Quatre nouvelles mitres à Écône : ce que le sacre des évêques lefebvristes dit vraiment

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J’étais assis, hier, à la terrasse d’un café de Barjols, en Provence. Le soleil tapait dru, comme il sait le faire dans ces provinces méridionales où les pierres elles-mêmes semblent avoir une mémoire antique de la chaleur. Je venais de faire quelques emplettes, et je goûtais, avec reconnaissance, ce petit moment de paix que donne un verre de rosé lorsqu’il est pris sans hâte, loin des bourrasques bretonnes et des humeurs du siècle.

À quelques pas de ma table, un monsieur d’un certain âge, coiffé d’un chapeau de paille blanc, lisait La Croix. La scène avait quelque chose d’insolite. Depuis que j’ai mémoire des journaux, des cafés et des hommes, je ne crois pas avoir souvent vu quelqu’un lire La Croix en public. On lit Le Figaro comme on arbore une cravate, Libération comme on promène une vieille colère, L’Équipe comme on respire. La Croix, elle, se lit plutôt dans les salles paroissiales, les presbytères chauffés à l’économie, les bibliothèques diocésaines et les cuisines de vieilles chaisières.

La une était sans équivoque. En grandes lettres noires : « Le schisme ». Au-dessous, quatre mitres jaunes, alignées comme une muraille de tissu et d’or, signalaient les nouveaux évêques consacrés par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à Écône, en Suisse. La photographie était belle, presque trop belle, et d’autant plus redoutable. Dans ces visages graves, dans ces ornements d’un autre âge, dans cette pompe liturgique qui semble défier les décennies, il y avait tout ce que le catholicisme officiel français regarde avec effroi, agacement, parfois envie, et plus souvent incompréhension.

La curiosité, mon péché véniel de chroniqueur du temps qui passe, me poussa donc à ouvrir ma version numérique de La Croix. Le journal avait envoyé une plume à Écône, dans ce que la bien-pensance ecclésiale tient volontiers pour le repaire de la bête immonde : non point quelque caverne de brigands, mais un séminaire suisse où l’on récite le latin, où l’on porte la soutane, où l’on parle de doctrine, de sacrifice et de Tradition avec une majuscule. L’affaire ne manquait pas de sel. Que l’organe officieux du catholicisme de conférence, laboratoire des prudences diocésaines et des éléments de langage pastoraux, aille regarder de près les bannis de la famille romaine, voilà qui méritait lecture.

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Or le compte rendu était plutôt honnête. Il ne sombrait pas dans la détestation commode. Il décrivait les faits, la cérémonie, les fidèles, l’orage, la tension romaine, la sérénité étrange d’une foule persuadée de ne pas rompre avec l’Église, mais de lui demeurer fidèle contre ceux qui la gouvernent. À Rome, Léon XIV avait supplié la Fraternité de « revenir sur ses pas ». À Écône, on passa outre. Quatre évêques furent sacrés sans mandat pontifical. Les Français Marc Hanappier et Michel Poinsinet de Sivry, le Suisse Pascal Schreiber et l’Américain Michael Goldade reçurent ainsi la plénitude de l’ordre épiscopal des mains de Mgr Bernard Fellay et de Mgr Alfonso de Galarreta, eux-mêmes consacrés par Mgr Lefebvre en 1988.

Le correspondant du Vatican ajoutait, de son côté, une analyse juste : pour le pape, la ligne rouge n’est pas d’abord la messe ancienne, mais la constitution d’une succession épiscopale autonome. C’est là le cœur de l’affaire. Le rite, en vérité, n’est que la partie visible du litige. La messe de saint Pie V fascine les uns, irrite les autres, console beaucoup de fidèles, exaspère les bureaux. Pourtant Rome a déjà su, lorsqu’elle le voulait, aménager des espaces pour l’ancien missel. Le véritable scrupulus in calceo, le petit caillou dans la chaussure romaine, c’est la prétention d’une communauté à se donner des évêques sans le pape, puis à perpétuer cette liberté comme un état normal.

