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Depuis 2014 et sa victoire aux municipales dans la préfecture du Finistère, les rentrées sont dures pour l’équipe menée par Ludovic Jolivet, LR ex-Macron compatible. En septembre 2014 déjà, deux proches du maire, le délégué à l’énergie et au développement durable puis la déléguée aux relations publiques, Dominique Lambert et Caroline Amiot, avaient déclenché une guerre médiatique une fois leur programme enterré par la municipalité et leur délégation retirée de manière chaotique.
En septembre 2018, quatre ans plus tard, c’est la débandade.
Des bus à l’Ouest
Une rentrée est aussi une rentrée scolaire pour l’ensemble des concitoyens d’une agglomération comme Quimper Bretagne Occidentale. Côté transports scolaires et bus, la rentrée est franchement ratée : de très nombreuses plaintes commencent à s’élever dès le jour de rentrée sur les réseaux sociaux, remontant d’innombrables situations inadmissibles pour les élèves et les parents d’élèves. Aux premiers rangs des accusés : la municipalité qui a modifié les parcours de bus sur la totalité de l’agglomération, et son peu de réactivité.
L’affaire de l’eau
Cette dernière n’avait pas besoin de cela : deux agents ont été suspendus fin août de leurs fonctions dans une affaire liée aux délégations de l’eau et de l’assainissement suite à un soupçon de favoritisme, ce qui a provoqué deux enquêtes actuellement en cours, administrative et judiciaire.
Le maire, Ludovic Jolivet, a transmis le dossier au procureur et depuis, refuse de s’en justifier et d’en évoquer les raisons précises : un comportement qui intrigue, provoquant de dures critiques de la part des Verts et du groupe local Les Européens, qui lui reprochent de ne pas assumer ses responsabilités politiques, de lâcher les services puis, pour les derniers, de ne pas accepter leurs propositions techniques pour de meilleures « pratiques démocratiques ».
L’affaire provoque la démission du n°3 de l’Agglomération, Alain Decourchelle. Ce dernier, maire de Pluguffan, reproche à Ludovic Jolivet de prendre ses décisions en cercle restreint, et refuse « d’assumer des décisions qui ne sont pas les siennes » affirme-t-il dans un communiqué de presse le 18 septembre. Il redevient simple conseiller communautaire, Pluguffan n’ayant plus de vice-président à l’Agglomération.
Le conseil communautaire du 20 septembre n’a pas réussi à désamorcer l’ambiance trouble et confuse autour du sujet. Au contraire, le maire LR a paru arrogant, secret et s’est félicité étrangement de ses « propos millimétrés » face à des critiques venant de toute part.
Ils quittent le navire LR
Le succès électoral de LREM en Bretagne, ajouté à la ligne Wauquiez, semblent déclencher une démission en cascade des élus LR : Quimper ne déroge pas à la règle. Avec les prochaines élections en ligne de mire, l’adjoint à l’urbanisme Guillaume Menguy démissionne de son poste de responsable de circonscription, accompagnant le départ de certains de ses proches comme François Régis Friant.
D’habitude menaçant et prompt à l’exclusion de ses anciens amis, mais dans les circonstances actuelles très affaibli, Ludovic Jolivet ne bronche pas : à peine déclare-t-il ne pas vouloir abandonner les électeurs LR. Les électeurs apprécieront ce mot de leur maire, dans une ville qui n’a jamais montré beaucoup d’affection pour le RPR, l’UMP ou LR, préférant les vastes coalitions.
Le RN et debout la France s’en frottent déjà les mains, d’autant plus que Ludovic Jolivet avait déclaré au printemps 2015 le FN comme « parti Républicain » alors même qu’il était responsable Républicain de la circonscription : dans l’esprit des électeurs, mieux vaut souvent l’original que la copie, surtout que ce dernier s’est déclaré depuis 2017… Macron-compatible après avoir été « Hollando-compatible ».
Des relations internationales à l’abandon
Autre dossier tombé en désuétude : les relations internationales de Quimper. Son délégué, le docteur Couturier, a jeté l’éponge puis remis sa démission le 24 Aout. Il en précise à la presse les raisons : « l’absence de service » dédié à l’international, et plus diplomatiquement, des engagements personnels médicaux.
Fervents supporters de relations internationales pour leur ville, mais pas vraiment sur la même longueur d’onde, des personnalités comme le communiste Piero Rainero ou l’Européen Dominique Lambert ne vont pas se faire prier pour appuyer sur la plaie laissée ouverte par le jeune médecin.
Timide contre attaque de Ludovic Jolivet
Ludovic Jolivet est pourtant formel : il a « vocation à se représenter en 2020 ». Sa stratégie est timide : se reposer sur l’accord de 2014 entre partis politiques, UMP, Modem, UDI, et en nommer les représentants dans sa cour personnelle, Isabelle Le Bal, André Guénéguan, Georges Philippe Fontaine et… Guillaume Menguy.
Il peut également compter sur l’influente rédaction finistérienne de Ouest-France qui le soutient dans ses démarches de communication, comme par exemple avec son « plan vélo » annoncé… quatre années et demie après son élection et un an et demi avant les prochaines élections.
Pas sûr que ce soit suffisant : les LREM comme Brigitte Le Cam pointent déjà son mandat comme « le mandat de l’immobilisme ». Une chose est sûre : dans ce contexte, obtenir la tant espérée bénédiction électorale des LREM sera difficile, d’autant plus qu’Alain Decourchelle est le suppléant, LREM, de la députée quimpéroise.
Resterait seulement le bilan politique à offrir, mais de ce côté rien de concret à se mettre sous la dent pour les jolivetistes. Les gros dossiers, Halles, quartier de la Gare, « Quimper à trois heures de Paris », ont pris tellement de retard que ça en deviendrait presque… une faute professionnelle.
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