Les voyageurs aériens européens devraient voir leurs droits évoluer en 2027. Après des années de négociations, un accord provisoire a été trouvé entre le Parlement européen et le Conseil sur la révision des règles encadrant les retards, annulations, refus d’embarquement et pratiques commerciales des compagnies aériennes. Le texte doit encore être confirmé formellement, mais ses grandes lignes sont désormais connues.
Première nouvelle rassurante pour les passagers : l’essentiel du droit à indemnisation est préservé. Les compagnies aériennes n’ont pas obtenu l’allongement du délai minimal de retard à quatre ou cinq heures. Le seuil resterait fixé à trois heures. Les montants d’indemnisation demeureraient eux aussi inchangés : 250 euros pour les vols jusqu’à 1 500 kilomètres, 400 euros entre 1 500 et 3 500 kilomètres, et 600 euros pour les trajets plus longs.
Un délai de réclamation fortement réduit
Le principal recul concerne le délai laissé aux voyageurs pour agir. En France, les passagers disposent aujourd’hui d’un délai pouvant aller jusqu’à cinq ans pour réclamer une indemnisation ou un remboursement. Avec le nouveau texte, ce délai serait ramené à neuf mois dans l’ensemble de l’Union européenne. C’est une harmonisation, mais aussi une réduction sévère du temps laissé aux consommateurs, alors même que beaucoup ignorent encore leurs droits.
En contrepartie, les compagnies seraient soumises à des obligations plus strictes. Elles devraient transmettre aux passagers des instructions claires par voie électronique dans les quatre jours suivant la fin du voyage perturbé. Une fois la demande déposée, elles auraient trente jours pour verser l’indemnisation ou justifier leur refus en invoquant, par exemple, des circonstances extraordinaires.
Des pratiques commerciales mieux encadrées
Le texte s’attaque aussi à plusieurs abus bien connus. Les compagnies ne pourraient plus facturer de frais supplémentaires pour corriger une simple faute d’orthographe dans le nom d’un passager. Elles ne pourraient pas non plus refuser le vol retour à un client qui n’aurait pas pris son vol aller. Les familles bénéficieraient également d’une protection renforcée : un enfant de moins de 14 ans devrait pouvoir être assis gratuitement à côté de la personne qui l’accompagne.
Reste le sujet sensible des bagages. Les compagnies pourraient proposer des billets moins chers aux passagers qui choisissent volontairement de voyager sans bagage à main. Un article personnel, comme un petit sac ou un sac à dos, resterait toutefois transportable sans frais supplémentaires. Les comparateurs et transporteurs devront aussi présenter dès le début du processus de réservation un tarif incluant les bagages à main.
Au total, le texte protège l’essentiel, mais impose une vigilance accrue aux passagers. En 2027, les droits resteront solides sur le papier. Encore faudra-t-il les réclamer vite.
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