Mes sentiments à l’égard des lefebvristes ont toujours été mêlés. Je les connais depuis longtemps, sinon depuis leur naissance, du moins depuis l’époque où leur querelle avec Rome travaillait déjà les familles catholiques comme une fissure dans un mur porteur. Je n’ai jamais été attiré par eux sur le plan humain. Mes rencontres avec ce monde m’ont souvent laissé une impression de froideur, de charité parcimonieuse, d’adhésion mécanique à une vision très juridiste de la foi. On y trouve des âmes droites, certes, des fidélités admirables, des familles solides, des prêtres courageux. On y trouve aussi cette dureté doctrinale qui confond parfois la vérité avec le plaisir d’avoir raison contre tous.

Ce n’est pas un hasard si certains des prêtres les plus intéressants issus de cette mouvance ont fini par la quitter. L’abbé Philippe Laguérie, l’abbé Guillaume de Tanoüarn, et d’autres encore, portaient une intelligence plus vive, un tempérament plus libre, une capacité de conversation avec le monde qui s’accordaient mal avec l’esprit de caserne propre à la Fraternité. Ils ont tenté ailleurs l’aventure d’une fidélité romaine attachée au rite ancien, notamment dans l’Institut du Bon Pasteur ou dans d’autres maisons. Ce détail n’est pas mince. Une institution révèle souvent sa nature par ceux qu’elle ne sait pas garder.

À dire vrai, Rome et Écône n’ont guère intérêt, aujourd’hui, à s’entendre vraiment. Le Vatican voit dans la Fraternité un inconvénient mineur à l’échelle du monde catholique, mais un inconvénient entêté, venimeux, disproportionné par son écho numérique et par sa charge symbolique. Ce traditionalisme demeure, pour Rome, un phénomène réduit, d’abord franco-français, désormais franco-américain, très visible dans la cathosphère, beaucoup moins décisif dans la masse mondiale de l’Église. Vu depuis Rome, il pèse peu face à l’Afrique, à l’Asie, à l’Amérique latine, aux évangéliques, à l’islam, aux synodes allemands, aux finances vaticanes ou à l’épuisement des chrétientés européennes.

Pour Écône, la situation irrégulière est devenue, elle aussi, une demeure. On y dit souffrir d’être dehors, sans doute, mais l’on y a organisé sa vie. La Fraternité possède ses écoles, ses prieurés, ses séminaires, ses réseaux, ses familles, ses fidélités, ses finances, ses habitudes. Elle vit dans un entre-soi sectaire, et j’emploie ici ce mot sans intention injurieuse, comme une donnée clinique. Le sectaire n’est pas toujours le fanatique. Il est d’abord celui qui vit dans un monde clos, avec ses mots, ses alarmes, ses ennemis, ses vertus, ses signes de reconnaissance et ses réflexes de conservation.

J’ai visité naguère une école hors contrat placée dans l’orbite de la Fraternité. J’y fus frappé par les jeunes femmes qui y enseignaient. Elles semblaient sorties du même moule : mêmes jupes, mêmes coiffures, mêmes intonations, même douceur appliquée, même effacement volontaire. Il y avait là quelque chose de touchant et d’inquiétant. Ce conformisme absolu fait la force de ces milieux. Il donne aux enfants un cadre, aux familles une protection, aux prêtres un peuple, aux œuvres une continuité. Il en fait aussi la faiblesse, car un monde qui ne respire plus avec le dehors finit par prendre l’air extérieur pour un poison.

