RN et Bretagne : Romain Pasquier encore un petit effort

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Dans le dernier numéro de « Bretons » le politologue Romain Pasquier commente la timide progression du RN aux dernières municipales. Certaines remarques sont pertinentes (il ne faut surtout pas regarder Rennes et Nantes. Il faut aller sur la route de l’agro breton »; « les campagnes bretonnes changent, les découpeurs d’ailes de poulet ne sont plus Bretons mais Comoriens, Roumains.. ») alors que d’autres recyclent la bonne vieille ritournelle de la « Bretagne ouverte sur le monde » grâce à « une empreinte démocrate-chrétienne, cette sorte de république laïque, attachée à la dignité, au respect de la personne, à la solidarité et à l’ouverture à d’autres cultures », etc…

La fameuse « exception bretonne » en somme !

Romain Pasquier écoute peut-être trop son coeur de Breton et se laisse bercer d’illusions. La Bretagne, sur le sujet, n’a pas de différence fondamentale avec le Nord-Pas de Calais, la Sarthe ou la Picardie, elle a tout simplement du retard dans la découverte de la joyeuse immigration. Mais ce retard, elle le rattrape à marche forcée.

Jusqu’alors, l’immigration c’était à la télé. C’était les émeutes en région parisienne ou les marchés à boubous de Marseille, mais ce n’était pas à Locminé. Ca ne pouvait pas être à Locminé. Aujourd’hui, grâce au grand patronat de l’agro-alimentaire, cette immigration est désormais chez nous et la découverte est brutale ! D’où les scores du RN multipliés par deux-trois ou quatre dans certaines communes. Prenons la petite ville de Bulat-Pestivien, dans le Trégor, fief rouge s’il en est. A l’élection européenne (où les critères locaux ne rentrent pas en compte) de 2014, Myriam Martin du Front de Gauche (ancêtre de LFI) arrivait en tête avec 29,10% (55 voix) suivi de Yannick Jadot (écolo) parce que la terre allait exploser d’ici trois semaines, avec 12,70% (24 voix).

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En 2024, changement complet : Jordan Bardella arrivait en tête avec 24,52% (51 voix) suivi de Glucksmann avec 14,42% (30 voix). En dix ans, le score du RN à Bulat a été multiplié par deux en nombres de voix et par trois en pourcentage. Cette tendance se retrouve dans une grande partie de la Bretagne et notamment du Centre-Bretagne.

Entre le « coup de tonnerre de Dreux en 1983 » et le « séisme du 21 avril 2002 », il aura fallu 20 ans. Et il n’y avait pas CNews, Breizh-Info, le JDD, Europe 1, etc… pour donner un autre narratif aux électeurs biberonnés du matin au soir au fiel du Camp du Bien et au robinet d’eau tiédasse de Ouest-France !

Le 21 avril 2002, il n’y avait pas d’immigrés dans le Centre-Bretagne ou très peu. Aujourd’hui, il y en a partout ! C’est ce changement démographique et culturel qui fait voter petit à petit les électeurs pour le Rassemblement National ou Reconquête. Et ce n’est pas « l’empreinte démocrate-chrétienne » ou « la JAC » comme semble le dire Pierre Méhaignerie dans le même numéro de Bretons qui vont les empêcher de le faire de plus en plus. Le Grand Remplacement s’est imposé à la Bretagne et la Bretagne va faire comme les autres régions : elle va Grand Remplacer sa classe politique de naïfs ou de complices.

Ce que Romain Pasquier aurait pu dire également, c’est que le RN n’a, par contre, pas encore trouvé sa classe politique en Bretagne. Entre fâcheries (Bertrand Iragne à Vannes par exemple), décisions d’en haut et copinage (l’intronisation de Kersauzon, grand copain de Marine), révélations (les dernières municipales de Saint-Malo), chef de file normand, tiédeur à défendre la culture bretonne et les langues de Bretagne, sans parler des candidats qui « n’incarnent » pas forcément la fonction, le RN n’est pas encore mûr pour la Bretagne.

