CRA de Nantes : le préfet recadre vertement une adjointe écologiste de Johanna Rolland

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Le bras de fer autour du futur centre de rétention administrative (CRA) de Nantes vient de connaître un épisode inattendu. Fabrice Rigoulet-Roze, préfet de Loire-Atlantique, a adressé le 18 mai un courrier de quatre pages à Marie Vitoux, conseillère municipale et cheffe de file du groupe écologiste, principale alliée de la maire socialiste Johanna Rolland au sein de la majorité nantaise. Une démarche peu commune de la part d’un représentant de l’État, qui en dit long sur l’agacement de la préfecture face à des prises de position jugées hors de propos.

L’élue, proche de La France insoumise, avait été interrogée le 12 mai par Presse Océan. Dans cet entretien, elle avait qualifié le futur établissement de « projet raciste » et revendiqué son soutien aux collectifs militants qui s’y opposent, « y compris via des actions de désobéissance civile ». Une déclaration intervenue quelques jours seulement après une opération de vandalisme menée contre une entreprise mandatée sur le chantier.

Le préfet défend ses agents

Dans son courrier, dont la teneur a été reprise par la presse locale, Fabrice Rigoulet-Roze ne mâche pas ses mots. Il dénonce un amalgame entre la politique de maîtrise de l’immigration irrégulière et un prétendu projet « raciste ». Pour le haut fonctionnaire, accoler une telle étiquette à l’action préfectorale revient à mettre directement en cause les centaines d’agents qui appliquent la politique fixée par le gouvernement. C’est aussi, écrit-il, pour défendre ses propres équipes qu’il condamne fermement les propos de l’élue.

Le représentant de l’État s’en prend également au soutien apporté par Marie Vitoux aux opérations qualifiées par celle-ci de « désobéissance civile ». Pour le préfet, l’expression masque mal des actes qui relèvent juridiquement de la dégradation de biens d’autrui. Il rappelle au passage que tout élu, quelles que soient ses délégations, est tenu de garantir l’ordre et la tranquillité publics — un engagement avec lequel les positions de l’écologiste entrent, selon lui, en contradiction frontale.

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40 % de sortants de prison

L’argumentaire préfectoral s’appuie également sur des données chiffrées destinées à démolir l’image d’un CRA enfermant de paisibles sans-papiers. Selon Fabrice Rigoulet-Roze, 40 % des personnes placées en rétention par ses services en 2025 étaient des sortants de prison ayant purgé des peines pour des crimes d’une particulière gravité, parfois récidivants, certains liés à des faits à caractère terroriste.

Le préfet bat également en brèche l’affirmation selon laquelle les retenus risqueraient un renvoi vers un pays en guerre ou dangereux. Il rappelle que les bénéficiaires du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire ne peuvent en aucun cas être placés en CRA en vue d’un éloignement, pas plus que les demandeurs d’asile dont la procédure est en cours. Les personnes retenues disposent par ailleurs d’un éventail de droits : accès à un médecin, à un avocat, à un traducteur, à l’aide juridictionnelle, contacts avec leur consulat et leur famille, possibilité de solliciter l’asile. L’ensemble du dispositif est placé sous le contrôle permanent du juge administratif et judiciaire.

Pour situer l’action préfectorale dans son contexte global, Fabrice Rigoulet-Roze indique que la préfecture de Loire-Atlantique a délivré 19 926 titres de séjour en 2025, dont 16,3 % pour motif humanitaire. Sur la même période, 286 personnes ont été placées en rétention et 259 ont quitté la France dans le cadre d’une obligation de quitter le territoire (OQTF).

L’élue maintient sa ligne

Sollicitée après réception du courrier, Marie Vitoux n’a pas reculé d’un pouce. Selon elle, le placement en CRA relève d’une décision purement administrative et non judiciaire, ce qui démontrerait que les personnes retenues n’ont, par définition, commis aucun crime ni délit. L’élue persiste également à voir dans l’existence même de ces centres l’expression d’une vision « raciste » de la société, puisqu’ils sont exclusivement destinés à des ressortissants étrangers.

Un chantier sous tension

Le projet contesté prévoit la construction, dans le nord de l’agglomération nantaise, d’un établissement de 140 places à l’horizon 2027. Une capacité qui en ferait l’un des plus importants centres de rétention de France. Le terrain retenu, propriété de l’État, est situé en zone humide — un point que les opposants ne manquent pas d’instrumentaliser, dénonçant l’artificialisation prochaine d’un espace abritant des espèces protégées.

