En Irlande, les chiffres de 2025 montrent un recul net des premières demandes d’asile, mais pas un retour à la normale. Selon BreakingNews.ie et Eurostat, 12 975 personnes ont déposé une première demande de protection internationale l’an dernier, soit une baisse d’environ 30 % par rapport à 2024. Pourtant, rapportée à la population, l’Irlande restait le cinquième pays de l’Union européenne le plus exposé, avec 2,4 primo-demandeurs pour 1 000 habitants, derrière la Grèce, Chypre, l’Espagne et le Luxembourg. La moyenne de l’UE était, elle, retombée à 1,5 pour 1 000 habitants.
Ce décalage résume bien la situation irlandaise : le flux baisse, mais il demeure élevé pour un pays de cette taille. Les principaux pays d’origine des demandeurs en Irlande en 2025 ont été la Somalie, le Nigeria, le Pakistan, l’Afghanistan et la Géorgie, ces cinq nationalités représentant plus de 60 % de l’ensemble des dossiers. La Jordanie, qui occupait encore la première place en 2024, est en revanche tombée à 90 cas seulement l’année suivante.
La demande d’asile surtout masculine et jeune
Le profil des demandeurs renforce encore le sentiment de pression. En 2025, les hommes âgés de 18 à 34 ans ont représenté 39 % de l’ensemble des demandeurs d’asile en Irlande, soit un niveau supérieur à la moyenne européenne, établie à 36 %. Le nombre de mineurs non accompagnés a atteint 210, contre 235 en 2024. À l’échelle de l’UE, la baisse a bien été générale : Eurostat a recensé 669 400 premières demandes d’asile en 2025, contre 912 400 un an plus tôt, soit un recul de 27 %.
Mais pour Dublin, cette décrue européenne ne règle pas le problème de fond. L’Irlande reste l’un des États les plus touchés proportionnellement, ce qui entretient le débat sur les capacités d’accueil, l’hébergement et la stabilité sociale du pays.
Dublin veut accélérer les procédures et les renvois
En décembre 2025, le ministre de la Justice Jim O’Callaghan a expliqué que le gouvernement cherchait à réduire les arrivées afin d’éviter « a breakdown in social cohesion ». Il a toutefois refusé de fixer un seuil précis de demandes qu’il jugerait soutenable. En janvier 2026, il a ensuite publié le International Protection Bill 2026, présenté comme une réforme majeure du système d’asile irlandais. Le texte vise à accélérer le traitement des demandes, à réduire le temps passé dans les centres IPAS, à alléger le coût du dispositif pour l’État et à permettre un renvoi plus rapide des déboutés.
L’Irlande offre donc une image très révélatrice de l’Europe actuelle : même lorsque les chiffres reculent, la pression reste assez forte pour nourrir une inquiétude politique à long terme et pousser l’État à durcir son arsenal migratoire.
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Une réponse à “Irlande : la baisse de l’asile ne suffit pas à desserrer la pression migratoire”
Il est temps de supprimer le droit d’asile pour les non européens.
La terre est assez vaste pour les autres