Car la problématique est celle-ci : ce n’est pas la Bretagne qui n’est pas mûre pour le RN comme Romain Pasquier le déclare, du fait de mythiques amortisseurs historiques, associatifs et autres; c’est plutôt le RN qui n’est pas encore mûr pour la Bretagne. Si le RN se trouve une ou plusieurs figures de proue qui rompent avec le côté « Troisième République » du RN parisien pour se couler dans la spécificité bretonne, la Bretagne tombera tôt ou tard dans l’escarcelle du RN. Car le Grand Remplacement joue pour lui et se vit localement comme une terrible accélération de l’Histoire. Ce que le Nord-Pas-de-Calais a connu en 50 ans, la Bretagne le connaît en 15 ans.

Le politologue Romain Pasquier ne semble pas comprendre cela et c’est fort dommage.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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6 réponses à “RN et Bretagne : Romain Pasquier encore un petit effort”

  1. Bergeron dit :

    Analyse subtile et convaincante, lue nulle part ailleurs

  2. ALREN dit :

    J’ai cru lire quelque part une opinion qui suggère que le RN ne gagnera pas en France tant qu’il n’aura pas convaincu les Bretons de voter majoritairement pour lui; Prophétie auto réalisatrice ou pas, l’avenir le dira bientôt. Le changement de population en Centre-Bretagne peut jouer dans les deux sens mais tant que le RN maintien son idéologie ultra jacobine tout comme LFI je n’imagine pas encore une majorité bretonne voter pour des forces centripètes qui prônent une communication anti-autonomiste avec encore plus de centralisation des pouvoirs à Paris. Un page a été tournée dans les esprits bretons à défaut d’une réalisation sur le terrain mais ce n’est pas demain que les Bretons voudront retourner en arrière.

  3. Ronan dit :

    L’article ne précise pas suffisamment à mon avis qui est Romain PASQUIER ? Il est directeur de la recherche au CNRS et à Sciences Po Rennes, responsable de la Chaire Territoires et Mutations de l’Action Publique. Il est spécialiste des politiques territoriales et de la décentralisation en France et à l’international. (Source : https://www.sciencespo-rennes.fr/annuaire/romain-pasquier) ; il est donc compétent en ce domaine mais ce qu’il oublie de dire est que le RN ne veut pas quitter l’UERSS et donc qu’il ne pourra pas appliquer son programme de remigration à moins d’un miracle. D’accord, ce parti est jacobin tout comme « Les Patriotes » ; l’autonomie culturelle et linguistique de la Bretagne suivra après la libération souveraine de la France décidée par le peuple à nouveau comme en 2005 (frexit = terme angliciste car exit = sortie en anglais ; va t-il ,donc, falloir trouver un autre terme plus français pour mieux comprendre ce que signifie la sortie de l’Union Européenne pour nos compatriotes ? )

  4. Gaï de ROPRAZ dit :

    J’aime la Bretagne, mais je ne suis pas Breton. C’est aux Bretons d’ouvrir les yeux et de saisir l’opportunité de la main tendue par les forces de Droite. Car il va sans dire que si on laisse faire et que les Forces de Gauche arrivent a faire plier aussi bien les tendances que les certitudes, la Bretagne est foutue, accordant un boulevard à l’envahissement humain non-désiré.

  5. Le Cloarec Yvon dit :

    Le vote RN en Bretagne s’explique uniquement par le fait de plus en plus évident d’un grand remplacement, d’une population étrangère à tout point de vue sur le sol breton…. et le danger que cela représente pour l’existence même du peuple breton et de cette cohésion ethnique celtique et bretonne. Sinon le RN est totalement néfaste pour nous Bretons, néfaste et même dangereux comme LFI car ultra-jacobins français indécrottables, impérialiste dans l’âme !

  6. pschitt dit :

    Il n’est pas très difficile de prédire l’avenir : la Bretagne connaît les mêmes grandes évolutions politiques que la France avec quelques années de décalage. Le RN peut compter dessus. Mais vous avez absolument raison : encore faut-il que le RN se montre à la hauteur et présente des candidats convaincants, c’est-à-dire acceptant d’assumer les contraintes du leadership (courage, présence, travail, écoute…).

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