Les femmes et le vin ? Quand une caricature enflamme la toile

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La publication, dans la revue En Magnum, d’une caricature d’une jeune agente proposant des faveurs sexuelles à un caviste en échange d’un gros volume d’achat de vin a déclenché une vive polémique dans la vinosphère. En témoigne la réaction d’Antonin Iommi-Amunategui. Une réaction qui fait réagir à son tour notre chroniqueur Raphno. À déguster sans modération...

Le corps du délit…

La plume de certains auteurs partage les qualités immuables d’un vieil ami : vous la perdez de vue et quand vous la retrouvez quelques années plus tard, elle n’a pas changé, toujours la même constance dans l’art de la vindicte !

À L’époque Antonin Iommi-Amunategui jetait l’anathème sur la « bête immonde » honnie par tout le petit milieu bio-bienpensant : le réseau Nicolas, accusé de préempter tous les juteux emplacements des centres-villes et dépeint comme le prosélyte d’un bio factice à la solde des industriels du vin. Comme toujours avec ce contempteur aguerri, les causes qu’il enfourche se parent d’une sincère justesse, voire même d’une certaine noblesse, ce qui inclinerait presque à se ranger du côté de ses idées.

Mais avec un blogueur ultra-idéologisé en recherche de notoriété et d’auto-consécration dans le milieu de la gauchosphère pinardière, rien n’est innocent (bon elle est facile).

Les combats les plus purs finissent par s’assombrir dans l’outrance et la chasse aux sorcières. Antonin Iommi-Amunategui est en effet du genre à vous déclencher une tempête de sable au cœur d’une oasis pour vous démontrer que le désert gagne en aridité…

Aujourd’hui, la nouvelle posture du révolutionnaire en herbe est de venir à la rescousse des femmes en responsabilité dans le monde du vin, sujettes selon lui, aux incessantes attaques d’un vieux monde machiste libidineux.

Soit, il faut bien reconnaître que ce milieu notoirement masculin n’accueille pas à bras ouverts la gente féminine et que ces dernières, ont dû apprendre à louvoyer et à composer devant les vieux préjugés.

Mais en contrepoint, relevons tout de même que les femmes gagnent en reconnaissance et qu’une bonne partie se sont érigées en personnalités ultra-influentes dans ce milieu décrit comme si hostile.

L’heureuse percée des femmes dans le mondovino

On ne va pas égrener la liste des femmes de pouvoir dans le monde du vin, les exemples ne manquent pas à commencer par Caroline Frey à la tête de l’un des plus puissants négoces de la vallée du Rhône (maison Jaboulet), citons aussi Alexandra Marnier Lapostolle à l’origine de l’un des plus grands vins du monde : le Clos Apalta, mais encore ces filles héritières des plus grands domaines du Barolo et du Barbaresco : Bruna Giocosa, Elisa Scavino, Gaia Gaja, Marta Rinaldi.

Dans les rangs des critiques, l’autorité de Jancis Robinson, Master of Wine, a longtemps fait jeu égal avec celle de Robert Parker et même si l’équipe de la Revue du Vin de France reste encore largement masculine, les revues anglo-saxones : Decanter et The Wine Spectator, dotées d’une réelle audience internationale et à l’expertise bien plus solide, comptent un bon nombre de femmes journalistes.

Enfin si de vieilles casemates machistes résistent, nul doute qu’elles finiront comme partout dans le reste de la société par céder un jour …

Sexwine gate ?

Alors quand notre justicier pointe les agissements d’une camarilla de phallocrates s’employant à faire régner la terreur dans le mondovino, on se dit mince alors !! Que pasa ? des scandales en série couvaient dans les recoins des chais obscurs ? Et donc qu’il va nous sortir du lourd le gars ! Une sexwine gate retentissante quoi !

Eh bien non, Monsieur Amunategui s’en va du grenier à la cave pour une pauvre caricature à l’humour gras et au goût certes douteux, publiée dans la revue « En Magnum ».

Pour la faire vite, l’auteur pas très inspiré ce jour-là… croque une blonde pulpeuse, représentante en vin, qui joue de son charme et de ses avances aux fins de refourguer à un caviste en perdition ses palettes d’invendus…

L’indigence du dessin aurait voulu qu’il tombe dans les oubliettes de l’impéritie créative, mais une journaliste Sandrine Goeyvaerts, caviste/blogueuse militante féministe radicalisée à l’excès, va se récrier avec force indignation, puis dans la foulée, tout le petit landernau du vin s’en est allé de son commentaire outré.

L’effet flamby/Streisand !

Devant ce flot de répréhension, il revenait au sieur Amunategui toujours en première ligne dans les causes d’avant-garde, de renchérir, au risque de déclencher le fameux effet « Streisand » menaçant de donner une improbable postérité à un dessin qu’il aurait sans doute voulu voir disparaître.

Quoique… trop content de se draper dans les habits du chevalier blanc et de policer par la même occasion son image du parfait progressiste qui coche toutes les cases (antifa, écologiste, féministe), le blogueur a choisi de faire éclabousser le scandale des « vieux mâles blancs » du vin.

Tant pis si la médiocrité de la caricature ne fournit que peu de grains à moudre pour donner de l’écho à la dénonciation.