Rome, de son côté, n’a rien fait, ces dernières années, pour dissiper la méfiance. Les petites misères infligées aux communautés attachées aux rites anciens, la surveillance soupçonneuse des instituts Ecclesia Dei, les restrictions répétées, le sort fait à certains diocèses trop accueillants pour les vocations traditionnelles, tout cela a nourri la conviction des lefebvristes qu’ils avaient eu raison trop tôt. L’affaire de Toulon, dans sa brutalité administrative et son arrière-fond idéologique, a laissé des traces. Quant au pèlerinage de Chartres, sa vitalité juvénile aurait dû faire réfléchir une hiérarchie qui passe son temps à se lamenter sur les églises vides. Elle l’a surtout embarrassée.

C’est là l’un des grands paradoxes de notre catholicisme finissant. Les bureaux diocésains demeurent marqués par la génération qui a jeté la soutane par-dessus la haie en croyant rejoindre le siècle. Cette génération, élevée dans les ferveurs conciliaires, a confondu l’ouverture au monde avec l’agenouillement devant ses modes. Elle pensait que l’abandon des formes anciennes rendrait les églises plus accueillantes. Elles sont souvent devenues plus désertes. Elle croyait remplacer la verticalité par la proximité. Elle a produit des liturgies de salle polyvalente et des homélies de comité de quartier.

Les jeunes prêtres catholiques qui rejoignent les paroisses, ne ressemblent plus guère aux animateurs paroissiaux des années 1970. On peut s’en réjouir ou s’en inquiéter, mais il faut le voir. La soutane réapparaît, le latin ne fait plus rire, le chapelet se porte sans honte, les familles nombreuses ne se cachent plus, les séminaristes progressistes sont devenus plus rares que les hirondelles en décembre. La génération du col roulé touche au terme de sa course. Elle sera remplacée par des prêtres plus classiques, plus identitaires, plus doctrinaux, parfois plus raides. L’Église officielle fait mine de ne pas comprendre ce mouvement. Elle préfère administrer son effondrement plutôt que regarder les rares lieux où la sève remonte.

Cette cécité nourrit Écône. Chaque brimade, chaque restriction, chaque note soupçonneuse venue de Rome ou des ordinaires locaux donne à la Fraternité la preuve qu’elle attendait. Elle conforte son récit : l’Église serait envahie par le modernisme ; la Tradition serait persécutée ; les évêques officiels auraient perdu le sens de la foi ; seule la résistance garantirait la transmission. Le discours est excessif, parfois injuste, souvent fermé. Il n’est pas né de rien. Une institution qui refuse de voir les signes de vie chez ses enfants les plus turbulents ne doit pas s’étonner qu’ils aillent dresser leur tente hors du camp.

Reste que la Fraternité n’est pas une blanche colombe. Elle aime son rôle de dissidente. Elle a trouvé, dans cette position, une noblesse, une dramaturgie, un théâtre clérical, une raison d’être. Ses dirigeants savent bien qu’une réintégration complète dans l’Église romaine ferait courir un risque immense à leur entreprise. Dans la grande hiérarchie catholique, ils deviendraient une réalité parmi d’autres, soumise aux nominations, aux arbitrages, aux humeurs romaines, aux évêques locaux, aux lenteurs de la Curie. Ils perdraient cette autonomie qui est devenue leur oxygène. L’obéissance au pape, si souvent invoquée dans les sermons anciens, leur coûterait alors beaucoup plus cher qu’ils ne veulent l’avouer.

Il y a aussi, chez eux, un esprit caporaliste qui ne promet pas que des douceurs. Les prêtres y disposent de peu d’initiative. Un supérieur déplace, corrige, surveille, reprend. Un soupçon d’indépendance suffit à faire passer un homme de Bretagne en Touraine, ou d’ailleurs encore plus loin. Beaucoup de jeunes gens aiment cet ordre, cette discipline, cette verticalité. Elle les rassure dans un monde liquide. Elle leur donne des chefs dans une époque qui ne produit plus que des gestionnaires. Elle peut aussi dessécher les caractères, étouffer les intelligences, transformer la fidélité en obéissance automatique.

