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Pour la Route du Rhum, c’est l’heure des premiers coups durs. Francis Joyon a chaviré lundi après-midi et a été recueilli dans la soirée par un cargo. Charles Caudrelier a signalé ce mardi matin une avarie majeure sur son Ultim. Anthony Marchand et Marco Guerra ont dû se dérouter. Pendant ce temps, les leaders continuent d’avaler les milles à des vitesses vertigineuses. Mais à l’approche des Açores, la météo se complique, et les choix de route pourraient bientôt compter davantage que la vitesse pure. Sidney Gavignet (Le Cigare Rouge) résume la situation : entre « tout va bien » et « rien ne va plus », il n’y a pas grand-chose.
Francis Joyon sain et sauf
La nouvelle a d’abord inquiété. Lundi après-midi, Francis Joyon, en tête de la catégorie Vintage Multi sur le trimaran Oceans, a chaviré. Le vainqueur de l’édition 2018 a été secouru le lundi 2 novembre vers 23 heures par le porte-conteneurs Maersk Columbus. Il est sain et sauf et fait route vers l’Irlande, où il devrait être débarqué dans les prochaines heures.
Coup dur pour Charles Caudrelier
En Ultim, le coup est rude pour Charles Caudrelier. Peu avant 5 heures ce mardi, alors qu’il naviguait en 4e position à environ 400 milles au nord des Açores, le skipper du Maxi Edmond de Rothschild a signalé une avarie majeure sur son foil bâbord. Il va bien et la situation est sous contrôle. Avec son équipe à terre, il sécurise l’appendice endommagé et évalue les dégâts, tandis que sa cellule de routage étudie la suite. Le Malouin Anthony Marchand (Actual Ultim 4) doit, lui, rejoindre l’Irlande cet après-midi. Son safran central a heurté un objet, ce qui a provoqué un blocage critique du système de barre. Son équipe interviendra sur un plan d’eau abrité avant de décider de la suite.
775 milles en 24 heures pour Laperche
En tête de la flotte, Tom Laperche (SVR-Lazartigue) continue sa démonstration, avec 775 milles parcourus ces dernières 24 heures. Il approche des Açores et devrait laisser Corvo, la plus petite île de l’archipel, à une centaine de milles dans son est. Ses poursuivants ont tenu le rythme malgré le passage d’un thalweg entre 22 heures et minuit, qui a fait chuter les vitesses de 35 à 25 nœuds et imposé une série de manœuvres. Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI) décrit une transition nette entre le vent de sud et celui de nord, puis un vent qui a forci, avec des pointes de 30 à 35 nœuds au portant sur une mer chaotique, « pas hyper confortable ».
La suite s’annonce plus tactique. Les Ultim ont le choix entre 2 options : enchaîner les empannages dans un flux de nord-nord-est, ou traverser une dorsale, au risque de perdre du terrain un moment, pour aller chercher du vent plus à l’ouest. Les skippers attendent les nouveaux modèles météo, mais une chose est sûre : la route vers les Antilles ne sera pas une ligne droite, et il faudra encore passer des transitions et des zones de ralentissement.
43,1 nœuds pour Bourgnon
En Ocean Fifty, Basile Bourgnon (Edenred) a atteint une pointe de 43,1 nœuds dans la nuit de dimanche à lundi. Il compare la sensation à une voiture lancée sur du gravier, avec un bateau qui vibre de partout, en pleine nuit et sans visibilité. Le jeune skipper récupère sans lever le pied, grâce à l’aménagement intérieur pensé pour faciliter la vie à bord. Les Ocean Fifty et les IMOCA doivent maintenant franchir à leur tour le front passé la veille par les Ultim : une rotation du vent de près de 180 degrés, puis un étroit couloir de pression dont il ne faudra pas sortir.
Horeau prend la tête des IMOCA
En IMOCA, Corentin Horeau (MACSF) a pris les commandes. L’Italien Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei), désormais 2e, multiplie les soucis : une voie d’eau à l’arrière de son monocoque et un réchaud en panne. Il a dû corriger une route initialement trop sud et reconnaît se battre avec un bateau qu’il a du mal à faire avancer dans un vent changeant. Le retour prochain des allures portantes devrait l’aider. Marco Guerra (Imagin’Act-Socomec), confronté à des problèmes de quille, à une voie d’eau et à des pannes électroniques, a fait escale technique à Port-la-Forêt, dans le Finistère.
Class40 : 260 milles d’écart latéral
Chez les Class40, la course prend des allures de partie d’échecs. Plus de 260 milles séparent déjà les routes les plus extrêmes, certains restant au nord, d’autres plongeant vers le sud. Le Normand Guillaume Pirouelle (Sogestran-Seafrigo), qui mène désormais devant Pierre Leboucher (Institut Imagine) et Jules Bonnier (Plastic Odyssey), a choisi une route médiane pour passer au nord des Açores. Il savoure les surfs où le compteur ne s’arrête plus, mais reste prudent face aux brusques changements de vent qui font piquer le bateau dans les vagues. Surtout, il avoue son incertitude. Les fichiers météo changent beaucoup à chaque mise à jour, et une grosse dépression à plusieurs centres rend la suite difficile à prévoir. Selon lui, personne ne sait vraiment par où passer.
Frayeur pour Sidney Gavignet
En Vintage Mono, la nuit a été mouvementée pour Sidney Gavignet. Sous spinnaker, dans 25 à 30 nœuds de vent, son pilote automatique a décroché et le bateau est parti au tapis. Il a dû reprendre la barre, basculer sur le pilote de secours et affaler la voile en urgence. Dans la précipitation, il est tombé par une trappe de cockpit restée ouverte et s’en tire avec des douleurs aux côtes. Il reconnaît avoir trop forcé sur un monocoque qui n’aime pas ça, et compte désormais l’utiliser selon ses qualités. Le Breton Kieran Le Borgne (Armor-Lux – Le Finistère Assurance) mène la catégorie au dernier pointage vérifié.
Les classements mardi matin
En Ultim, Tom Laperche devance Armel Le Cléac’h et Thomas Coville (Sodebo Ultim 3). En IMOCA, Corentin Horeau précède Ambrogio Beccaria et Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance). En Ocean Fifty, Basile Bourgnon reste en tête devant Pierre Quiroga (WeWise) et Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy). En Vintage Multi, après le chavirage de Francis Joyon, Damien Seguin (Arkéa – Handicap International) mène devant Éric Péron (French Touch Oceans Club).
Les positions de toute la flotte sont mises à jour toutes les heures sur la cartographie officielle de la course (carto.routedurhum.com).
photo : Crédit- Pierre Bouras
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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