Entre le 1er juin et le 20 juillet, 41 033 vols au départ de la France sont arrivés avec au moins un quart d’heure de retard, sur 107 970 liaisons recensées. Soit 38 % — près de 4 vols sur 10. Ces chiffres proviennent d’une analyse portant sur les 25 principales compagnies européennes, publiée par une plateforme spécialisée dans les recours de passagers.
L’an dernier, sur la même période, le taux s’établissait à 35 %. La situation ne s’améliore donc pas : elle se dégrade.
Le contrôle aérien français en cause
Le chiffre le plus parlant ne concerne pas les compagnies, mais l’État.
Dans un rapport publié en juin, la commission des finances du Sénat qualifie son constat sur la gestion du contrôle aérien français de douloureux mais incontestable. Le motif : à lui seul, ce contrôle aérien serait responsable de 6,6 millions de minutes de retard en 2025.
Ramené en heures, cela représente plus de 110 000 heures. Un chiffre à garder en tête la prochaine fois qu’un équipage annoncera un retard « indépendant de sa volonté » : dans une proportion non négligeable de cas, c’est parfaitement exact.
Du côté des transporteurs, la compagnie nationale française enregistre 38,31 % de vols retardés cette année, contre 40,76 % l’an passé sur la même période. Une légère amélioration, qui la maintient néanmoins dans la moyenne générale.
Ce que la loi vous doit, et que vous ignorez probablement
C’est ici que l’article devient utile, parce que la méconnaissance est massive.
Le règlement européen CE 261/2004 protège les passagers en cas de retard, d’annulation ou de refus d’embarquement pour cause de surréservation. Selon la nature de la perturbation et la durée du retard, l’indemnisation peut aller de 250 à 600 € par personne. Pour une famille de quatre, la somme n’a rien d’anecdotique.
Second point, moins connu encore : quelle que soit la cause du retard, y compris lorsqu’elle échappe totalement à la compagnie, celle-ci reste tenue à une obligation d’assistance. Rafraîchissements, moyens de communication, et, en cas d’attente prolongée, hébergement ainsi que le transport pour s’y rendre. Ce n’est pas un geste commercial. C’est une obligation légale, et elle ne dépend d’aucune bonne volonté.
Or, selon une étude de la même plateforme, 59 % des passagers estiment n’avoir reçu aucun soutien de leur compagnie lors d’une annulation ou d’un retard.
Traduisons : près de 6 voyageurs sur 10 se voient privés d’un droit dont ils ignorent, pour la plupart, l’existence même. Le règlement européen est présenté comme l’un des plus protecteurs au monde. Il ne sert qu’à ceux qui savent qu’il existe et qui prennent la peine de le faire valoir.
Les réflexes à avoir sur place
Le litige se gagne à l’aéroport, pas trois semaines plus tard depuis son salon. Quelques gestes simples, à retenir :
- Vérifier le statut de son vol avant de partir pour l’aéroport.
- Conserver carte d’embarquement et confirmation de réservation.
- Garder tous les messages envoyés par la compagnie.
- Demander une confirmation écrite du motif du retard ou de l’annulation. C’est le point décisif : de ce motif dépend l’existence même du droit à indemnisation.
- Photographier les panneaux d’affichage indiquant les perturbations.
- Conserver l’intégralité des justificatifs de dépenses engagées : repas, hôtel, transports de substitution.
Deux nouveautés de l’été à connaître
Le système européen d’entrée et de sortie, dit EES, se met progressivement en place. Son déploiement est susceptible d’allonger les contrôles aux frontières, en particulier pour les voyageurs ressortissants de pays extérieurs à l’Union européenne. Prévoir de la marge.
Enfin, depuis juin, les citoyens français peuvent voyager avec leur carte d’identité numérique via l’application France Identité. Attention toutefois : pour tout vol à destination de l’étranger, la carte d’identité physique ou le passeport restent obligatoires. Le format numérique ne dispense de rien.
Un mot sur les chiffres
Ces données émanent d’une société dont le modèle économique consiste précisément à obtenir des indemnisations pour les passagers, en prélevant une commission sur les sommes récupérées. Elle a donc un intérêt direct à documenter l’ampleur des retards, et l’on retiendra ses statistiques avec cette réserve.
Cela ne les invalide pas — le rapport sénatorial sur le contrôle aérien va dans le même sens, et il n’a, lui, rien à vendre. Cela invite simplement à se rappeler qu’un passager peut engager seul les démarches auprès de la compagnie, gratuitement, sans passer par aucun intermédiaire. Les formulaires de réclamation existent sur les sites des transporteurs, et l’organisme public compétent en cas de litige non résolu est la Direction générale de l’aviation civile.
Autrement dit : faites valoir vos droits, mais sachez que vous pouvez le faire sans céder un pourcentage à qui que ce soit.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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