Les laïcs, lorsqu’ils observent ce conflit, oublient souvent une donnée essentielle : le temps ecclésiastique n’est pas le temps ordinaire. Pour un journaliste, une crise dure trois jours. Pour un parti, elle dure une législature. Pour une entreprise, un exercice comptable. Pour l’Église, elle peut durer cinquante ans, un siècle, davantage encore. Rome sait attendre. Les schismes, les dissidences, les vieux-croyants, les Églises séparées, les communautés en rupture, tout cela appartient à sa longue mémoire. Elle ne raisonne pas seulement en termes de scandale immédiat, mais de vieillissement, d’épuisement, de succession, de retour possible ou de disparition lente.

Écône raisonne également dans cette durée. Les sacres de 1988 devaient être une exception. Ceux de 2026 montrent qu’ils sont devenus un système. C’est le point décisif. L’état de nécessité, invoqué une première fois par Mgr Lefebvre, s’est changé en principe permanent. La Fraternité ne dit pas : nous posons un acte terrible en attendant une solution. Elle dit désormais : nous devons assurer notre hiérarchie pour les décennies qui viennent. En langage romain, cette nuance pèse plus lourd que toutes les déclarations d’amour au pape.

Au fond, ces quatre nouvelles mitres ne changent pas grand-chose à l’affaire. Elles remettent une bille dans la machine, relancent le mécanisme et prolongent la partie de vingt ans. Rome sanctionnera, ou temporisera d’une manière qui ressemblera à une sanction. Écône protestera de sa fidélité, tout en consolidant son autonomie. Les fidèles chanteront plus fort. Les bureaux romains classeront les dossiers. Les journalistes parleront de schisme. Les familles traditionalistes continueront d’inscrire leurs enfants dans les écoles où l’on apprend le catéchisme d’antan comme on apprenait autrefois les déclinaisons.

Dans vingt ans, peut-être, une autre génération prélats romains, moins obsédée par les querelles de Vatican II, regardera cette affaire avec davantage de sang-froid. Peut-être que l’Église officielle, ayant perdu encore des forces, acceptera de faire une place plus large à ceux qui auront conservé des prêtres, des familles et des vocations. Peut-être aussi que la Fraternité se sera tellement habituée à sa forteresse qu’elle ne saura plus ouvrir les portes. Rien n’est moins sûr. L’histoire de l’Église est pleine de retours inespérés et de ruptures devenues habitudes.

À Barjols, le vieux monsieur replia finalement son journal. Il but le fond de son café, remit son chapeau de paille et s’éloigna dans la lumière provençale. Je restai avec mon verre de rosé et cette une de La Croix en tête : « Le schisme ». Le mot était lourd, presque médiéval, et pourtant très moderne. Il disait moins une rupture soudaine qu’une séparation longtemps préparée, entretenue par deux camps qui se reprochent mutuellement de ne pas vouloir revenir.

Écône n’est pas seulement une dissidence. C’est un miroir. La Rome d’aujourd’hui y voit ce qu’elle ne veut plus être : la soutane, le latin, la doctrine formulée sans précautions oratoires, les familles nombreuses, la verticalité liturgique, le refus de confondre la foi avec l’accompagnement social du temps présent. La Rome de demain, qui sait, y trouvera peut-être le reflet de ce qu’elle voudra redevenir, lorsque les prudences pastorales auront achevé de vider les nefs et que les mots d’inclusion, d’écoute et de dialogue auront rendu leur dernier son dans des sacristies désertes.

Car le catholicisme français ne meurt pas tout à fait de la manière dont on le croit. Le vieux catholicisme sociologique, celui des paroisses pleines par habitude, des patronages, des familles allant à la messe comme on allait au marché, celui-là s’efface, emportant avec lui des prêtres, des églises, des écoles, des usages, et jusqu’à une certaine familiarité populaire avec le sacré. À sa place, encore minoritaire, encore fragile, naît un catholicisme plus choisi, plus conscient, plus identitaire, souvent plus jeune, attiré par les formes anciennes, les écoles nouvelles, les communautés exigeantes, les séminaires où l’on ne rougit plus de porter la soutane. C’est ce catholicisme-là qui embarrasse Rome et déconcerte l’épiscopat français. Il suffit de lire La Croix pour s’en aviser : on y parle volontiers de renouveau lorsqu’il est conforme au vocabulaire du siècle ; on s’inquiète beaucoup lorsqu’il prend le visage d’une tradition qui revient.

