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Beatriz de León Cobo est chercheuse spécialisée en sécurité, migrations et radicalisation violente en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Directrice de l’Institut espagnol d’analyse migratoire (IEAM), créé en septembre 2025 et présenté officiellement en avril 2026 à Bruxelles, elle vient d’accorder un entretien au European Conservative dans lequel elle dresse un état des lieux sans complaisance des politiques migratoires européennes. Un entretien qui tranche avec les simplifications habituelles du débat public.
Une réalité structurelle, pas une urgence passagère
Pour Beatriz de León Cobo, le problème de fond est d’abord conceptuel : « L’immigration n’est pas une réalité unique. L’immigration légale n’est pas la même chose que l’asile, l’immigration illégale, les mineurs non accompagnés ou les communautés de deuxième génération. Très souvent, nous utilisons un seul mot pour décrire des phénomènes complètement différents. »
L’IEAM a précisément été fondé pour introduire de la nuance là où le débat politique tend à tout confondre. Son ambition est de produire des analyses applicables aux décisions publiques, sans demeurer dans la seule sphère académique.
Sur la question du contrôle des flux, la directrice refuse le catastrophisme autant que la minimisation : « Je crois que cela reste gérable. La question est de savoir comment cela est géré et sur quel horizon temporel. » Elle reconnaît que certains accords de coopération avec les pays d’origine et de transit ont permis de réduire certains flux, mais avertit : « Le problème surgit quand des améliorations temporaires sont confondues avec des solutions structurelles. »
Le Sahel, mal compris en Europe
Spécialiste de la région sahélienne, Beatriz de León Cobo pointe une erreur de lecture fréquente dans les capitales européennes : celle qui consiste à établir une corrélation automatique entre violence et migration vers l’Europe. « Quand une communauté est touchée par un manque de sécurité, elle se déplace d’abord à l’intérieur de son propre pays ou vers des États voisins. La plupart des mouvements de population continuent de se produire à l’intérieur de l’Afrique. »
Ce qui ne signifie pas que l’insécurité est sans effet : elle détruit l’activité économique, l’agriculture, le commerce et les perspectives d’emploi. Prolongée sur plusieurs années, cette dégradation finit par alimenter la pression migratoire vers l’Europe. Il s’agit donc d’un phénomène indirect, et non d’un mécanisme mécanique.
Elle rappelle également que certains flux migratoires ouest-africains vers l’Europe sont antérieurs à la crise sécuritaire actuelle, ce qui rend les explications monocausales particulièrement trompeuses.
Le Pacte européen sur la migration : des doutes sur l’effectivité
Interrogée sur le Pacte européen sur la migration et l’asile, présenté comme une réponse globale, Beatriz de León Cobo tempère l’enthousiasme : « Ce qui importe vraiment, c’est la mise en œuvre. Les politiques peuvent paraître solides sur le papier et produire des résultats très différents une fois appliquées sur le terrain. » Elle indique que l’IEAM suivra en particulier ses effets sur des territoires exposés comme les îles Canaries et sur les relations de l’Union européenne avec les pays africains de transit.
Sur la « remigration », concept en vogue dans une partie de la droite européenne, elle se montre prudente : terme « politiquement chargé et juridiquement ambigu », qui peut recouvrir des réalités très différentes selon les contextes. Elle distingue le retour des personnes en situation irrégulière ou déboutées du droit d’asile — procédure normale dans tout système migratoire — d’une acception plus large qui se heurterait à des « difficultés légales, économiques et opérationnelles considérables ».
« Cessez de chercher des solutions simples »
Sa recommandation finale à Bruxelles est sans détour : « Ils devraient cesser de chercher des solutions simples. L’immigration est une réalité structurelle qui restera présente en Europe pendant des décennies. C’est précisément pour cette raison que nous avons besoin de politiques plus précises, plus techniques et davantage axées sur le long terme. »
Un message qui traduit une frustration croissante face à la gestion à courte vue qui a jusqu’ici dominé le dossier migratoire au niveau communautaire.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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3 réponses à “« On cherche des solutions simples à des problèmes extraordinairement complexes » : le diagnostic sans fard d’une chercheuse espagnole sur l’immigration”
Remigration, limiter les naissances africaines , une immigration temporaire de travail
Compliquer le dossier est une tactique classique d’avocat de la défense dans un procès. D’accord, l’immigration est un phénomène complexe côté immigrés, ils se trouvent dans des situations complexes et emploient des moyens divers. Mais l’immigration n’a pas à être un sujet compliqué côté pays européens. Ce n’est pas aux Européens de gérer chaque situation individuelle dans le monde entier, de soupeser une foule de considérations lointaines. Quand on dit non, ça doit être non.
Une chose est certaine c’est que la solution pour endiguer l’immigration clandestine ne peux pas venir de Bruxelles et de la commission européenne puisque c’est de là que vient le problème. Frexit !