La procédure suit son cours sur le plan administratif. Une consultation publique électronique, portée par le SGAMI Ouest, a été ouverte le 23 avril 2026 et se poursuivra jusqu’au 23 juillet inclus, via une plateforme dédiée. Elle porte sur l’autorisation environnementale unique au titre de la loi sur l’eau, assortie d’une dérogation pour atteinte aux espèces et habitats protégés. Une réunion publique d’ouverture s’est tenue le 6 mai au Centre des Salorges, à Nantes, et une réunion de clôture est programmée le 9 juillet au même endroit. La commission d’enquête tient deux permanences physiques, les 27 mai et 25 juin. Les premiers coups de pioche sont attendus à l’automne, sous réserve de l’obtention de l’autorisation environnementale.

L’épisode illustre, en tout cas, la singularité d’une situation politique nantaise où des élus de la majorité municipale n’hésitent plus à apporter publiquement leur caution à des actions qui, juridiquement, relèvent de la dégradation de biens. Le rappel à l’ordre préfectoral, dans une lettre nominative de quatre pages, témoigne d’un seuil franchi dans la confrontation entre l’État et une frange de l’exécutif local.

Photo d’illustration : Facebook Prefecture Loire Altlantique

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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10 réponses à “CRA de Nantes : le préfet recadre vertement une adjointe écologiste de Johanna Rolland”

  1. Pschitt dit :

    L’initiative du préfet est excellente. Chacun a désormais en main les données du problème… et peut voir que l’écologiste Marie Vitoux, leader des écolos auxquels Johanna Rolland a choisi de s’allier dès le premier tour, est très capable de dire n’importe quoi.
    Cela dit, l’emplacement choisi pour le CRA est discutable. Au lieu de consommer des espaces naturels, il vaudrait mieux l’implanter sur une friche industrielle.

  2. Herminie44 dit :

    @Pschitt La question sera alors celle des moyens d’acheter le terrain.
    Le terrain retenu aujourd’hui est adjacent à la maison d’arrêt : il est sans doute déjà propriété de l’état.
    Le plus rigolo est qu’un écoquartier est construit juste en face. Le printemps des voisins s’annonce sympa !

  3. Dany dit :

    La solution serait plutôt de ne pas conserver ces demandeurs d’asile mais de les renvoyer chez eux, de force.
    Si délinquants, rouvrir le bagne de Cayenne quand leur pays refuse de les garder.
    Un peu de logique enfin!!!!!

  4. guillemot dit :

    Le Corps Electoral aurait il été touché par la grâce de la compréhension de la situation actuelle de notre pays, c’est dans tous les cas , une excellente chose. On constate, dans le même temps, que tous les écolos récitent toujours le même cathéchisme

  5. Durandal dit :

    Bonjour,

    Que c’était maladroit de construire dans une des ces zones humides qui ne cessent de disparaître.

    Cdt.

    M.D

  6. Daumier dit :

    Les affaires vont de plus en plus mal pour l’État français, qui est de moins en moins respecté.

    Tout ceci ne risque-t-il pas de se traduire par un affrontement généralisé à brève échéance ?

    Je le crains de plus en plus.

  7. RAYMOND NEVEU dit :

    Et cette fois l’apparatchik socialiste Johanna Rigollet jaune!

  8. Alain Jamet dit :

    L’alliance Rolland et LFI va apporter un véritable cahos dans la gestion de la ville de Nantes et de la métropole. Il fallait s’y attendre et ce n’est pas fini. On a l’impression que J.R. se désintéresse de sa ville et s’occupe plutôt de sa promotion dans les sphères politiques parisiennes où va se jouer son avenir au sein du parti socialiste.
    Quelle désastre !!@

  9. Maurice dit :

    Ok Dany le boomer (mais sûrement moins que moi)… Si quelqu’un demande l’asile en France, ce n’est pas pour rien, ni par hasard. Tous les immigrés ne demandent pas asile, les cas ne sont pas si fréquents. Son cas sera examiné, évidemment. Quant à rouvrir le bagne de Cayenne, voulez-vous un tuto youtube sur cette histoire ? Un peu de clémence (chrétienne) s’il vous plaît . On a besoin d’apaisement, Marine elle-même en avait fait son slogan présidentiel, « la France apaisée ». Utopique, visiblement.

  10. JLP dit :

    Je ne comprends pas que le préfet perde son temps en argumentant auprès de Mme Vitoux. Il lui suffisait de rappeler qu’elle se mettait en contradiction avec ses obligations d’élue. Maintenant, Herminie44 ajoute une info de poids : « Le terrain retenu aujourd’hui est adjacent à la maison d’arrêt ». Diable, cela veut-il dire que nos pauvres prisonniers doivent partager leurs cellules avec des loutres, des castors et des salamandres ? Horresco referens…

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