Route du rhum 2018. Eric Bellion : « Je découvre qu’il n’y a pas besoin d’aller très vite pour prendre énormément de plaisir.» [Interview]

Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 60 000 euros

Depuis 2013, vous lisez Breizh-Info gratuitement. Le journal ne vit que de ses lecteurs : sans votre soutien d’ici la fin de l’année, il n’y aura pas de Breizh-Info en 2027.

19 000 € réunis sur 60 000 € (32 %) — il manque encore 41 000 €.

Publicité

Donner par PayPal
Virement ou chèque

Lire l’appel en entier

Chers lecteurs, chères lectrices,

Les caisses de Breizh-Info sont vides. Pour tenir une année de plus, il nous faut 60 000 euros avant le 31 décembre. Si cette somme n’est pas réunie, le site cessera de paraître, 13 ans après sa fondation.

Depuis 2013, Breizh-Info vous informe chaque jour, en accès libre : des articles, des enquêtes, des entretiens, une revue de presse quotidienne, et une voix bretonne qui dit ce que la presse installée tait ou travestit.

Pas un euro d’argent public

Pendant que les grands titres de la presse encaissent chaque année les aides publiques, Breizh-Info fonctionne sans subvention d’État, sans milliardaire actionnaire et sans la manne publicitaire des grands groupes. Cette indépendance a un prix : nous ne dépendons que de vous. Quand les dons ne suivent pas, personne ne vient combler le trou.

60 000 euros d’ici le 31 décembre

Cette somme correspond à une année de fonctionnement du journal, ni plus ni moins. Si chaque lecteur attend que les autres donnent, personne ne donnera. 2 minutes suffisent, ce soir plutôt que la semaine prochaine. 10 euros, 50 euros, 100 euros, 1 000 euros : chaque don compte. Et si vous le pouvez, optez pour un virement mensuel : c’est ce qui permet au journal de voir plus loin que le mois suivant.

Comment donner

PayPal : faire un don en ligne ([email protected])

Virement (mensuel si possible), à l’ordre de ASPA (pour Breizh Information)
IBAN : FR76 1220 6004 0056 0172 3120 604

BIC : AGRIFRPP822

Chèque à l’ordre de Breizh Information : BP 201, 29834 Karaez/Carhaix Cedex

Publicité

Parti le 4 novembre dernier de Saint-Malo, Eric Bellion a vécu un début de Route du Rhum très particulier. Pour s’abriter de la tempête, il a fait escale durant cinq jours à l’Aber Wrac’h, dans le Finistère. Reparti en course le 10 novembre à bord de sa vénérable goélette, Eric a d’abord fait face à des conditions difficiles.

Mais depuis quelques jours, le skipper de CommeUnSeulHomme glisse vers la Guadeloupe et commence à trouver ce qu’il était venu chercher : l’harmonie par la décélération. Son sponsor a pu le joindre le 21 novembre au matin, alors qu’il évoluait à la latitude de Madère. Nous reproduisons l’interview qu’ils nous ont adressé ci-dessous :

Eric, comment as tu vécu cette escale à l’Aber Wrac’h ?

« Le départ de Saint-Malo a été absolument génial. J’avais envie de continuer ma course, prendre la décision de s’arrêter ou non a été un sacré dilemme. Mais il fallait rester raisonnable, le bateau et moi on se connaissait à peine. Etant donné ma démarche de décélération, il semblait logique de privilégier la raison. L’océan ne m’avait pas encore ouvert ses portes, il fallait patienter. Je me suis donc abrité pendant cinq jours. C’était un peu surnaturel de commencer ainsi la course. Je suis allé au cinéma, je suis resté cloîtré chez moi et j’ai beaucoup dormi pour récupérer de la fatigue accumulée avant le départ. »

As-tu ressenti de la frustration ?

« Oui, voir tous les autres bateaux partir et rester derrière, c’était très compliqué. Mais j’ai rapidement passé le cap de la frustration. J’ai réalisé que si tout le monde veut être premier, il y a un seul heureux et beaucoup de malheureux. Il est intéressant d’aller chercher autre chose dans cette compétition, je ne suis pas le seul à le faire. Nous sommes plein de rêveurs, malheureusement pas assez de rêveuses, à vouloir vivre une aventure hors norme, à notre rythme. L’idée étant in fine d’être fier de soi, d’avoir donné son maximum, d’avoir préservé son rêve. »

Tu es reparti il y a dix jours, le 10 novembre. Si le plus gros de la tempête était passé, la reprise de la course n’a pour autant pas été de tout repos…

« Effectivement les sept-huit premiers jours ont été « hard », avec des vents contraires et surtout une mer déchaînée en raison des dépressions successives. Il y a eu beaucoup de grains et un passage de front très costaud. Je savais que le bateau pouvait encaisser ces mers difficiles. De fait, je n’ai pas de casse particulière à déplorer. Mais ma goélette n’est pas conçue pour le près, dans la mer grosse elle se fait complètement stopper. Puis à partir de vendredi dernier, j’ai pu ouvrir les voiles et descendre pleine balle… »

Le plaisir est donc désormais au rendez-vous à bord de Comme Un Seul Homme ?

