Qui prendra la suite de Theresa May à la tête du parti Tory, dans combien de temps, et pour faire quoi ? Quelques lecteurs pressés avaient été déçus par la chronique du 24 mai : elle n’annonçait pas, en même temps que le nom du remplaçant de Mrs May à la tête des tories, la prochaine date du Brexit. La plupart des organes de presse français se sont rendus coupables de tels impairs. Pas Breizh Info. Les procédures longues ne fonctionnent pas à la vitesse des opinions mal informées des commentateurs en vue. Dans le meilleur des cas, si un recours à des élections générales n’est pas requis, le nom du successeur de Mrs May sera connu les 23 – 24 juillet. Dont acte.

En attendant, les dix candidats connus au poste de patron des Conservateurs sont livrés, aux Communes, à un insupportable jeu public de questions de carrières, d’opinions anciennes et de coups de poignards dans le dos. Un jeu à tel point cruel que, depuis 1965, jamais il n’a sélectionné le favori, lequel s’est toujours retrouvé perdant. Le nom de Boris Johnson avait été le cri du cœur des agences de presse après que Mrs May eût annoncé sa propre démission prochaine. L’impétrant s’est caché quelques heures, pour n’être pas frappé par le mauvais sort.

D’ici au 20 juin, les dix candidats admis vont progressivement devenir deux, chaque jour ouvrable entérinant la disparition d’une candidature. Du 22 juin au 22 juillet, les deux candidats restant mèneront leur campagne électorale auprès des membres du parti Tory (plus de 160 000 cotisants de 70 ans au moins) qui, au final, éliront l’un des deux pour les diriger. Dernier acte civique de Mrs May : en même temps que sa propre démission officielle, elle présentera l’ultime élu à la reine qui (l’inverse ne s’est jamais vu) l’agréera comme Premier ministre.

Boris Johnson trop favori pour l’emporter ?

Ensuite ? Il y aura un sommet européen à Bruxelles les 17 et 18 octobre. Avec ou sans chef d’État britannique, selon qu’il y aura déjà eu ou non un Brexit. Lequel, sauf report de date – l’histoire récente incite à la prudence…- , devrait advenir définitivement avant le 30 octobre.

Sauf surprise, le favori des commentateurs, Boris Johnson, ancien ministre des Affaires étrangères de Mrs May, ne devrait pas être le prochain patron des Conservateurs. Incapable, en tant que ministre, de mener à bien la politique étrangère de Mrs May, il n’a laissé, dans les chancelleries, aucun souvenir à son crédit, et son assurance, en cas de Brexit, de ne jamais payer un cent des 45 milliards d’euros de dettes du Royaume-Uni à l’égard de l’Union européenne (UE) ne le fait pas souhaiter vainqueur.

Du côté des autre successeurs potentiels de Mrs May, tous brexiters convaincus, certains disent être prêts à renégocier l’accord de sortie déjà conclu avec Bruxelles. Il leur a été répondu ce mardi, depuis l’UE, que ‘non’, c’est ‘non’. Voilà pour le cadre général. Après, il y aura les amusettes, les variantes plus ou moins dramatiques, les mises en scène factices, les vrais drames ou les farces et attrapes façon so British College. Rendez-vous à la fin de juillet pour les nouveaux épisodes du feuilleton politique.

Jean-François Gautier

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