents à la manifestation se sont ralliés tardivement à la cause. Un retournement de veste qui passe mal au sein de la base militante. Même Jordi Vera, président du collectif Oui au Pays Catalan, le reconnaîtra lorsqu’il prendra la parole : « nous avons réussi à fédérer de nombreuses énergies, quelques politiques, quelques uns sont venus tardivement et aujourd’hui on les remercie d’être là ».
Face à cette situation, le militant catalaniste Llorenç Perrié a, de son côté appelé à la création d’un mouvement politique identitaire et populiste 100% Nord-Catalan, au micro de nos confrères :
L’année 2017 s’annonce animée, que cela soit en Catalogne Nord ou Sud, avec à la clé de possibles changements historiques.
Photos : DR
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