« Oui, nous faisons de belles glissades. Le bateau adore ça et se comporte bien. Actuellement il y a 16-17 nœuds de vent et nous avançons à 9 nœuds quasi en route directe vers la Guadeloupe. C’est vraiment très différent de l’IMOCA, bien sûr, j’entre dans une autre dimension. C’est justement ce que je souhaitais : sortir de ma zone de confort, découvrir d’autres choses en moi. J’apprends à connaître ma goélette. Je me régale à la faire avancer au mieux, à la manœuvrer, à trouver nos limites. »

Es-tu en train de trouver ce que tu étais venu chercher sur la Route du Rhum ?

« Je découvre qu’il n’y a pas besoin d’aller très vite pour prendre énormément de plaisir. Mon ancien IMOCA (désormais mené par Damien Seguin, NDR) est déjà arrivé en Guadeloupe et moi il me reste plus de vingt jours de mer. Vingt jours à profiter de la mer, à une allure où je peux observer, écrire, échanger. Tracer sa propre voie en dehors du peloton, choisir son rythme, c’est un vrai bonheur. Je pense arriver après la fermeture de la ligne, vers le 9 décembre. Je suis à 2300 milles de la Guadeloupe, en route directe. »

Regardes-tu les classements dans ta catégorie Rhum Mono ?

« Oui je prends les classements, je regarde comment se comportent les autres. Je suis avant tout curieux, pas avide de mesurer combien de milles je reprends sur les uns et les autres. Ce qui m’intéresse c’est de voir si je marche bien ou pas. J’ai une chance incroyable d’être en mer. Cette participation à la Route du Rhum en goélette est une parenthèse magnifique. Je navigue sur le bateau qui a bercé mon imaginaire d’enfant. J’ai le temps de réfléchir sur des sujets qui me tiennent à cœur. Je trouve l’harmonie avec le bateau et je réponds à mes questions d’homme. Tout ce que j’aime. »

Au-delà de l’aspect sportif, tu mènes en effet toute une réflexion autour de la décélération…

« Avec CommeUnSeulHomme, on explore, on communique, on échange pour savoir comment être heureux, performant et fier de soi en décélérant. C’est notre façon d’oser la différence. J’ai la chance de discuter avec des gens extraordinaires. Trois podcasts ont été enregistrés, d’autres sont à venir, nous les mettrons en ligne au fur et à mesure de la course. »

Eric Bellion a réalisé un documentaire intitulé « Comme Un Seul Homme » qui sortira au cinéma le 13 février prochain

Plus d’infos sur https://www.commeunseulhomme.com/ ou sur facebook

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

breizh

Sociétal

Autonomie, fédéralisme, langues : ce que veulent vraiment les Français, région par région

A La Une, International

Sécurité : quand Nayib Bukele, le « dictateur le plus cool du monde » donne une leçon d’espoir à la France

Rugby, Sport, VANNES

Top 14 : le RC Vannes, toujours sans victoire, n’a plus le choix face à Clermont

Martigné-Ferchaud

Ensauvagement, Justice

Bretagne : trafic de drogue, incendie d’église et vols de cuivre

animal de compagnie

Animaux, Justice

Droits des animaux : 30 Millions d’Amis réclame la personnalité juridique

Culture, Culture & Patrimoine

Karaez, capitale du livre breton ce week-end : gouren, prix littéraires et hommage à Charlie Grall

Auto-Moto

Gironde : une start-up mise sur l’IA pour débusquer les arnaques dans les annonces de voitures d’occasion

Social, Sociétal

Émeutes : la CGT accuse le 20 heures de France 2 de « propagande » [Vidéo]

NANTES

Pillages à Nantes : face aux casseurs, l’État et la mairie sortent les mesurettes

Santé, Sociétal

Virus Shamonda : un premier cas humain détecté en France, un patient décédé

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Environnement

Tempête Austen : jusqu’à 140 km/h attendus sur les côtes bretonnes vendredi

Découvrir l'article

ST-MALO

À l’heure de la Route du Rhum, les étudiants bretons misent sur l’hydrogène

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire, Patrimoine

Route du Rhum : le Muséum national d’Histoire naturelle met l’océan à l’honneur à Saint-Malo

Découvrir l'article

Sport

Route du Rhum 2026 : Pierre Leboucher prendra le départ de Saint-Malo aux couleurs de la recherche génétique

Découvrir l'article

Sport, ST-MALO

Saint-Malo. 118 bateaux, 13 jours de fête : tout savoir sur le Village Départ de la Route du Rhum

Découvrir l'article

Environnement, Sciences

Concarneau. La skippeuse Anne-Claire Le Berre transformera son trimaran en laboratoire flottant au retour de la Route du Rhum

Découvrir l'article

ST-MALO

Route du Rhum 2026 : la course au large devient un outil pédagogique pour des milliers d’élèves

Découvrir l'article

Sport

La Solitaire du Figaro bascule en Ocean Fifty à partir de 2028

Découvrir l'article

ST-MALO

Route du Rhum 2026 : départ de Saint-Malo le 1ᵉʳ novembre, la cité corsaire prépare déjà son grand rendez-vous

Découvrir l'article

Economie, ST-MALO

Le Nautique de Saint-Malo 2026 : un rendez-vous qui s’impose dans le paysage maritime breton

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.