Voitures brûlées à la Saint-Sylvestre : une fake news d’État ?

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D’après le bilan officiel du ministère de l’Intérieur, 861 voitures ont été immolées par le feu au Réveillon 2020/21 contre 1457 l’année d’avant. Une baisse spectaculaire de 41% qui cache de fortes disparités locales et semble surtout avoir été bien arrangée pour justifier à posteriori le couvre-feu.

Alors que la presse locale n’est guère plus bavarde que l’an dernier, et que manquent toujours à l’appel les chiffres d’ensembles urbains ou de territoires où les voitures brûlent beaucoup et en nombre – Grenoble, l’Ile de France, les agglomérations de Lille, Montpellier et Marseille, la vallée du Rhône (Avignon, Nimes, Valence), nous avons retracé plus de 530 voitures brûlées à travers les articles de la presse locale, soit 61% du bilan officiel.

Un résultat étonnamment haut – qui devrait encore être revu à la hausse puisque d’autres chiffres continuent de nous parvenir. Autre tendance cette année : l ‘incendie de voitures bourrées de mortiers d’artifice, avec explosion, ou de barricades de voitures derrière lesquelles les émeutiers canardent ensuite les forces de l’ordre et les pompiers avec des mortiers tirés à hauteur d’homme. Des scènes de guerre qui ont aussi eu lieu à Nantes, notamment à Malakoff.

Par ailleurs, si dans certains territoires les feux de joie ont été en repli – notamment dans l’agglomération de Strasbourg (une soixantaine contre 120 l’an dernier) ou en Ile-de-France et à Lille d’après la communication officielle, les arguments tout aussi officiels – couvre-feu, garage des véhicules dans des parkings sécurisés, enlèvement des épaves et policiers dispatchés dans les quartiers « sensibles »  comme l’a fait Strasbourg n’expliquent pas tout.

« Cette année les faits ont aussi été comptés entre 20 h le 31 et 6h du matin le 1er, alors qu’habituellement on commence en fin d’après-midi le 31 et jusqu’à midi le 1er », relève un policier en poste dans le Sud-Ouest français. Effectivement, certains commissariats sont habituellement tâtillons : une voiture découverte à 11h55 peut être comptée dans le bilan, une autre trouvée à 12h03, non. Autre technique habituelle : ne compter que les voitures d’où l’incendie est partie, pas celles qui ont brûlé « par propagation » ou celles à demi-brûlées, alors qu’elles sont toutes à l’état d’épaves.

D’autres faits ont été volontairement écartés. Par exemple, dans les Yvelines à l’ouest de Paris, le bilan officiel ne fait état que de six voitures brûlées. D’une, il ne concerne que les communes de la zone police, de deux il écarte l’incendie de 40 BMW à Chambourcy dans une concession. Elles ont pourtant été incendiées à 7h57, mais elles ont été exclues du bilan tout de même. Ce qui le fait passer de 46 à 6. Une paille.

Louis Moulin

Photo d’illustration : DR
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