Un hôtel 5 étoiles face à la baie de Cardiff, 4 signatures au bas d’un même document : lundi 14 septembre, John Swinney (SNP), Rhun ap Iorwerth (Plaid Cymru) et Michelle O’Neill (Sinn Féin), rejoints par la présidente du Sinn Féin Mary Lou McDonald, ont signé à Cardiff un mémorandum d’entente appelant le gouvernement britannique à « préparer, planifier et faciliter le changement constitutionnel » en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord. Une première dans l’histoire du Royaume-Uni — et un signal que Londres aurait tort de prendre à la légère.
3 nations, 3 gouvernements indépendantistes
La photo était inimaginable il y a encore 2 ans. Depuis les élections galloises de mai dernier, remportées par le Plaid Cymru de Rhun ap Iorwerth — premier chef de gouvernement gallois issu d’un autre parti que le Labour depuis la dévolution de 1999 —, les 3 nations celtiques du Royaume-Uni sont toutes dirigées par des partis favorables à l’indépendance. Le SNP a conservé le pouvoir à Édimbourg malgré la perte de 6 sièges à Holyrood, tandis que Michelle O’Neill dirige l’exécutif nord-irlandais depuis 2024, première nationaliste à occuper ce poste. Wikipedia
Les 4 dirigeants ont signé le texte en leur qualité de chefs de parti, et non de chefs de gouvernement — une nuance juridique qui n’enlève rien à la portée politique du geste. Le document couvre 4 domaines : l’économie, l’énergie, l’Europe et l’autodétermination. Les 3 partis y affirment que le modèle économique britannique ne fonctionne plus pour leurs nations, que le Brexit a endommagé leurs économies, et que chacune a vocation à rejoindre l’Union européenne : l’Écosse et le Pays de Galles comme nouveaux membres, l’Irlande du Nord par réunification avec la République.
Andy Burnham pris à contre-pied
À Londres, le Premier ministre travailliste Andy Burnham multiplie les faux pas. Devant les Communes, il a laissé entendre qu’un second référendum écossais pourrait se tenir en cas de « consensus clair » — avant de rétropédaler par courrier adressé à John Swinney : un référendum reste « hors de question » avant les prochaines élections générales. Un cafouillage que l’entourage du Premier ministre écossais a exploité sans ménagement, une source proche de Swinney accusant Burnham de ne pas connaître les fondamentaux de la position britannique sur l’Union. Swinney lui-même a prédit que le chef du gouvernement pourrait entrer dans l’histoire comme « le dernier Premier ministre du Royaume-Uni ».
Le calendrier n’a rien arrangé pour Downing Street : 2 jours avant le sommet, en visite à Dublin, Donald Trump déclarait qu’il « adorerait » voir une Irlande unifiée. L’accord du Vendredi saint prévoit d’ailleurs qu’un référendum de réunification doit être organisé s’il apparaît probable qu’une majorité de Nord-Irlandais souhaite quitter le Royaume-Uni.
Après Cardiff, des revendications concrètes
Le mémorandum s’accompagne de demandes précises. Le Plaid Cymru réclame le transfert au Pays de Galles des revenus du Crown Estate — dont les fonds marins où sont implantés les parcs éoliens offshore, qui alimentent aujourd’hui le Trésor britannique —, le remplacement de la formule de Barnett par un financement plus favorable, ainsi que la dévolution de la police et du rail. John Swinney exige quant à lui un référendum écossais dans les 5 ans, et les gouvernements écossais et gallois ont signé dans la foulée un accord bilatéral de coopération, le « Cytundeb Caerdydd ».
Côté unioniste, la riposte n’a pas tardé : la vice-Première ministre nord-irlandaise Emma Little-Pengelly (DUP) a dénoncé une démarche entreprise sans son accord ni sa consultation. Prochaine échéance : les élections à Stormont en 2027, où le Sinn Féin est donné favori pour conserver le pouvoir.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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