Nantes. Furieux après Macron, les policiers manifestent… et ça s’entend

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« Deux heures devant la préfecture, deux heures devant l’hôtel de police, deux heures devant le tribunal, et on continue jusqu’à ce qu’ils comprennent ». Ce policier, arrivé avec une cinquantaine de ses collègues et une trentaine de voitures sérigraphiées toutes sirènes hurlantes, est quelque peu remonté. Depuis mardi, les policiers manifestent à Nantes et ça s’entend.

Après une action dans la nuit de mardi à mercredi derrière la préfecture, puis mercredi midi, puis mercredi soir devant les locaux de l’antenne régionale de France 3, puis jeudi devant le tribunal, puis jeudi de 23h15 à 23h30 derrière la préfecture à nouveau, ce vendredi, ils étaient de retour en ville puis derrière la Préfecture.

Bien que Macron ait annoncé un énième « Grenelle » sur la sécurité, ses propos sur les « contrôles au faciès » pratiqués selon lui par la police ne passent vraiment pas. Et cette fois, tant devant les policiers de la base que les syndicats – en 2018 la police nationale avait déjà connu de gros mouvements sociaux, impulsés depuis la base et par des organisations ou des collectifs nouveaux, comme l’UPNI (Union des policiers nationaux indépendants). Cette fois, les syndicats historiques (Alliance, SGP-FO) ont aussi rejoint le ras-le-bol total.

A Nantes, s’ajoutent des causes locales – notamment les quatre policiers et le gendarme blessés samedi dernier lors de la manifestation contre la précarité par un jet de cocktail Molotov « dont on ne connaît toujours pas la composition », s’inquiète un policier. Trois des blessés souffrent toujours de brûlures au 1er et 2nd degrés.

Ce samedi, beaucoup de policiers se feront porter pâle. « Notre hiérarchie nous a lâché, en manif on se prend des cocktails Molotov et des pavés énormes, mais on n’a pas le droit de riposter, le LBD il faut aussi qu’il soit rangé. Donc on nous donne le choix d’y aller pour se faire tabasser et tuer, c’est non », balaie un policier en tenue. « Samedi, on restera dans nos commissariats et ils verront si c’est mieux sans nous ». Il y a quatre manifestations « sauvages » interdites et une autorisée – contre le transfert du CHU – de l’Hôtel-Dieu à l’ARS sur l’ile de Nantes.

Parmi les sujets d’inquiétude, « le laxisme judiciaire. A Nantes, c’est complètement dingue [et pas que. Mais le laxisme judiciaire nantais est tout de même de très haut niveau, la preuve en exemple] on arrête tout le temps les mêmes types, et ils sont mineurs, et ils sont relâchés dans la demi-heure, ou ils sortent du tribunal libre. On a l’impression de travailler vraiment pour rien et que les juges se foutent de nous, ça commence vraiment à bien faire. Et en même temps Macron ne veut pas que les gens se fassent justice eux-mêmes, puisque la justice ne fait pas son travail, que les délinquants le savent et qu’ils viennent de partout à Nantes car il y a de l’argent à se faire ici et pas de justice ».

Mal écrite, la loi sur la sécurité globale – dont plusieurs dispositions controversées devaient améliorer la protection des policiers – est aussi sur la sellette ; elle sera très probablement vidée de son contenu. « Macron est maintenant entre le marteau et l’enclume. Soit il continue à défendre les dealers et les casseurs, et dans ce cas il se débrouille avec les protestations que ses lois entraînent, sans nous. Soit il nous protége », résume un policier. Ce qui ne manquerait pas de remettre des foules dans la rue, d’autant que la loi sécurité globale agrége d’autres protestations (conducteurs contre le racket routier, journalistes contre l’article 24 et le détricotage de la loi de 1881…).

Sirènes des policiers : l’extrême-gauche n’en peut plus

Une chose est sûre, les défenseurs de la « révolution permanente » n’en peuvent plus des manifestations des policiers, toutes sirènes hurlantes. « Depuis trois jours, de minuit à midi, partout dans le centre-ville, des colonnes de véhicules de police manifestent sirènes hurlantes, gyrophares allumés. Trois jours de grève sauvage non déclarée, de manifestations avec le matériel public, de rassemblements devant la Préfecture et le commissariat. Et un traitement médiatique plus que complaisant. Dans des articles de presse surréalistes, des agents radicalisés disent qu’ils protestent contre Macron, qui, selon eux, ne soutient pas assez les forces de l’ordre », enrage le collectif d’extrême-gauche Nantes Révoltée dans un communiqué. Il y a les bonnes et les mauvaises manifs…

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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5 Commentaires

  1. !?? Je ne pense pas etre le seul a vouloir m’exprimer surtout pour cette situation ! Ou sont les autres commentaires ??… Je mettrais mon vrai fond de pensee quand je verrais d’autres commentaires

  2. C’est bien que les gauchers n’en puissent plus pour une fois qu’ils se sentent laisés, les pôvres eux qui em……….. tout le monde. Et bravo les policiers, mais qu’ils n’assurent plus la sécurités à ce givré de micron, il n’aura que ce qu’il mérite et qu’il dégage au plus vite qu’il aille pleurer dans les jupons des soros bill gates et autres givrés de la même espèce la lie de l’humanité

  3. les policiers ont une autre façon de manifester leur mécontentement : qu’ils s’abstiennent d’emmerder les français quand on leur en donne l’ordre.
    depuis Hollande, les fonctionnaires qui reçoivent un ordre manifestement contraire aux droits de l’homme ne sont plus tenus d’y obéir ; hors les droits de l’homme comprennent le droit de circuler, de travailler, de pratiquer un culte… Les policiers devraient donc refuser de verbaliser les gens qui circulent paisiblement, même sans masque ni attestation, ou qui se rassemblent pour des activités paisibles dans des lieux de cultes, ou qui fréquentent, toujours paisiblement, des magasins non essentiels.
    En peu de temps, ils regagneraient la sympathie d’une majorité de Français.

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