Plus de 3 semaines après la noyade présumée de Steve Caniço à Nantes – le corps n’a toujours pas été retrouvé – deux plaintes collectives ont été déposées, l’une par dix policiers blessés lors de leur intervention cette nuit là, le 22 juin vers 4h30 du matin, et l’autre par 85 fêtards. Alors qu’une campagne de presse et d’affiches a été lancée par la gauche et l’extrême-gauche pour accuser la police de la noyade de Steve, les mêmes refusent de répondre à d’autres questions bien plus dérangeantes.

La plainte collective des fêtards est déposée contre  X pour mise en danger de la vie d’autrui et violence par des personnes dépositaires de l’ordre public. Les policiers, eux, ont porté plainte pour violence sur des personnes dépositaires de l’ordre public – cinq d’entre eux ont été caillassés par des fêtards mécontents et l’un d’eux roué de coups.

L’extrême gauche à la manœuvre

Un collectif informel « Où est Steve » a été constitué sous l’impulsion de militants d’’extrême-gauche – Nantes révoltée – qui a sorti l’affaire et surfe sur la douleur de la famille de Steve. Il regroupe les membres habituels des collectifs gauchisants de Nantes – notamment pour l’accueil des migrants clandestins – et des élus se sont joints à la campagne d’affichage « Où est Steve », comme Aymeric Seassau – élu communiste au poids électoral et au bilan politique guère évidents.

Même Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes, s’y est mise, en réclamant des explications à Christophe Castaner, et que « les investigations aboutissent extrêmement rapidement ». Rien que ça ! La séparation des pouvoirs, un concept clairement à réviser pour Mme le Maire.

Pourtant, en multipliant rassemblements – un nouveau est prévu ce samedi à 15h30 quai Wilson, affichages et tags « Où est Steve » dans la ville, et autres happenings, l’extrême-gauche semble en service commandé pour le préfet d’Harcourt et la maire Johanna Rolland – pendant qu’ils tapent sur la police, comme à leur habitude, le préfet et la maire sont dispensées de répondre sur leurs responsabilités propres.

Le site du concert : un endroit à risques

Le quai Wilson n’est en effet pas clôturé et ne l’était pas plus que d’habitude pour ce rassemblement qui a réuni plusieurs milliers de personnes, en pleine nuit, au bord de la Loire. L’alcool – et la drogue – circulaient en liberté sur le site, et selon des témoins, il n’y avait aucune équipe de sécurité. Pourquoi aucun dispositif de sécurité, même minime, n’a été prévu sur le site – clôtures le long de la Loire, rubalise, vigiles aux abords – malgré l’importance du rassemblement et les risques associés ?

Des sons disposés de façon dangereuse

Donc, une ambiance de rave sauvage pour un événement qui n’était pas expressément autorisé, certes, mais pas interdit non plus – et ce malgré les risques inhérents. Certes, des sons y avaient lieu depuis des années, mais contrairement aux années précédentes, ils étaient cette année perpendiculaires au fleuve, et non parallèle à lui. « Tout mouvement de foule induisait un déplacement latéral vers l’eau », relève un secouriste nantais. Pourquoi cette disposition, et pourquoi depuis la noyade de Steve, les organisateurs se taisent ?

En outre, est-il cohérent de maintenir cette quasi-rave, alors que la population des abords du fleuve a nettement grossi depuis 20 ans ? Si le site du quai Wilson est désert,  « la nuit le son rebondit sur l’eau, et personne ne pouvait dormir dans le centre de Rezé, à Trentemoult, mais aussi de l’autre côté vers Chantenay », relève un proche du dossier.

« Avec l’heure de fin, ça ne pouvait que déraper »

Enfin, quitte à ce que les pouvoirs publics ferment les yeux sur cet événement, situé hors du périmètre officiel de la fête de la Musique, pourquoi avoir imposé une heure de fin ? Et pourquoi à 4h du matin, « alors que certains fêtards étaient complètement partis, souls ou drogués, voire les deux ? », s’interroge un policier nantais. « Avec l’heure de fin, les policiers ne pouvaient que intervenir, et donc ça a dérapé, ça ne pouvait que déraper ».

Enfin, pourquoi élus et presse mainstream se taisent sur le traitement réservé aux policiers – et les responsabilités évidentes de l’extrême-gauche, à l’origine de toute cette mobilisation. « Le clash a eu lieu près d’une scène assez marquée à l’extrême-gauche, avec le public idem ». Le dernier DJ a d’abord coupé, puis remis le son – et pas n’importe quel chant, Porcherie de Bérurier Noir. Dont le refrain commence par « flic-armée porcherie ». Ambiance. Puis quand les policiers ont demandé de couper le son, ils ont été caillassés. « Voilà la vraie raison de l’emploi de gaz lacrymogène : il fallait que les effectifs se dégagent, à 13 contre 300 », relève un proche du dossier. Mais apparemment, que des policiers se fassent caillasser ne semble pas émouvoir plus que cela Madame Rolland.

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
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