Trignac : la droite et le FN s’allient pour les municipales anticipées

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13/04/2017 – 12H00 Saint-Nazaire (Breizh-info.com) – C’était officieux en 2014, c’est devenu officiel en 2017 – en trois ans, beaucoup d’eau du Brivet s’est écoulé sous les ponts de Trignac : la droite et le FN repartiront ensemble pour ces nouvelles municipales, les 14 et 21 mai 2017. Comme elles tombent entre la présidentielle et les législatives, elles vont probablement être suivies avec attention.

Après une cascade de démissions tant au sein de la majorité divers droite de David Pelon (six) que de l’opposition (sept), sans oublier les refus de siéger (trois), les trignacais retourneront aux urnes. Une précédente tentative de putsch, fomentée par deux adjoints dont Henri Piquet, avait échoué en février dernier. Dans cette commune ouvrière de la banlieue de Saint-Nazaire (7450 habitants) qui fut le dernier fief communiste de Loire-Atlantique avant de basculer en 2014 dans l’escarcelle de l’UMP, le FN pèse un gros tiers des voix. Et a fait une entrée discrète en 2014 avec une adjointe et un conseiller municipal.

Avant de retourner dans l’opposition – alors que l’adjointe se présentait aux cantonales 2015 avec Jean-Claude Blanchard pour le FN, le maire David Pelon n’a pas résisté à la pression de ses colistiers et des instances départementales de l’UMP et l’a poussée à quitter sa délégation. L’adjointe débarquée a révélé quant à elle que David Pelon avait bénéficié du soutien du FN pour prendre la mairie et décrocher une vice-présidence de la communauté de communes dont elle dépend, la CARENE.

Mis au pied du mur par la démission groupée de l’opposition, David Pelon a annoncé qu’il était à nouveau candidat… et est allé à Canossa. Sans l’appui du FN, pas de droite au pouvoir à Trignac. Mais le FN seul ne peut décrocher la mairie.

Alliance de la droite et du FN contre le Parti communiste

Selon nos informations, il s’est platement excusé pour la crise de l’automne 2014 qui avait conduit à l’éviction de Lydia Poirier, et a signé un accord avec le FN pour cette élection. Les instances nationales du FN ont accepté cette alliance – sachant que de son côté David Pelon s’est mis en retrait de l’UMP. Toujours selon nos informations, il y aura cette fois plus de membres du FN sur la liste, et plusieurs parmi eux seront adjoints.

« Cette fois, il n’y aura pas de répétition de la situation de l’automne 2014 : chacun des colistiers de Pelon a signé un engagement comme quoi il est au courant de la présence de membres du FN sur la liste et qu’il respecterait leur engagement politique », nous explique une source proche du dossier. Autrement dit ces élus municipaux membres du FN seront libres, tout en étant dans une liste divers droite à Trignac, d’être candidats pour le FN sur la circonscription (ou ailleurs) au cours des échéances électorales à venir.

Après la présentation de sa liste par David Pelon, le FN a réagi dans un communiqué signé par Roland Stal et Lydia Poirier, conseillers municipaux de Trignac : « il n’y a pas d’ambiguïté possible dans les rangs du FN. Malgré nos différends passés, nous soutenons sans réserve la candidature de David Pelon », affirment-ils. Et ils enfoncent le clou : « nous souhaitons la victoire de David Pelon, car sans elle, le communisme, demain, se réinstallerait partout à Trignac. C’est l’objectif premier qui doit être poursuivi par les électeurs du FN : ceux-ci sauront retrouver en monsieur Pelon le rempart contre le PCF, qu’il a déjà constitué avec succès en 2014, achevant un siècle de gestion communiste de notre commune ».

Le maire socialiste de Saint-Nazaire tente de faire pression sur les électeurs de Trignac

De leur côté, les socialistes ont déjà commencé les hostilités, d’abord en retirant sa délégation de vice-président de la CARENE à David Pelon en 2015, ensuite par une prise de position remarquée du maire de Saint-Nazaire au début du mois d’avril, au cours d’un conseil municipal à Saint-Nazaire. « Celui qui sera porté par le FN ne sera pas vice-président de la CARENE », a-t-il affirmé. David Pelon a condamné ces « propos inqualifiables » qui constituent selon lui un « droit d’ingérence », tandis que le FN, dans un communiqué, a fustigé le maire de Saint-Nazaire, « partisan du vivre-ensemble, mais praticien de l’entre-soi socialiste » qui « se comporte comme un monarque absolu, qui discrimine la moitié des Trignacais ».

Maintenant que la droite fait pour ainsi dire front commun pour Trignac, il reste à savoir si la gauche va elle aussi s’unir. Pour l’heure, le socialiste Claude Aufort, soutenu – fort peu discrètement – par le maire de Saint-Nazaire David Samzun, est sur les rangs. Il a présenté sa liste le 6 avril dernier. Selon nos informations, un ancien adjoint, marqué à droite et élu sur la liste de David Pelon l’a rejoint. Le PCF devrait aussi repartir de son côté et espère récupérer son fief.

Louis Moulin

Crédit photo : DR
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