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La direction de la Semitan – enfin surtout sa composante politique, donc la présidente de Nantes Métropole Johanna Rolland – semble avoir trouvé la martingale pour diminuer les agressions incessantes d’agents. Et c’est très simple : diminuer les contrôles, surtout dans les quartiers « sensibles » et envers les publics à risque.
« Nous avons été invités oralement à lever le pied sur les contrôles, surtout dans les quartiers sensibles et sur les publics qui peuvent déraper », confirme un contrôleur nantais. « En gros, contrôler une étudiante française fine et fragile qui a oublié sa carte, oui, la bande de délinquants qui fume la weed au fond du bus et emmerde tout le monde avec la musique à fond les ballons, on oublie ».
« On cède une fois de plus devant la terreur que font régner certains usagers »
Cette mesure est diversement appréciée par les agents de la TAN : « c’est n’importe quoi, on cède une fois de plus devant la terreur que font régner certains usagers », s’exclame ce chauffeur de la C20, ligne qui relie entre elles plusieurs quartiers multiculturels – Bellevue, Dervallières, le Breil, quartiers Nord – et qui est considérée comme difficile, avec plusieurs agressions par semaine. « Certains agresseurs sont en effet récurrents, ce sont toujours les mêmes et on le constate en les identifiant avec les caméras des bus ».
« Quand je vois un type rentrer sans payer, je me tais. Je ne vais pas courir le risque de me faire casser la gueule pour deux euros »
« Pour ma part, quand je vois un type rentrer sans payer, je me tais. Je ne vais pas courir le risque de me faire casser la gueule pour deux euros », le prix du ticket vendu à bord des bus, indique ce chauffeur de bus. « Mais je comprends qu’une telle politique – laisser-aller avec les délinquants, ne contrôler que ceux qui ne risquent pas de causer de violences, va encore plus renforcer le sentiment d’injustice des usagers qui paient… alors que bien d’autres fraudent de façon systématique ».
Le prix du ticket a augmenté de 31% en dix ans
Ce qui conduit aussi – avec les impératifs du développement du réseau – à augmenter sans cesse le prix du ticket et du carnet. Alors que le taux de fraude « officiel » est à 10% depuis des années, un taux politiquement acceptable, le prix du ticket a augmenté de 31% en dix ans et le carnet de moitié – le prix du carnet a encore augmenté ce 1er juillet.
« Mais qu’importe les prix de moins en moins abordables – ce qui incite les gens à frauder et à être agressifs quand ils sont contrôlés – l’important, c’est que Johanna repasse et promette la gratuité que le contribuable paiera une fois de plus », tacle un contrôleur de la Semitan. La maire de Nantes n’est d’ailleurs pas vraiment populaire chez les agents de la TAN.
Par ailleurs, les « incivilités » continuent, et même le compte officiel de la TAN est obligé d’en parler, au compte-gouttes. Le 17 juillet notamment, la ligne 1 de la TAN a été coupée entre Croix Bonneau et Mendès-France Bellevue suite à un feu le long des voies place des Lauriers – un lieu de deal assez connu. Le 15 juillet dans l’après-midi, à partir de 13h30, la ligne 1 était encore coupée à Lauriers pour cause d’ « incivilités ». Selon un traminot, « généralement, c’est qu’ils caillassent les trams ou les bus, ou qu’ils tirent avec des armes airsoft dessus. Ça arrive assez couramment ».
#Infotrafic feu le long des voies à Lauriers#Tan1 coupée entre les stations Croix Bonneau (Jamet) et Mendès France – Bellevue
— Réseau Tan (@reseau_tan) 17 juillet 2019
#Infotrafic incivilités secteur Lauriers#Tan1 coupée entre MF Bellevue et Croix Bonneau (Jamet)
— Réseau Tan (@reseau_tan) 15 juillet 2019
Louis Moulin
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