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L’Américain Sepp Kuss s’est offert l’étape-reine du Tour d’Italie ce vendredi 29 mai, au sommet de Piani di Pezzè, au terme d’une longue échappée bouclée en solitaire. Une victoire au goût particulier pour le coureur de la Visma-Lease a Bike, qui complète ainsi sa collection de succès d’étape sur les trois grands tours. Pendant ce temps, son leader Jonas Vingegaard a déroulé sans trembler, confortant un maillot rose désormais hors de portée à deux jours de Rome.
Une étape-reine sans bataille au sommet
On attendait une explication entre favoris dans les Dolomites. Elle n’est jamais venue. Avec ses six ascensions répertoriées et ses 5 000 mètres de dénivelé, la 19e étape entre Feltre et Piani di Pezzè avait pourtant tout du terrain propice aux grandes manœuvres. Mais le classement général, verrouillé par la Visma, n’a laissé place à aucun coup d’éclat parmi les cadors.
C’est l’échappée qui a fait le spectacle. Formée dès la première difficulté, elle a un temps porté l’Italien Giulio Ciccone, en quête de points pour s’emparer du maillot bleu de meilleur grimpeur. Le coureur de la Lidl-Trek a fini par partir seul, mais les jambes lui ont manqué dans le final. Kuss, qui avait géré son effort toute la journée, est revenu sur lui à deux kilomètres de la ligne avant de le déposer. L’Américain l’a emporté avec treize secondes d’avance sur le Canadien Derek Gee-West et trente-six sur Ciccone, en résistant de justesse au retour de ses poursuivants dans le dernier kilomètre.
Kuss boucle la trilogie des grands tours
À 31 ans, Sepp Kuss devient le 116e coureur de l’histoire à s’être imposé sur les trois grands tours, après ses victoires d’étape sur le Tour de France et la Vuelta — épreuve dont il avait remporté le classement général en 2023. Un accomplissement qu’il a savouré sans tout à fait le réaliser.
Le succès doit beaucoup à la générosité de son leader. Kuss a expliqué qu’au départ de ce Giro, son objectif n’était pas la victoire personnelle mais bien de ramener le maillot rose à Vingegaard, et que ce dernier lui avait donné carte blanche pour tenter sa chance dans l’échappée. Le Danois, lui, n’a pas caché sa fierté de voir son fidèle lieutenant récompensé, soulignant que Kuss avait toujours été présent dans ses propres victoires sans jamais rien réclamer en retour. Une complicité qui dépasse le simple rapport entre un patron et son équipier, et qui scelle l’un des duos les plus solides du peloton.
Vingegaard intouchable, Hindley fait la bonne opération
Le maillot rose n’a eu à s’employer que dans les cinq derniers kilomètres, lorsque l’Autrichien Felix Gall a placé une accélération. Une attaque sans conséquence pour le Danois, qui conserve plus de quatre minutes d’avance au général, mais lourde pour le Néerlandais Thymen Arensman : l’Australien Jai Hindley en a profité pour lui ravir la troisième marche du podium.
Du côté des classements annexes, Ciccone a quasiment verrouillé son maillot de meilleur grimpeur en franchissant la quasi-totalité des cols en tête. Le maillot blanc de meilleur jeune reste pour l’instant sur les épaules du Portugais Afonso Eulalio, malgré le retour de l’Italien Davide Piganzoli, autre équipier de montagne de Vingegaard. La journée a par ailleurs été marquée par l’abandon du Colombien Jhonatan Narvaez (UAE Emirates), qui dégage la voie au Français Paul Magnier (Soudal Quick-Step) pour le maillot cyclamen du classement par points.
Encore une étape de montagne avant Rome
Le suspense est désormais ténu. Une dernière grande étape de montagne attend les coureurs ce samedi, avec une double ascension exigeante de Piancavallo et une arrivée au sommet qui pourrait, là encore, sourire au maillot rose. Vingegaard ne cacherait pas son envie d’ajouter ce bouquet à sa collection d’arrivées en altitude sur ce Giro. Restera ensuite la parade finale de dimanche dans les rues de Rome, dont le seul enjeu sportif se jouera au sprint.
Crédit photo : Giro d’Italia
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