Vannes. Bertrand Iragne : « Le FN n’existant plus, personne ne peut en revendiquer l’électorat.»

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Bertrand Iragne, conseiller régional et conseiller municipal de Vannes, n’est plus membre du Front national, et pas membre du Rassemblement national. Il a adressé sa démission le 1er juin 2018, suite notamment au changement de nom du parti de Marine Le Pen, mais pas que.

Ce dernier – qui s’était déjà mis en retrait du Front national depuis quelques mois, notamment pour des raisons professionnelles, explique que dorénavant, il siègera « en non inscrit, aussi bien à Vannes et son Agglomération qu’à la région Bretagne ». 

Une déclaration qui n’a pas plu au Rassemblement national local, qui n’a pas hésité, tradition oblige notamment ce parti, à tacler immédiatement Bertrand Iragne : « Il doit démissionner. S’il veut respecter les adhérents du FN et ses électeurs qui ont voté à l’époque pour lui et qui ne seront désormais plus représentés en tant que tel, il doit se retirer », explique Yvan Chichery à la presse régionale. Ce dernier, inconnu en politique, âgé de 53 ans et habitant Lanvénégen, est le nouveau secrétaire départemental pour le Morbihan.

Et de poursuivre le dénigrement de celui qui, il y a quelques temps encore, était en état de grâce et avec Gilles Pennelle l’un des responsables les plus médiatisés et les plus actifs au sein du FN régional : « Il avait déjà démissionné de son poste de secrétaire départemental par courrier, sur un coup de tête. Sa décision est plutôt liée à sa personnalité qu’au parti. La Région, il n’y était déjà plus physiquement. Il ne représentait pas beaucoup ses électeurs ».

Sur sa non présence à la Région, Monsieur Chichery semble toutefois mal renseigné, car Bertrand Iragne y siège toujours.

La réponse de Bertrand Iragne, qu’il nous a communiqué via Facebook et qu’il a adressé à la presse régionale, est cinglante : « M. Chichery a raison, il faut respecter les adhérents du FN et les administrés qui ont voté pour la liste que je menais (et non pour moi). C’est justement ce que je fais, les électeurs ont voté à l’époque pour une liste Front National, parti, qui, aujourd’hui n’existe plus, vu qu’il a été sabordé par ceux qui en avaient la garde. Le FN n’existant plus, personne ne peut en revendiquer l’électorat. Ma décision de démissionner a été murement réfléchie et non prise sur un coup de tête comme aiment à le penser mes détracteurs. Ces mêmes détracteurs que je remercie de s’intéresser enfin à l’électorat Vannetais alors que depuis mon élection, aucun d’entre eux n’a pris la peine de m’orienter dans mes décisions de votes. Je siègerai donc sans étiquette et porterai jusqu’au bout le mandat que m’ont confié les administrés dans le but de « faire front pour Vannes ».

Et ce dernier d’y aller également de son commentaire : « Je suis pour l’instant le seul élu FN de Bretagne a avoir réellement fait un vrai travail productif. Arrêt de la vente du terrain de la mosquée de Vannes, gratuité perpétuelle des concessions pour nos militaires morts pour la France (deux ans de procédure, Vannes est la première ville de France à le faire …».

(NDLR : En France une famille qui demande le rapatriement du corps de son fils mort pour la France dans le caveau familial, perd la gratuité et l’entretien de la tombe (seules les tombe de carrés militaires sont entretenu par l’état). A Vannes, Bertrand Iragne a fait voter la gratuité après transfert ou si la famille demande que le corps soit enterré dans le caveau familial. Cette gratuité vaut pour le soldat et l’ensemble de la famille au nom de la mémoire)

Pas sûr que ses anciens collègues apprécient même si, comme nous l’a confié un autre ancien adhérent en Loire-Atlantique : « je ne sais pas si c’est pire ou mieux qu’ailleurs ce parti. Une chose est sûre, à partir du moment où vous quittez le FN, vous n’avez plus d’amis, et certains n’hésitent pas à vous trainer dans la boue. C’est horrible, c’est un panier de crabes. C’est à vous écoeurer de la politique ».

Après Catherine Blein, conseillère régionale jetée « comme une malpropre » du Front national et dénigrée pendant un temps pas ses collègues, il s’agit du deuxième conseiller régional FN à ne plus faire partie du groupe des élus FN à la région. Un groupe qui s’amenuise puisque constitué désormais de dix conseillers régionaux.

Un beau désordre, à quelques mois des élections Européennes.

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