En Italie, l’immigration économique a de beaux jours devant elle

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En Italie, quand un préfet signe un accord avec une confédération d’entreprises dans l’optique de former des migrants bénéficiaires du droit d’asile pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre, la question de l’approbation (ou non) de l’immigration économique par la population italienne devrait être enfin clairement posée.

Immigration économique : l’Italie louvoie

Satisfaire les besoins de recrutement des entrepreneurs italiens tout en devant tenir la promesse de lutter contre l’immigration, telle est la délicate équation que doit résoudre le gouvernement de Giorgia Meloni depuis son entrée en fonction voilà un peu plus d’un an.

Or, la coalition « de droite » actuellement à la tête du pays doit composer avec une réalité, récemment portée à la connaissance de nos lecteurs : en Italie, près de quatre PME sur dix auraient déjà tenté de recruter des employés à l’étranger. Dont plus de la moitié dans des pays non membres de l’UE. Et ce, pour faire face à une pénurie chronique de personnel dans un pays où 69 % des PME déclaraient par ailleurs avoir des difficultés à trouver des employés. Une proportion largement supérieure à la moyenne européenne, évaluée quant à elle à 62 %.

En parallèle, le gouvernement de Giorgia Meloni concluait un accord à la fin du mois d’octobre avec la Tunisie pour accueillir 12 000 « travailleurs » migrants tunisiens sur trois ans, malgré la forte augmentation des arrivées de clandestins sur ses côtes en 2023.

« Sensibiliser » les entreprises à l’accueil des migrants ?

Cette immigration économique est même parfois directement approuvée par des représentants de l’État italien, comme ce fut le cas à la fin du mois de novembre à Venise, où le préfet de la ville et le responsable de la section régionale de la Vénétie de la Confédération générale de l’industrie italienne (organisation représentative des entreprises italiennes) ont signé une déclaration d’intention sur la question de l’intégration sociale et du placement des migrants.

Selon l’agence de presse italienne Ansa, il s’agirait pour la Confédération générale de l’industrie italienne en Vénétie de « sensibiliser les organisations industrielles de la région à la question de l’accueil des migrants ». Également dénommée « Confindustria », la confédération s’attacherait ainsi à « comprendre les meilleures pratiques en la matière et à les mettre en œuvre pour favoriser le placement et l’intégration sociale des personnes demandant une protection internationale ». Autrement dit, les migrants ayant vu leur demande d’asile acceptée.

Puis, dans un second temps, en collaboration avec la préfecture de Venise, la section régionale de la Confindustria aurait pour ambition de mettre en place « des activités de promotion » pour la participation des immigrés à des cours de formation « pour l’amélioration des compétences linguistiques ».

Proposer de la main-d’œuvre supplémentaire

D’autre part, la préfecture de Venise s’est donné pour mission de « sensibiliser » les migrants hébergés dans les structures d’accueil du gouvernement italien aux programmes de formation disponibles.

Enfin, ces formations destinées aux migrants extra-européens arrivés en Italie n’ont pas vocation à améliorer les compétences de ces derniers dans le but d’un retour rapide dans leur pays d’origine mais bien de proposer une main-d’œuvre supplémentaire aux entrepreneurs italiens.

À ce titre, le préfet de Venise Michele Di Baria a fait part de sa volonté de favoriser « un échange d’informations entre les entreprises du secteur industriel de la Vénétie et les préfets sur les meilleures pratiques en matière d’intégration des migrants ».

Immigration économique

Le préfet de Venise Michele Di Baria. source : nuovavenezia.gelocal.it

De son côté, la section régionale de Vénétie de la Confindustria a souligné que l’Italie était « confrontée à deux défis importants : le défi de l’immigration et la difficulté pour les entreprises de trouver de la main-d’œuvre et des compétences ».

Si la préfecture et la confédération industrielle semblent avoir trouvé la réponse à ces deux défis en s’engouffrant dans la brèche de l’immigration économique, reste à savoir ce que pense le peuple italien de cette solution. Contre laquelle il avait pourtant voté à l’automne 2022…

Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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3 réponses à “En Italie, l’immigration économique a de beaux jours devant elle”

  1. Bran ruz dit :

    J’aimerais connaître les niveaux de salaires proposés , Je crains en effet , que l’arrivée de ces personnes favorisent allègrement une large chute des salaires au profit des marges des entreprises concernées. Et favoriser l’intra-européen me semble aujourd’hui vitale pour préserver notre civilisation.

  2. Le Celte dit :

    Quelles entreprises ?
    Celles qui sont là propriété de la mafia ?
    En France il y a un adhérent du Medef un responsable de ce syndicat patronal est impliqué dans une affaire d’emploi d’employés Bulgares.

  3. patphil dit :

    comme en france ils combattent l’inflation avec des salaires de misère

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