Le Pays Bigouden n’est pas épargné par le trafic de drogue et les règlements de comptes sur fond d’immigration extra-européenne. Comme en témoigne cette affaire ayant eu lieu à Plonéour-Lanvern en 2018.

Trafic de drogue et règlements de comptes à Plonéour-Lanvern

Oubliez le Pays Bigouden des cartes postales. Il est bien révolu le temps où ce coin de Bretagne pouvait se targuer de vivre « loin de tout », et surtout loin des problèmes urbains. Quant à ceux pensant que l’ouest breton ne connaîtrait jamais les déconvenues liées à l’immigration extra-européenne, ils en sont aussi pour leur frais avec cette affaire jugée à Quimper le 18 juin dernier devant le tribunal judiciaire.

Les faits remontent à l’été 2018. Dans la soirée du 18 juillet, un homme âgé de 34 ans se rend chez un couple d’amis à Plonéour-Lanvern. Des amis un peu particuliers car consommateurs d’héroïne. L’homme en question appelle alors son dealer, un certain Ayoub Hatim, surnommé « Big », pour se procurer le produit.

Mais ce dernier, une fois sur les lieux, est aussi investi d’une autre mission : récupérer les 150 € que doit le trentenaire au grossiste du dealer. Un fournisseur surnommé quant à lui « Yeux noirs », Amine Zehri à l’état civil…

La récupération de la somme va alors tournée au passage à tabac. D’une violence telle que la victime hospitalisée à l’hôpital de la Cavale-Blanche, à Brest, décédera deux jours plus tard.

Mehdi Bouamrane, Amine Zehri et Ayoub Hati condamnés

Par la suite, Ayoub Hatim sera interpellé à Pont-l’Abbé quelques jours plus tard, le 22 juillet 2018 au petit matin. Il reconnaîtra alors l’existence d’un trafic de stupéfiants dans le Pays Bigouden entre les mois de janvier et septembre 2018, où héroïne, résine de cannabis et cocaïne furent écoulées.

Devant le tribunal le 18 juin, seuls Ayoub Hatim et Mehdi Bouamrane (surnommé pour sa part « Boulette »…) sont présents. Ce dernier, âgé de 29 ans, arrêté après s’être enfui en Espagne avec de fausses cartes d’identité, avait, semble-t-il, le rôle le moins important dans le trafic parmi les trois individus en question. Toutefois, vingt personnes dont une quinzaine de toxicomanes ont tout de même témoigné contre lui, preuve de l’étendue du réseau. Quant à Amine Zehri, il est absent à l’audience et recherché par les autorités depuis le 24 juillet 2018. Il est suspecté d’être au Maroc.

Le procureur va alors requérir cinq ans d’emprisonnement et un mandat d’arrêt contre Amine Zehri, trois ans, dont un avec sursis et maintien en détention contre Mehdi Bouamrane, quatre ans et mandat de dépôt contre Ayoub Hatim. En définitive, Mehdi Bouamrane écopera d’un an de prison ferme avec maintien en détention, Ayoub Hatim de 18 mois ferme avec mandat de dépôt et Amine Zehri de trois ans ferme.

Enfin, Ayoub Hatim, toujours en détention provisoire, devrait être jugé aux assises du Finistère en 2021 pour « complicité d’extorsion avec violences ayant entraîné la mort ».

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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