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Il parait que dans les réunions publiques qu’anime Hervé Berville (LREM), député de Dinan, on lui parle beaucoup de l’Europe. Et, en particulier, de l’impossibilité de cette dernière à définir une position commune face à l’immigration. Ainsi, à Pluduno, près de Plancoët, il est amené à répondre : « On ne peut pas vouloir que les bons côtés de l’Europe. Ce n’est pas un supermarché, on fait partie d’une équipe, on a les mêmes règles. Encore une fois, ça demande de croire en la coopération. » (Le Monde, 28-29 octobre 2018).
Difficile d’en dire davantage lorsqu’on est soi-même un immigré (Rwanda) et que l’assistance est principalement chrétienne et droit-de-l’hommiste, c’est-à-dire représentative de la base électorale des Marcheurs en Bretagne. Des gens qui ne voient que des avantages à accueillir davantage de migrants et qui craignent, en retour, la montée du Rassemblement national. « Ici, dans la région, il y a de plus en plus de gens qui ne veulent plus de réfugiés. Qui, probablement, ne voteront pas ce qu’on voudrait. », déplore, dans son manteau de laine, une retraitée installée au premier rang. (Le Monde, 28-29 octobre 2018).
Cette dernière oublie que « la dynamique populiste est portée par la combinaison d’une double insécurité : sociale (liée aux effets du modèle économique) et culturelle (liée à l’émergence de la société multiculturelle). Pas de vote populiste sans la combinaison des deux insécurités. En 2017, l’insécurité culturelle sans l’insécurité sociale, autrement dit le vote de la bourgeoisie de droite, cela donne un vote Fillon, pas Le Pen » (Christophe Guilluy, No society, Flammarion). En Bretagne intérieure, la poussée du vote RN-FN s’explique principalement par la progression de la désespérance sociale (disparition des services publics, chômage, sentiment d’abandon par les autorités, société rurale en perdition).
Bien entendu, lors de ses prochaines réunions, Hervé Berville pourrait aborder des questions qui collent davantage aux préoccupations de la population. Dans l’ordre : amélioration du pouvoir d’achat, baisse du chômage, diminution des impôts et des charges, lutte contre le terrorisme, redressement de l’économie, maîtrise des problèmes de l’immigration, réduction des inégalités sociales (Kantar Sofres, Le Figaro, mardi 16 janvier 2018). À lui également d’expliquer pourquoi son grand patron, Emmanuel Macron, n’a plus la cote. Seulement 26% des Français émettent un jugement favorable à son égard – donc 70% d’avis négatifs ( IPSOS, Le Point, 25 octobre 2018). Une explication : « 80% des sondés pensent que la politique d’Emmanuel Macron et du gouvernement ne permettra pas d’améliorer le pouvoir d’achat des Français d’ici à la fin du quinquennat » (IFOP, Journal du dimanche, 28 octobre 2018). Ceci explique cela…
Bernard Morvan
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