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Parfois, une étape de grand tour s’écrit à la plume d’oie, avec l’encre tirée des veines d’un vieux grimpeur transfiguré par l’altitude. Ce mercredi, ce n’est pas seulement Richard Carapaz qui a levé les bras à Castelnovo ne’ Monti, mais tout le romantisme d’un cyclisme qui refuse la dictature du watt et du calcul.
Ce fut une étape de montagne, mais pas de celles qui s’annoncent grandioses avec leurs cols mythiques et leurs murs écrits à la craie. Non, ici, la gloire surgit à contretemps, là où les favoris se regardent sans vraiment se voir. Richard Carapaz, le revenant, l’Équatorien en rose jadis, a bondi là où les autres rampaient. Il a attaqué à 9 kilomètres de l’arrivée, au pied de la Pietra di Bismantova (5,7 km à 5,9 %), profitant de l’instant exact où les échappés du matin, rattrapés par la meute, commençaient à regretter d’être partis.
Devant, ils avaient pourtant tenté de donner le change : Fortunato (toujours aussi bleu), Poels, Plapp, Bilbao, Quintana. De belles cartes postales d’un cyclisme d’attaque. Mais la Lidl-Trek de Pedersen, affamée pour Ciccone, a tout verrouillé dès la descente de Toano, puis Q36.5 a serré l’étau. Et quand la pente s’est à nouveau dressée, le peloton a vu s’effacer les derniers résistants comme des initiales au crayon sur une table d’écolier.
Carapaz, lui, s’est envolé seul, avec trente secondes d’avance au sommet, cinq kilomètres encore à avaler, et cette énergie des jours qui comptent double. Derrière, Isaac Del Toro a tenté de s’extirper, a mis Ayuso dans le rouge, puis s’est relevé, lucide. UAE a remis de l’ordre, mais trop tard. L’Équatorien ne lâcha plus rien.
Le vainqueur du Giro 2019, âgé de 31 ans, n’avait plus levé les bras depuis sa victoire à SuperDévoluy sur le Tour 2024. C’est chose faite à Castelnovo ne’ Monti, dans un final technique et bosselé, théâtre d’un quatrième succès sur le Giro. Del Toro, facile, termine deuxième et grapille 6 secondes de bonifications. Ciccone complète le podium du jour.
Derrière, le général n’a pas explosé, mais a craqué par endroits : Gaudu lâché dans l’Alpe San Pellegrino, Bernal secouant l’arbre sans faire tomber les fruits, et une hiérarchie qui s’esquisse sous les muscles tendus. Del Toro, désormais solide en rose, devance Ayuso de 31 secondes. Carapaz grimpe à la sixième place, avec des envies plus hautes encore pour la troisième semaine.
Étape 12 – Viadana attend les sprinteurs
Jeudi 22 mai, retour sur du plat. L’étape 12, longue de 172 kilomètres, reliera les hauteurs aux plaines lombardes avec une arrivée annoncée au sprint massif à Viadana, dans la province de Mantoue.
Les 1 528 mètres de dénivelé positif seront concentrés dans les deux premiers tiers, avec deux côtes répertoriées : Baiso et Borsea. Anecdotiques dans leur difficulté, elles permettront aux baroudeurs de prendre des points pour les classements annexes, mais ne devraient pas empêcher un regroupement général.
Le final, tout en ronds-points, courbes et zones exposées au vent, sera propice aux trains de sprinteurs bien organisés. Olav Kooij (Visma-Lease a Bike) sera l’un des favoris, tout comme Kaden Groves (Alpecin-Deceuninck) et Mads Pedersen (Lidl-Trek). Matteo Moschetti, Milan Fretin et Sam Bennett tenteront de se mêler à la lutte, dans un sprint qui devrait être plus lisible que celui de Naples.
Le passage sur la ligne d’arrivée à 26,6 km du terme lancera une longue boucle finale nerveuse et technique. Le placement dans les derniers 400 mètres, à l’entrée du dernier virage, sera capital.
Top départ à 13h15, arrivée estimée à 17h15. Diffusion sur Eurosport Max 1.
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Giro 2025; 11ème étape. Richard Carapaz, l’équatorien à la nuque rose et au panache vermillon”
article bien écrit
Et dire qu’ils ne boivent que de l’eau claire …