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Alors qu’un sondage Odoxa-Le Télégramme donne la liste Nous la Bretagne de Thierry Burlot, investit par LREM, en tête au soir du 1er tour des élections régionales, devant Isabelle Le Callennec, Loig Chesnais-Girard et le Rassemblement national, nous l’avons interrogé, pour connaitre ses propositions de campagne, mais également sa vision de la Bretagne de demain.

Entretien avec Thierry Burlot.

Breizh-info.com : Comment se déroule votre campagne depuis l’annonce de votre liste en Bretagne, dans un contexte sanitaire restrictif et compliqué ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : J’ai décidé de faire campagne d’abord en rencontrant les hommes et les femmes dans leurs territoires. C’est pour cela que j’ai pris l’initiative de prendre un bus aux couleurs de Nous la Bretagne qui roule au biocarburant pour pouvoir rencontrer ces personnes, dans des conditions sanitaires strictes. Sans café, restaurant ouvert, à l’heure où les salles municipales ne sont pas forcément ouvertes, c’était la garantie de ne pas réduire la démocratie aux votes, mais bien d’abord au dialogue et à l’échange. J’ai strictement respecté le confinement en interrompant le Breizh Tour pendant trois semaines, puis en redémarrant désormais.

Breizh-info.com : Quel bilan tirez-vous de la mandature précédente ? La majorité n’a-t-elle pas manqué un peu de transparence, l’opposition lui reprochant des votes décidés à l’avance et des dossiers peu dévoilés ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : Les oppositions s’opposent et les majorités votent, la plupart du temps de façon unanime. C’est une pratique assez commune. Pour autant, il y a forcément quelque déception sur le fonctionnement démocratique de l’Assemblée régionale. On y vote, avec parfois de longues digressions qui tiennent plus de positions convenues, voire d’un jeu de rôle. Nous pouvons progresser, dans le travail en commissions, par la publicité de nos débats, en laissant plus de places aux expressions de fond, tout particulièrement des élus des autres collectivités, des acteurs de la société civile, au CESER, mais aussi aux conseils de développement, aux autres instances consultatives, singulièrement celles initiées par la Région. Une Assemblée qui fonctionne doit beaucoup plus se préoccuper des droits de l’opposition et de ce qui se passe en dehors de son hémicycle. Il y a de belles marges de progrès.

Breizh-info.com : Il est difficile de savoir quelles associations ont été financées et surtout pour quelles raisons durant cette mandature. L’argent public ne doit-il pas être mieux contrôlé ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : La Région est transparente pour ses élus. Elle a fortement progressé sur l’Open Data et sont accessibles toutes les subventions versées. L’essentiel des subventions sont votées lors des Commissions Permanentes où sont présents majorité et oppositions et tous les élus peuvent évidemment interroger sur toutes les délibérations. Il n’y a aucun doute que l’argent public soit contrôlé et même très contrôlé. Les subventions sont connues, doiventelles être connues de tous et faire l’objet de commentaires, sans avoir le fond du dossier. Cela se discute.

Breizh-info.com : Si demain, vous remportez l’élection, quelles seront les principales mesures que vous entendez mettre en place à la Région Bretagne ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) :

Trois sujets majeurs : le rebond breton, les transitions et les solidarités.

Le rebond : nous vivons une période singulière. Nous redécouvrons, ce que savaient nos ancêtres qui connurent guerres, famines, maladies. Nous ne sommes pas immortels. La nature n’est pas domestiquée et la croissance économique n’est pas la seule boussole. Cette pandémie nous fait redécouvrir notre fragilité collective mais aussi nos atouts. Des hommes et des femmes qui nous nourrissent, des hommes et des femmes qui nous soignent, qui nous protègent, qui construisent, enseignent sont, trop souvent, mal payés. Certains auront tiré leur épingle du jeu pendant cette crise. D’autres risquent de tout perdre. La priorité doit être à la reconstruction, au rebond, mais aussi aux changements. Le télétravail, la formation à distance, mais aussi celles et ceux qui doivent continuer d’agir pour que notre société vive et qui ne peuvent être reconnus que par des applaudissements. Nous devons réfléchir à nos priorités, en Bretagne et tout faire pour que l’emploi soit préservé, développé et singulièrement celui des jeunes, des employés, des ouvriers. Le modèle de développement des métropoles à base de métiers de service mondialisés, est séduisant, mais il ne nourrit pas, ne soigne pas, n’accueille pas. Imaginer le rebond breton, c’est cultiver nos atouts, c’est changer en ayant toujours à cœur le plein emploi.

