Législatives en Loire-Atlantique : règlement de comptes autour de la réinvestiture d’Anne-France Brunet (LREM)

Dans la troisième circonscription de Loire-Atlantique (Nantes-ouest, Saint-Herblain, Cordemais), la réinvestiture de la députée sortante, Anne-France Brunet, candidate à sa succession, par LREM, passe mal. Une ancienne collaboratrice, Camille Jaffrelo, l’accuse de maltraitance et a porté plainte ce 3 mai.

Cette dernière décrit du « harcèlement et des humiliations », ainsi qu’une agression le jour de sa fin de CDD, le 31 juillet 2018, qui a donné lieu à une main courante, mais pas de plainte, à Saint-Herblain, alors. Elle justifie son silence d’alors par la peur de « répercussions politiques ».

Une justification qui laisse songeur dans les rangs d’En Marche en Loire-Atlantique, pourtant habitués aux psychodrames et à la valse des responsables. « En réalité, c’est sa parole contre celle de la députée », constate un vieux routier d’En Marche en Loire-Atlantique. « Mais cela ne l’a pas empêché alors d’être responsable des jeunes avec En Marche, de tenter une candidature à Saint-Herblain aux municipales en 2020 – elle n’a pas été investie et a du se retirer, puis d’être investie aux départementales – où elle s’est plantée – en 2021 à Orvault », rappelle-t-il.

La députée sortante de son côté affirme dans les colonnes d’Ouest-France : « c’est de la diffamation et de la calomnie. Que cette personne fasse du cinéma, qu’elle ait mal vécu cette fin de contrat, c’est une chose, mais moi je suis très tranquille dans cette histoire ».

Pour une autre militante sur la troisième circonscription, « que cette affaire sorte maintenant ne tient absolument pas du hasard. Camille Jaffrelo était jeune et avait beaucoup, peut-être trop, d’ambition, mais elle n’était pas la seule et n’a pas su manoeuvrer – bref elle s’est grillée. Aujourd’hui, elle n’est plus rien chez LREM et elle règle ses comptes ». Quant à la députée, « elle a été réinvestie pour sa fidélité, mais à Paris on pense que cette circonscription peut être perdue au profit de NUPES, donc puisqu’elle est volontaire pour aller au casse-pipes, elle a été réinvestie », l’alliance de gauche autour de La France Insoumise.

Quatrième circonscription : la réinvestiture d’Aude Amadou contestée aussi

Plus anecdotique, dans la 4e circonscription (Nantes sud, Saint-Sébastien, Bouguenais, Rezé), elle aussi guignée par NUPES du fait des scores largement au-dessus des moyennes nationales de Mélenchon (30%) et Jadot (9%) au premier tour, la réinvestiture de la députée sortante Aude Amadou fait l’objet là encore de contestations.

Claudine Ciglia, adjointe LREM de Saint-Sébastien sur Loire, se serait bien vue à sa place – et son maire, Laurent Turquois, a sorti l’artillerie lourde contre la députée dans les colonnes d’Ouest-France : « c’est une prime à la médiocrité. On donne un blanc-seing à quelqu’un qui n’a rien fait, absente du terrain ». Il « ne souhaite pas qu’elle soit réélue ». Saint-Sébastien, qui compte une équipe de militants LREM bien implantée, est aussi la seule commune importante de la circonscription où Macron a nettement dépassé Mélenchon au premier tour (34.6% contre 25.3%).

Louis Moulin

Crédit photo : wikipedia (cc)
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