Ainsi les sacres d’Écône ne sont pas seulement un acte canonique de rupture, ni même une querelle de mitres entre Rome et une Fraternité jalouse de sa citadelle. Ils signalent, à leur manière raide et caporaliste, le retour d’une question que l’on croyait ensevelie sous les décombres de l’après-concile : que reste-t-il de l’Église lorsqu’elle ne veut plus paraître elle-même ? On peut condamner ces sacres. On peut s’en féliciter. On peut s’en attrister. Il demeure cette évidence : dans une Église où tant de choses meurent sans bruit, ceux qui provoquent encore des tempêtes sont souvent ceux qui affirment, avec une obstination parfois excessive, que tout ne doit pas mourir.

Balbino Katz
— chroniqueur des vents et des marées —

[email protected]

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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16 réponses à “Quatre nouvelles mitres à Écône : ce que le sacre des évêques lefebvristes dit vraiment”

  1. Bibi dit :

    Très bonne analyse. Ayant connue ce type d’école sans contrat, puis leur clergé je confirme que tout ce que vous dites est vrai. J’ai trouvé que leur foi était sans doute , sans humilité mais orgueilleuse et crispée. J’y ai trouvé beaucoup de dureté morale , de mépris et de sécheresse d’âme et puis aussi beaucoup de sollicitations pécunières il faut bien le dire. Lorsqu’on est jeune on y trouve une exaltation qui convient et puis l’âge venant les défauts apparaissent plus criants. A l’âge adulte, l’obligation de cotoyer le monde réel par l’obligation de travailler est un choc. On cherche alors à aller dans l’église conciliaire et leurs homélies d’ONG vous rebutent. Bref, on ne trouve plus sa place ni chez les « Pie V » ni chez les « Paul VI ».

  2. ST dit :

    Cher Monsieur Katz
    Comme tous les journalistes, vous parlez parfois un peu trop vite. C’est dommage, car ces erreurs entachent la crédibilité de ce qu’ils écrivent. Les abbés Laguérie et Tanouarn n’ont pas quitté d’eux-mêmes la Fraternité comme vous l’écrivez. Ils ont été exclus de la Fraternité Saint Pie X en 2004 (peut-être n’était vous pas né à l’époque) par Mgr Fellay, avec 3 autres prêtres. Ils sont si peu partis d’eux-mêmes qu’ils ont d’ailleurs contesté cette décision.

  3. Surdouf dit :

    Analyse interessant mais l’on juge l’arbre à ses fruits. Les églises conciliaires se vident toujours de plus en plus, tandis que les lieux de culte traditionnel grandissent et se développent constamment.
    Le nécessité d’une religion authentiquement catholique est de plus en plus nécessaire pour notre société sans morale et sans repaire et seul l’église traditionnelle est en mesure de l’apporter.

