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Les grands médias aiment à dénoncer ce qu’ils appellent les « fake news », ce qu’ils considèrent comme les « fausses informations » émanant des réseaux sociaux. Ils pointent la paille dans l’œil du voisin mais se gardent de voir la poutre dans le leur. Car les mensonges répétés en boucle par les grands médias sont innombrables.
Chaque année la cérémonie parodique des Bobards d’or récompense les plus saillants. Souvenez-vous. Theo, la racaille mythomane prétendument violée par des policiers. « L’ophtalmo raciste » accusé indûment d’avoir refusé de soigner une enfant arabe. Le journaliste américain James Folley soi-disant enlevé par Assad et retrouvé égorgé par les islamistes. Les chiffres de participants gonflés pour les manifestations LGBTQ et… dégonflés pour les opérations politiquement incorrectes.
L’album des Bobards qui vient de sortir (éditions Via Romana, à commander ici) bien sourcé et joliment illustré, vous fait découvrir plus de 100 gros mensonges médiatiques. Il décrypte les principales méthodes de désinformation : Bobards par l’image, bobard calculette, bobard par invention et non-vérification des sources, bobard par changement de nom et de prénom. Il présente aussi les auteurs de ces bobards. Fidèle à l’esprit de la cérémonie des Bobards d’or, l’album des Bobards vise à corriger par le rire les principaux travers des journalistes. Un livre aussi indispensable qu’amusant !
Et pour en discuter, quoi de mieux que de l’évoquer avec le chef d’orchestre de cette cérémonie incontournable, Jean-Yves Le Gallou.
Breizh-info.com : Pourquoi sortir cet album maintenant ?
Jean-Yves Le Gallou : Les Bobards d’Or ont été créés en 2010. Ce sera l’anniversaire de leurs 10 ans, le lundi 24 février 2020, pour la 11e cérémonie, au théâtre du Gymnase, Marie Bell, à Paris. Retenez déjà la date ! En 10 ans nous avons décortiqué des centaines de bobards dont beaucoup de « bobards totaux », c’est-à-dire des bobards repris par la totalité des médias de grand chemin : le tueur islamiste de Toulouse, d’abord présenté comme un « Européen blond aux yeux bleus », « l’ophtalmo raciste » refusant soi-disant de soigner une enfant arabe, le journaliste James Foley égorgé par les islamistes mais présenté comme une victime d’Assad. Et j’en passe !
Breizh-info.com : Est-ce que cela signifie la fin d’un cycle pour les Bobards d’Or ?
Jean-Yves Le Gallou : Non c’est une étape. L’album des Bobards c’est un recueil doublement intéressant parce qu’il est drôle et agréable à lire mais surtout comme outil de travail avec un index permettant de suivre page à page les faits – et les méfaits – de nos « plus grands journalistes » : Apathie, Duhamel, Ernotte, Cohen, Barthes et tant d’autres sont habillés pour l’hiver…
Breizh-info.com : Qu’est-ce qui a changé dans la sphère médiatique en France depuis 2010 ?
Jean-Yves Le Gallou : À la relecture de L’album des Bobards et des interventions présentant les cérémonies je suis tenté de distinguer 2 périodes :
– 2010/2016 où nous pouvons exprimer une large critique de la doxa politiquement correcte, sans trop de riposte ni de censure : il y a alors une grande liberté d’expression sur Internet et sur les réseaux sociaux.
– 2016/2020 où la bataille idéologique devient plus difficile pour deux raisons : les opérateurs internet et les RS censurent à tout va, au nom de ce qu’ils appellent la lutte contre les « fake news », c’est-à-dire rarement des informations fausses mais le plus souvent des données justes mais contraires à la doxa dominante.
Le concept de « fake news » permet le dénigrement des médias alternatifs et des comptes sociaux dissidents et il légitime (!) la censure ou le bannissement (vous émettez mais on vous montre peu).
Breizh-info.com : Il semblerait que petit à petit, les masques « journalistes » tombent pour laisser place à des masques très militants, que nous, du côté de la presse alternative, avons eu le courage d’assumer dès le début…
Jean-Yves Le Gallou : Oui, les « journalistes » des médias de grand chemin finissent par jeter le masque et c’est normal : ils sont persuadés d’être « dans le camp du bien ». Leur projet n’est pas de séparer le vrai du faux mais de distinguer le bon du méchant selon des scénarios de plus en plus hollywoodiens.
La démarche des médias alternatifs est toute différente : nous ne feignons pas une impossible objectivité, nous reconnaissons que nous choisissons et anglons nos sujets. Nous assumons donc engagement et subjectivité mais avec une rigoureuse recherche de l’exactitude des faits. Subjectifs oui mais menteurs non. À la différence des médias de grand chemin, faussement objectifs, faussement neutres, mais authentiques bonimenteurs et vrais bobardeurs.
Breizh-info.com : Les Bobards d’Or ont-ils eu un impact sur la société médiatique et politique ? Si vous ne deviez en retenir qu’un, lequel serait-ce ?
Jean-Yves Le Gallou : Démolir la crédibilité des médias ! Ce qui est le préalable à tout changement politique réel. Année après année la confiance des Français dans leurs médias décline. Et c’est l’une des plus faibles du monde occidental.
Nous y avons contribué en lançant le concept de réinformation, en organisant année après année la cérémonie des Bobards d’Or. D’autres que nous ont aussi œuvré, l’OJIM, l’observatoire des journalistes, TVLibertés, Breizh-info et tous les médias alternatifs.
J’ajoute que je suis, semaine après semaine, depuis bientôt six ans, l’actualité médiatique sur i-média sur TVLibertés. Après 272 émissions je reste admiratif devant la capacité de désinformation du système. Avec un coup de chapeau particulier pour l’AFP, l’agence française de propagande.
Breizh-info.com : Le système ne semble pas avoir vu venir l’émergence de la presse alternative au départ, avant de chercher à reprendre la main, depuis deux ans (via la presse mainstream, via la censure, via les poursuites judiciaires)… À quel avenir est vouée la presse alternative désormais bâillonnée, déréférencée, censurée ?
Jean-Yves Le Gallou : L’histoire montre que la censure finit toujours par être contournée. Mais nous n’avons pas encore trouvé collectivement la solution. J’observe tout de même un début de désaffection pour les censeurs de Facebook et l’arrivée de nouveaux réseaux plus sûrs type Télégram ou Signal.
Breizh-info.com : Quels sont les prochains rendez-vous de la fondation Polémia ?
Jean-Yves Le Gallou : Samedi 23 novembre, le Ve Forum de la dissidence, à Paris, sur « La dictature Macron, les voies de la résistance ».
https://www.weezevent.com/dictature-macron-les-voies-de-la-resistance
Propos recueillis par YV
Crédit photos : DR
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Une réponse à “Jean-Yves Le Gallou (Les Bobards d’Or) : « L’histoire montre que la censure finit toujours par être contournée » [Interview]”
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