Les transitions : mot quelque peu barbare et qui peut même inquiéter. La transition ce n’est pas du Desproges, ce n’est pas « vivons heureux en attendant la mort ». Notre modèle de surconsommation de des terres agricoles, de destruction de la biodiversité, de création de richesses par destruction de biens et de personnes est épuisant et même épuisé. Nous devons préparer l’avenir et pas pour nous, mais nos enfants, petits-enfants et au-delà. La Bretagne a su améliorer la qualité de ses eaux, elle doit savoir sauver sa biodiversité et ne pas sacrifier des hommes et des femmes en les rétrogradant dans l’échelle des espèces. Nous sommes écologistes de solutions, environnementalistes de convictions, mais aussi humanistes. La Bretagne ne peut plus produire dans la seule reproduction de ce qu’elle a fait. Mais la Bretagne ne peut pas ne pas produire. Par le dialogue, par la concertation, par le soutien aux initiatives, privées comme publiques, associatives comme individuelles, nous devons trouver un nouveau chemin avec « l’optimisme de la volonté » et pas en cultivant indéfiniment « le pessimisme de l’intelligence ». La Bretagne peut, doit et va réussir. Ensemble !

Les solidarités : Un président du Conseil régional seul ne peut rien. Et bien fou celui qui le croirait. La force de la Bretagne, sa richesse, ce sont ses hommes et ses femmes et ses paysages. La Région ce ne sont pas des élus, ni même des fonctionnaires, pourtant investis et remarquables. La force de la Bretagne c’est quand Chambres d’agriculture et Eaux et Rivières travaillent ensemble, c’est quand Diwan et Rectorat trouvent les voies et moyens d’avancer, c’est quand le mouvement associatif de Bretagne, Produit en Bretagne proposent des politiques publiques. C’est quand l’ARIC ou les Engagées.Bzh travaillent à favoriser l’engagement des élus. Le travail collectif et solidaire doit être la méthode. Les solidarités, c’est cesser de considérer que les richesses se créent à Rennes, Vitré ou Liffré seulement et qu’elles pourraient ensuite ruisseler vers l’Ouest. Carhaix, Lannion, Redon, Lorient sont capitales pour la Bretagne et il est des territoires où l’herbe pousse toute seule et il n’est pas nécessaire de les arroser toujours plus. Les solidarités c’est de se refuser d’opposer villes et campagnes, boomers et jeunes, chasseurs, pêcheurs et défenseurs de la nature. Les partis sont toujours en retard sur les idées, les solidarités qui s’inventent ici et là. La Bretagne ne doit pas être affaire de partis ou de clans, mais doit être le commun réceptacle des initiatives des unes et des autres pour rendre la Bretagne plus solidaire.

Breizh-info.com : Les divisions à gauche au premier tour ne risquent-elles pas de faire gagner la droite finalement ? Et même le RN ? La question majeure pour des élections régionales n’est pas gauche ou droite, mais quel projet, quels acteurs, quelle méthode ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : Je suis un homme de gauche, depuis toujours. Et je suis encore plus breton, et même français et européen. Ma seule préoccupation, c’est la Bretagne et pas de faire le troisième tour des municipales, le premier tour des présidentielles et de placer la question de la gauche, au-dessus de tout. La gauche cultive les divisions, la droite se radicalise, je suis assez heureux de rassembler des hommes et des femmes de toutes tendances pour porter un projet régional. J’ai un adversaire : la désespérance. C’est un sentiment d’abandon, de déclassement, une crainte quant à l’avenir, pour soi ou pour les siens. Le RN en a fait métier, d’autres aujourd’hui, différemment y participent, en stigmatisant, opposant, en cultivant les oukases. La Bretagne est belle unie, réunie, assemblée, rassemblée. Ne rien céder aux marchands de peur !