En grand professionnel de l’indignation, AIA va se contenter de faire état de la véhémence des réactions de défense du milieu machiste incriminé. C’est à ce moment que le papier sombre dans un obscur délayage, en tentant de nous expliquer de quelle manière Sandrine Goeyvaerts et Ophélie Neiman ont été intimidées par une meute de birbes proférant leurs menaces.

Or à la lecture de sa diatribe, on devine très vite que les allégations du rapporteur à quatre chandelles s’appuient sur des éléments de preuve plutôt minces : Seulement des posts fielleux qui auraient d’ailleurs, depuis lors, été effacés…

Et puis pas de chance : les « victimes » de l’odieux harcèlement décideront finalement de ne pas porter plainte, c’est dire que l’accusation est grave…

De quoi faire dégonfler un peu trop vite l’affaire « En Magnum » ! En conséquence Iommi (un peu de privautés avec quelqu’un qui en use beaucoup) doit se contenter de collationner les insultes des persifleurs ayant montré une agressivité déplacée face aux accusations dont ils ont fait l’objet.

Il veut nous faire le coup du Me Too et déglinguer la revue « En Magnum »

Le chantier est ainsi ouvert pour le héraut du Me Too du vin, déterminé à pourfendre les infâmes figures misogynes de ce monde du vin trop valétudinaire à son goût. Tous les coups sont permis et rien ne vaut une bonne vieille méthode qui a fait ses preuves : jeter le discrédit pour mieux couper les mannes.

Répandre le scandale ne suffit pas, il s’agit aussi d’intimider les bailleurs de fonds en leur faisant comprendre que l’affaire est grave et qu’ils pourraient bien se voir mêler indirectement aux turpitudes d’une revue mise à l’index par la bien-pensance.

Espérant sans doute déclencher l’effet « Décathlon » de Cnews, Amunategui se gargarise d’avoir pris l’attache avec les principaux pourvoyeurs de fonds affichant leurs publicités aux côtes d’une ignoble caricature, coupables selon lui d’une caution par mutisme.

Désigner l’ennemi

Dans l’art de décrédibiliser ses adversaires le blogueur est allé à la bonne école : celle de son comparse Jonathan Nossiter, le réalisateur de Mondovino, passé maître dans la diabolisation manichéenne peu objective.

Mais si souvenez-vous… Dans son film Mondovino, Nossiter se faisait fort d’opposer le cynique œnologue Michel Rolland, tripatouilleur de vin aux saveurs parkérisées, à la sagesse empirique du vieux patriarche de Bourgogne : Hubert de Montille.

Un parti pris qui ne permettait pas au profane de comprendre que Michel Rolland réduit dès lors à un rôle de chimiste, se définissait tout de même comme un brillant connaisseur du terroir et qu’à l’opposé Hubert de Montille idéalisé sous les traits d’un vieux paysan bourguignon, n’a lui jamais lésiné sur la chaptalisation de ses volnays ….

Eh bien il se trouve qu’Antonin Iommi-Amunategui tire les mêmes ficelles de la caricature, avec une volonté manifeste de noircir une concurrence qu’il n’a jamais supporté de voir sur l’Olympe.

Michel Bettane et Thierry Desseauve has been ?

Michel Bettane et Thierry Desseauve les éditeurs de la revue sont désignés comme les incarnations de ces vieux « has-been » du vin, ayant loupé tous les virages que lui, a su parfaitement négocier : Le vin naturel, la féminisation du vin, l’horizontalité d’internet (son expression) ….

D’une grande modestie, le Torquemada de la nouvelle garde du vin, a pris le couteau de Brutus pour tuer le père. Toutefois, faut-il préciser afin de mieux replacer l’envergure intellectuelle du personnage que : sorti de son ghetto naturopathe, l’auteur du petit livre rouge de la révolution pinardière nature aux relents kolkhoziens, n’est pas en mesure d’occuper le terrain de ces deux monstres d’érudition (qu’on les aime ou non).

Voici le genre de philistin qui prétend jouer les figures d’autorité, tout en se retranchant dans une lecture exclusivement sociale et politisée du vin (certes intéressante pendant 5 minutes), et qui élude avec forfanterie toute l’étendue et la complexité de son savoir universel et multidisciplinaire.

À l’évidence, celui qui vient chercher querelle aux tenants de « la vieille école » ne possède pas une once de leur culture et attaque en conséquence toujours sur les côtés. À vouloir enfermer le vin dans une dialectique obsessionnelle, confrontant de manière réductrice et arbitraire les bons vins natures à ceux qui ne le sont pas, AIA effleure à peine 1 % des problématiques du vin, et balaye d’un revers de main ses racines fondamentales ancrées dans l’histoire et la géographie.

Résumons : le déni de légitimité lancé par AIA à l’encontre de Bettane et Desseauve pourrait soutenir l’impudence d’un quidam ignare en solfège, surpris à critiquer le professionnalisme d’un chef d’orchestre comme Herbert Von Karajan.

Oui ça s’appelle un imposteur, de surcroît adoubé par la petite élite intellectuelle du milieu parisien qu’il conspue, mais consolation, lui aussi sera un jour ravalé au rang de « vieux mâle blanc » par un progressiste plus enragé que lui, c’est juste une question de temps…

Raphno

Crédit photo : DR
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