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Brest accueille du 9 au 11 février le premier sommet international dédié à l’océan, le One Ocean Summit.
Organisé à l’initiative du gouvernement français, dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne, l’événement réunira pendant trois jours décideurs politiques, scientifiques et acteurs de la société civile du monde entier.
A cette occasion le WWF France, présent sur place, appelle ’Union Européenne à réglementer ses importations de crevettes sauvages tropicales, qui ont un impact considérable sur la survie des tortues marines.
« Les populations de tortues marines sont en diminution drastique, elles qui existent pourtant depuis plus de 150 millions d’années. Six des sept espèces existantes sont classées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’UICN » indiquent les responsables de l’ONG.
Filets de pêche: principale cause de mortalité
Tous les ans, partout dans le monde, des centaines de milliers de tortues marines sont capturées accidentellement et des dizaines de milliers meurent noyées dans des filets de pêches. Ces captures accidentelles représentent la principale menace pour les tortues marines à travers le monde. Le chalutage crevettier en zones tropicales est particulièrement néfaste pour ces espèces marines. En effet, cette technique, qui consiste à remorquer ou à pousser un filet dans l’eau, est dangereuse pour les tortues qui fréquentent les mêmes habitats que les crevettes.
Pourtant, ce problème pourrait être considérablement réduit (97% de captures accidentelles de tortues en moins) grâce à l’utilisation, par les pêcheries de crevettes tropicales, de TED (Turtle Excluder Device). Ce dispositif d’exclusion des tortues consiste en une grille s’insérant au milieu du chalut. L’espacement des barres est conçu de façon à ce que les crevettes les traversent mais pas les tortues marines ni les autres grands animaux marins, qui peuvent alors s’échapper grâce à une trappe d’évacuation. En 2010, à la demande des pêcheurs guyanais, le dispositif TED est devenu obligatoire pour les pêcheries de crevettes. Depuis, le WWF France et le CRPMEM (Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins) travaillent ensemble pour demander l’adoption d’une réglementation au niveau européen.
Conditionner les importations
Aujourd’hui, au moins 6 pays tropicaux exportent des crevettes vers l’UE sans utiliser de dispositif TED sur leurs chalutiers. A l’occasion du One Ocean Summit, le WWF France appelle la Commission européenne à annoncer des mesures concrètes pour protéger les tortues marines.
Selon Isabelle Autissier, présidente d’honneur du WWF France, « Quand on pêche des crevettes on attrape aussi des tortues qui en meurent. Pourtant il existe des moyens simples et efficaces pour inverser la tendance. D’ailleurs, une telle réglementation existe déjà aux Etats-Unis depuis 1989… C’est bien la preuve que c’est possible ! Le Congrès mondial de la Nature que nous avons accueilli à Marseille il y a quelques mois a demandé à l’UE de se doter d’une législation similaire. De nombreux États européens ont soutenu cette demande, notamment la France. La balle est maintenant dans le camp de la Commission européenne »
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