Breizh-info.com : Quelle position prendrez-vous, concrètement, sur la réunification de la Bretagne ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : Je suis pour la réunification si les habitants de la Loire-Atlantique la souhaite. On pourrait presque appeler cela de l’auto-détermination. Je suis pour que ce sujet soit traité avec méthode et constance et pas seulement par des vœux, plus ou moins pieux, qui se démultiplient singulièrement au moment des élections et sont suivis de grandes périodes de silence et d’inaction ensuite. Je suis pour une consultation organisée sur le seul ressort de la Loire-Atlantique pour commencer. Cela devrait naturellement être à l’initiative des élus territoriaux de Loire-Atlantique et pas « imposer » par Paris. En Corse, en Alsace, a été démontré que « quand il y a une volonté, il y a un chemin. » Et je crois nécessaire que cette consultation soit précédée de débats citoyens, de conférences de consensus, et président de Région j’y apporterai mon concours. Et si la réponse est positive à cette « envie de Bretagne », alors il conviendra que toutes les collectivités concernées se positionnent, réfléchissent aux évolutions territoriales que cela induirait. Mais pas la peine de tout prévoir ou préparer, si on n’a pas répondu en Loire-Atlantique à cette première question.

Breizh-info.com : Sur la question des éoliennes en Bretagne, en mer comme sur terre ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : Nous sommes une région périphérique donc potentiellement plus fragile que d’autres sur la distribution d’énergie. De plus nous sommes une Région très peu autonome en matière d’énergie. Je suis donc favorable à tout ce qui contribuera à nous rendre moins dépendant. Mais pas à n’importe quel prix. Être pour les transitions, c’est préférer les énergies dites renouvelables. Nous avons un potentiel extraordinaire en Bretagne, cela doit être mis en œuvre résolument, et en respectant toutes et tous. On doit prévoir les compensations, on doit conduire les études d’impact, de tous les impacts, mais cela ne peut pas être une prime à l’inaction ou à l’immobilisme. Treize ans pour sortir des éoliennes en mer et l’accord du début devient le désaccord à la fin. Et dans les faits on parle plus de la crise de la pêche que réellement des éoliennes. Après le Brexit, après le Covid, après un bouleversement total de ce qui faisait la pêche ces vingt dernières années, je comprends les inquiétudes des professionnels de la mer. Je ne crois pas que ce soit seulement contre les éoliennes. Et quant à celles et ceux qui seraient contre les éoliennes terrestres, je les invite à habiter à l’ombre d’une centrale nucléaire ou à charbon. Nous avons besoin d’énergie, nous pouvons mieux la consommer, mais nous ne pouvons pas durablement être dans la totale dépendance d’apports extérieurs

Breizh-info.com : Sur la question de la refonte du modèle agricole et industriel breton ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : Y’a-t-il un métier qui a autant changé ces cinquante dernières années ? Y’a-t-il un métier qui a autant apporté à la Bretagne dans ce même demi-siècle ? Je suis fier et reconnaissant de nos agricultures bretonnes. Doivent-elles encore évoluer ? Oui et elles y sont prêtes, comme elles n’ont cessé de le faire. Est-ce à un parti politique seul de déterminer comment ? Sûrement pas ! Il faut cesser les caricatures, les oppositions stériles et mettre les acteurs autour de la table et trouver ensemble des solutions. Voyons ce que la ferme Bretagne apporte, voyons aussi ses impacts négatifs et travaillons ensemble à les atténuer et à les faire disparaître. Mais je ne serai pas le Président de Région « yakafokon » ou avec Sartre dans Huis-clos prêt à penser que « l’enfer c’est les autres ».

