Aucun service de la SEMITAN ne circulait hier à Nantes après qu’un conducteur de la ligne 3 ait été tabassé par quatre jeunes -d’origine maghrébine, selon les témoignages –  à Diderot le 5 novembre au soir. Une agression très violente, qui entraîne un sérieux ras-le-bol des agents… mais aussi la réaction surprenante du premier adjoint et président de la Semitan Pascal Bolo (PS), qui a avalisé et même revendiqué la journée blanche. Les agresseurs sont activement recherchés par la police.

Violemment tabassé

Mardi soir, après une alerte au colis suspect, quatre jeunes ont violemment tabassé un jeune conducteur après avoir refusé de quitter la rame. Il se trouve que l’arrêt Diderot se trouve près du quartier très « sensible » Château de Rezé, où prospèrent vente de drogue et délinquance, tandis que les deux municipalités socialistes de Nantes et de Rezé regardent ailleurs depuis des années. Une fusillade y a même eu lieu début septembre, ciblant un point de deal connu.

Nous nous faisions écho dernièrement de divers caillassages, mais aussi d’une alarme sociale posée le 14 octobre dernier par la CGT en raison de l’insécurité sur le réseau pour les agents, entre autres. La direction de la TAN – donc Pascal Bolo –, avait alors choisi comme d’habitude de répondre à côté de la question.

Les agents de la TAN ont en réalité fait valoir collectivement leur droit de retrait, comme l’explique la CFDT, syndicat majoritaire : « Suite à une agression violente hier soir, secteur Trocardiere, sur un conducteur de la Semitan, le réseau est à l’arrêt ce matin, les agents faisant valoir collectivement leur droit de retrait. La CFDT Semitan apporte son plein et entier soutien au collègue agressé. »

Les syndicats comprennent et soutiennent le mouvement spontané des agents Tan. Très exactement, il y a eu un droit de retrait du seul dépôt de Saint-Herblain, étendu ensuite à l’ensemble du réseau et des sous-traitants à la demande de la direction de la TAN.

Une agression d’une sauvagerie incroyable

« Un conducteur du tram a été victime d’une agression d’une sauvagerie incroyable. Il y a eu une alerte à un colis suspect dans le tram, un sac abandonné visiblement. Dans ce cas, nous avons des procédures strictes. Au moment où le conducteur changeait de poste de conduite pour rentrer au dépôt, il a été tabassé par quatre jeunes mécontents, qui étaient dans le tram. Ils l’ont défoncé ! », a expliqué Pascal Bolo, qui dénonce une « agression d’une sauvagerie incroyable » et affirme que la journée blanche est « un message aux pouvoirs publics » pour que les agresseurs soient retrouvés et châtiés. Les élections municipales approchent…

Bolo ? « Un vrai hypocrite »

Cependant, comme les précédentes, la journée blanche ne devrait rien changer au niveau de violence que connaissent les agents de la Semitan. « C’est de pire en pire, et Pascal Bolo est un vrai hypocrite », dénonce un conducteur de bus chevronné. « C’est bien le politique qui traite la TAN en annexe de la mairie, qui nous empêche de parler des violences, qui bâillonne les syndicats, qui stoppe les contrôles dans les quartiers sensibles et regarde ailleurs depuis toutes ces années alors que délinquance et fusillades ne cessent d’augmenter à Nantes ».

La justice mise en cause

Un de ses collègues rajoute : « Et c’est bien le politique qui encourage les juges à être soi-disant bienveillants, enfin surtout laxistes. Lorsque les délinquants prennent un ou deux mois de sursis pour avoir frappé un contrôleur, ça les encourage à recommencer ».

Très active à Nantes, la député LREM-Modem Sarah el Airy a interpellé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner à la suite du droit de retrait collectif des agents de la TAN : « Monsieur @CCastaner malgré les moyens supplémentaires la violence est dans les transports, la drogue, les règlements de comptes gangrènent #Nantes. À quand @Johanna_Rolland la police métropolitaine et notamment dans les transports après les élections? Agissons maintenant ! »

Louis Moulin

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