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Annonçant la prochaine interdiction du voile intégral (burqa et niqab) dans les écoles italiennes ainsi qu’un plafond strict au nombre d’élèves étrangers par classe Giorgia Meloni a reçu une véritable standing ovation. Et pourtant…
Le grand remplacement dans les écoles italiennes
Lors du dernier rassemblement de la jeunesse de son parti, Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni a réaffirmé sa fermeté identitaire en annonçant un décret visant à interdire le voile intégral dans les établissements scolaires et à instaurer un plafond d’élèves étrangers par classe. La présidente du Conseil s’est appuyée sur les récentes polémiques qui secouent la péninsule autour de classes où les élèves italiens se retrouvent en nette minorité. Ces situations ont été largement médiatisées, notamment dans des écoles primaires de Mestre, près de Venise — où sur 61 inscrits, un seul est d’origine italienne, tandis qu’une école maternelle locale ne compte que deux Italiens sur 102 élèves —, à Montfalcone où des classes sont composées à 90 % d’élèves d’origine étrangère, ou encore à Bologne. Dans cette ville, l’enseignante Francesca La Ganga, visiblement satisfaite de cette mixité, confiait ainsi au quotidien La Repubblica :
« C’est vrai, nous avons beaucoup d’élèves étrangers : dans ma classe de CM2, ils le sont tous, sauf un. Mais ce sont tous mes enfants, italiens et égaux. Dans notre école, ils viennent de 28 pays différents, 9 dans ma classe. Des enfants dont les parents viennent du Nigeria et des Philippines, du Bangladesh ou du Maroc. Mais quand nous étudions les anciens Romains, ils sont tous très fiers : « Vous avez vu, maîtresse, comme nous sommes forts ? Quel bel empire nous avions ? » Je souris parce que je pense qu’au fond, c’est vrai, nous avons un grand monde à notre disposition. »
Des mesures pour contraster le phénomène
Après avoir dénoncé l’hypocrisie de « ceux qui vivent d’idéologie, nous font la morale, mais envoie leurs enfants dans les écoles où le problème de l’immigration est absent« , la Première ministre italienne a présenté ces mesures comme des enjeux d’intégration et de laïcité, s’inscrivent dans une stratégie politique de durcissement face à la concurrence de l’extrême droite, notamment le parti Futuro Nazionale de l’ex-général Vannacci.
Après le plafonnement du nombre d’élèves étrangers par classe (1) et l’interdiction du voile intégral à l’école — une pratique qui a récemment fait polémique à Monfalcone, où des étudiantes ont obtenu des dérogations obligeant l’établissement à procéder à des contrôles d’identité individualisés avant chaque cours —, une autre mesure de la Première ministre suscite de vifs débats. Il s’agit de l’obligation, pour les parents d’élèves en difficulté d’insertion scolaire, de suivre des cours d’italien.
L’impasse de la rhétorique droitière sur l’immigration
Bien que ces annonces affichent l’ambition de corriger les ratés de l’intégration — ce qui est le moins que l’on puisse attendre —, elles n’en demeurent pas moins profondément fallacieuses. Comment peut-on en effet justifier le recours à des millions de travailleurs étrangers, pour ensuite déplorer leur tendance au regroupement et vouloir restreindre leur liberté religieuse ? Et surtout, comment prétend-on appliquer une interdiction de concentration dans les établissements scolaires au sein de quartiers où les populations issues de l’immigration sont déjà ultra-majoritaires ?
Et la Romaine, de poursuivre :
« Pour nous, tous ceux qui arrivent en Italie et veulent y construire leur avenir doivent apprendre notre langue, connaitre notre culture, respecter nos règles. C’est le seul moyen sérieux d’accueillir. »
(1) Notons qu’une telle mesure existe déjà, sans être appliquée. La circulaire ministérielle n. 2 du 8 janvier 2010 stipule en effet que les élèves de nationalité non italienne ne devaient pas dépasser «en règle générale» 30 % de la classe.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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