Breizh-info.com : Sur la question des langues de Bretagne ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : Je confirme être tout autant agacé par l’attitude de quelques députés qui minoritaires dans l’hémicycle semblent vouloir procéder à une forme de « revanche » juridique en déferrant au Conseil Constitutionnel le texte de la PPL sur la protection patrimoniale et la promotion des langues régionales, dite PPL Molac, du nom du député et collègue au Conseil régional, Paul Molac. Je sais le rôle crucial qu’a eu Diwan pour l’élaboration de ce texte sur la partie patrimoniale et l’apport du Sénat sur la partie promotion et singulièrement sur le financement par les communes du forfait scolaire. Les députés de la majorité, conduits par Yannick Kerlogot, le député du Pays de Guingamp, avaient permis l’inscription d’un forfait volontaire, avec arbitrage par le Préfet en cas de désaccord entre commune de résidence et commune d’accueil. Force est de constater que ce dispositif n’a pas marché, en tous les cas n’a pas produit les effets financiers escomptés par Diwan notamment. Il est tout à fait regrettable que des maires bretons, sous prétexte de vouloir sauver leur école, ne veuillent pas soutenir l’enseignement des langues de Bretagne dans une autre commune. Et il est tout compte fait assez désagréable qu’il faille passer par une loi pour que cette possibilité devienne une obligation. Je tiens à saluer la mobilisation de tous les députés bretons, mais aussi occitans, corses, etc. qui ont permis que cette PPL soit adoptée. Portée par le seul député Molac, elle aurait été assez classiquement rejetée. Il a donc fallu une mobilisation forte de députés de la majorité, assez probablement encouragés par le député et conseiller régional Richard Ferrand pour que ce texte puisse être adopté. Vous le savez d’autres députés ont interpeller le Conseil constitutionnel sur le seul aspect de l’obligation de paiement du forfait et non pas sur toute la Proposition de Loi. Voyons la décision du Conseil constitutionnel, le pire n’est jamais sûr. N’importe quel maire aurait pu poser une Question Prioritaire de Constitutionnalité sur cette loi et à tout moment. Plus globalement durant cette campagne des élections régionales et singulièrement si Nous l Bretagne l’emportait, je proposerai la réflexion et la création d’un Service Public Educatif des Langues Régionales, par expérimentation avec l’Etat et conformément au projet de Diwan, très bien rappelé par son ancien président Andrew Lincoln, dans une tribune récente dans le Télégramme. Il est temps de sortir du bricolage financier qui est imposé à Diwan depuis de trop longues années et que toutes les collectivités bretonnes contribuent au financement, aux côtés de l’Etat, au développement de l’enseignement. Le conseil départemental du Finistère l’a initié, le conseil régional a suivi, mais trop de mairies encore s’exonèrent de cette responsabilité collective. Et je sais les difficultés annuelles de Diwan, dépendant pour beaucoup des contrats aidés et de la toujours très forte mobilisation des parents. Parler de bricolage n’est nullement un reproche. Mais il faut à un moment donner des moyens stables pour défendre une langue et l’on voit que l’on ne peut pas tout attendre de l’Etat, en la matière. Je doublerai le budget consacré aux langues régionales dès la première année de mon mandat.

Breizh-info.com : La question de la spéculation immobilière sur les Côtes bretonnes préoccupe également à l’heure actuelle. Que pensez-vous de l’idée de créer un statut de résident qui donne priorité immobilière à ceux qui vivent en Bretagne ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : L’idée peut être séduisante car simple, mais elle est probablement inconstitutionnelle, même si une Constitution a vocation à évoluer. Le vrai sujet est l’arrivée de nouvelles populations et c’est une bonne nouvelle. Le risque assez avéré qu’il y ait de fortes tensions sur le littoral voire dans certaines grandes villes et que l’on assiste à une flambée immobilière. Je sais que des villes pour accueillir ont aussi besoin que des salariés qui contribuent à son attractivité puissent y vivre et y travailler. C’est un sujet majeur pour la prochaine décennie et il faut que ce soit un travail collectif de tous les élus bretons. Le modèle qui consisterait à laisser flamber les prix ici et à reléguer les bas salaires ailleurs et en leur laissant seuls assumer le coût croissant de leurs déplacements domicile-travail est à proscrire. Et les Schémas de cohérence territoriale qui imposent aux communes les plus rurales les mêmes coefficient de densification, ou presque, que les cœurs de ville sont ineptes. C’est un chantier colossal, des outils existent et ils ne sont pas simples à mobiliser, commune par commune, ni même EPCI par EPCI. Nous allons avoir à travailler ensemble très fortement cette question.

Breizh-info.com : Sur la question de l’accueil des migrants, c’est essentiellement les départements qui gèrent ces questions. Mais que comptez vous faire alors que l’Etat semble vouloir en imposer beaucoup plus à la Bretagne ? A force de s’ouvrir, la région Bretagne ne risque-t-elle pas de subir les mêmes maux que ceux qui existent depuis 20-30 ans en France et qui provoquent des crispations de plus en plus fortes ? 

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : L’Etat n’impose pas l’accueil de migrants, mais une meilleure répartition territoriale des demandeurs d’asile. Quant aux maux évoqués, je veux aussi rappeler que les Bretonnes et Bretons furent probablement celles et ceux qui furent les plus migrants il y a quelques décennies, pour des raisons économiques notamment, mais aussi par goût de l’aventure. « Etonnants voyageurs » que nous sommes ! Je ne vois pas comment durablement les denrées, les productions pourraient traverser le monde librement et les personnes restées cantonnées derrière des frontières immuables. Je ne crois pas non plus que la peur de l’autre soit une option. Je reste rocardien ! « Nous n’avons pas vocation à accueillir toute la misère du monde, mais nous devons prendre notre part » Et la Bretagne va vieillir dans les prochaines décennies, les tensions se font jour dans un certain nombre de secteurs d’activités. Je veux croire au développement de la Bretagne y compris en accueillant. « On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer » avait écrit Xavier Grall. Sans crispation !

Breizh-info.com : Quels sont vos prochains rendez-vous en Bretagne avant ces élections ? Où allez-vous aller à la rencontre de la population ?

Thierry Burlot (Nous la Bretagne) : 21 pays Bretons et aussi nos îles du Ponant, traverser la Bretagne pour démultiplier les rencontres avec les Bretonnes et les Bretons, leurs élus, leurs responsables associatifs ou économiques. Visiter des entreprises où des salariés sont en lutte pour leurs emplois. Rencontrer des agriculteurs, des défenseurs de l’environnement, des pêcheurs, des chasseurs, des urbains, des ruraux, des patrons comme des retraités. Et ce six jours sur sept. Une élection, c’est une rencontre entre une équipe et une région, entre des gens qui s’engagent à assumer un mandat et des concitoyens qui ont parfois des questions, voire même des doutes, mais aussi des propositions et des convictions. Cela se clôt par un vote et des résultats. Ce qui m’importe c’est de rassembler, de proposer et de convaincre et cela ne se passe pas d’abord par les plateaux télé, les réseaux sociaux ou les colonnes des journaux. Ce sont des rencontres et c’est passionnant.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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6 Commentaires

  1. « L’Etat n’impose pas l’accueil de migrants, mais une meilleure répartition territoriale des demandeurs d’asile. » Décidément, la langue de bois a la vie dure, et malgré ses prétentions, LREM la pratique aussi bien que les autres !
    Il est vrai que les Bretons ont émigré en masse de la Grande-Bretagne vers la petite, voici une quinzaine de siècles. Nous savons mieux que quiconque qu’il est possible de s’emparer d’un territoire simplement en s’y installant en nombre. Nous l’avons fait et nous n’avons pas du tout envie que ça nous arrive à notre tour !
    Au fait, ce monsieur qui veut que nous en « prenions notre part », il la chiffre à combien, cette part ? Mille migrants ? Un million ? On aimerait savoir — mais le sait-il lui-même ?

  2. Ce monsieur semble oublier (mais m’a-t-il jamais su ?) que la Bretagne est un pays qui fut longtemps indépendant et qui fut, même au regard du droit international de l’époque, dépouillé illegalement de cette indépendance par le pays voisin. Voilà l’idée qu’un Breton, un vrai, doit avoir à l’esprit avant toute discussion quel qu’en soit le sujet.

    Parle-t-on de la réunification ? C’est tout simple: qu’on restitue à la Bretagne les frontières qui étaient les siennes avant les « entourloupes » de François 1er.

    Parle-t-on des migrants ? C’est aux Bretons et eux seuls de décider.

    Comparer l’arrivée en Armorique des Bretons venant de Grande-Bretagne avec celle des actuels migrants est une malhonnêteté intellectuelle. Les premiers ont travaillé, défriché, construit, versé leur sang pour ce pays, et cela au cours de nombreux siècles. Les seconds débarquent et …se mettent les pieds sous la table. Avoir du coeur, c’est bien, mais il faut savoir raison garder.

  3. Il s’engage à doubler l’enveloppe de la langue bretonne pour se mettre les « régionalistes » dans la poche, aidé en cela par le renégat Lincoln, socialiste ancien président de Diwan qui voulait (dés)intégrer Diwan dans l’Ed. Nationale. On n’est pas sortis de l’auberge au lieu de suivre l’exemple corse, alsacien, catalan et écossais !

  4. La receltisassions de l’Armorique par des populations voisines et originellement identiques, tant ethniquement que culturellement, est plus à considérer comme un retour aux sources originelles que comme un effacement et un remplacement.
    Ce M. Thierry Burlot (Nous la Bretagne) est un bien triste sieur qui dit n’importe quoi et qui œuvre non pour le bien de la Bretagne mais pour sa disparition culturelle et ethnique.

  5. Au sujet de la flambée immobilière, il dit : « c’est un chantier colossal, des outils existent et ils ne sont pas simples à mobiliser ». Mais alors pourquoi exclure le Statut de Résident qui immédiatement allègerait les difficultés de milliers de couples ? Il se dit de gauche mais il roule surtout pour les possédants !

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