  4. Alphonse Ratisbonne dit :

    Votre article laisse supposer que l’évolution actuelle de la Rome acquise au modernisme est normale, comme si c’était le destin ou une adaptation au monde qui devait se faire, parce que les temps étaient mûrs.
    Comme si le modernisme n’avait pas été condamné, comme si il n’avait pas tramé contre l’Église d’obscurs complots depuis la seconde moitié du XIXe siècle, comme si les présupposés hétérodoxes du modernisme n’étaient pas radicalement opposés à la foi catholique de toujours. Comme si les quatre États confédérés n’avaient pas participé indirectement ou même activement à une tentative de destruction de l’Église sans commune mesure. Comme si n’avait pas été changé au point que l’on puisse dire que c’est bien une nouvelle « église », une nouvelle religion : le catéchisme, la morale, la liturgie, le droit canon, les sacrements (invalides) etc. pour non seulement se conformer au monde mais aussi pour être le réceptacle de toutes les religions. La Pachamama, la déclaration d’Abu Dhabi, c’est juste la continuité d’Assise et de Nostra Aetate, de Blondel, Loisy et Sangnier.
    Je ne suis plus fidèle de la FSSPX, car ils concluent mal le problème de Vatican d’eux, et peut-être qu’il y a un peu de vrai dans votre critique, mais la critique la plus cinglante qui devait être faite est celle qui concerne le modernisme, poussé par les loges, qui se drape sous les oripeaux catholiques.

  5. RAYMOND NEVEU dit :

    Comme très souvent excellent article et comme toujours dès le premier paragraphe j’en reconnaissais l’auteur.Je ne vais pas entrer dans des querelles de boutiquiers, la multiplicité des petites sectes de cheffaillons toutes parties d’un pays pourri les Etats Unis ou ses voisins proches incitent à se méfier. Je préfère remarquer ces jeunes femmes d’une école hors contrat car c’est bien vu messire don Balbino ce monde existe. Seul Ecône est solide et cela nous change des bêlements et feulements de la messe officielle.

  6. Denis BIGEARD dit :

    Il ne manque qu’une chose à cette analyse : le vrai motif de désaccord qui est dans le refus absolu de revenir sur les enseignements précédents et constants pour aller vers des « hérésies » multi-condamnées depuis longtemps, à savoir « le modernisme » et « l’oecuménisme » qui accorde aux autres religions la même « valeur » qu’à celle du Christ, le SEUL DIeu venu sur terre pour se manifester et fonder son Eglise. Le « schisme » ce sont les organisateurs de cette révolution qui l’onr créé, et ce sont les francs-macs qui ont infiltré l’église catholique depuis 100 ans… Il manque aussi le rappel qu’il y a eu TRENTE-CINQ « anti-papes » des origines jusqu’à 1500… Donc les Papes et leurs troupes ne sont PAS « infaillibles et incritiquables ».

  7. Brewallan dit :

    J’apprécie à la fois l’ironie et la justesse de cet article.

    En état d’excommunication, ils ne sont certes que des « lefebvristes » et on voit que l’auteur connaît la situation de l’Eglise. Plus vraiment catholiques, malgré leurs oripeaux.

    Il y a du formalisme, de la sécheresse de cœur dans ces sacres. Un malaise.

    Mais, par ailleurs, nous savons leur dévouement et sommes navrés que toutes les mains tendues depuis le siège de Rome finissent en eau de boudin. Quel gâchis !

  8. jr dit :

    Merci pour ce bel article et cette plume vive soyeuse qui le structure !

  9. Véra dit :

    un monde qui ne respire plus avec le dehors finit par prendre l’air extérieur pour un poison
    Rien que cette phrase montre combien votre vision de ces catholiques est partiale et partielle.
    Croyez vous donc que nous, les fidèles, vivions dans nos chapelles, dans l’entre soi confortable d’une société parallèle sans contact avec le monde extérieur ?
    Nous avons un travail, des collègues, des voisins, nous participons à la vie de la société et parfois plus que d’autres… Nous avons même internet pour vous lire et vous répondre 😉
    Mais oui, nous revendiquons d’être dans ce monde mais pas du monde. Bref, catholique quoi… Manifestement pendant 2000 ans c’était la marque chrétienne et nous l’assumons, même si nous ne sommes que trop conscients de notre faiblesse humaine blessée par le péché originel et de nos défauts.
    Je lis des commentaires qui parlent de « sécheresse de cœur » chez nous, c’est sans doute vrai à divers degrés mais je me réjouis de comprendre que ces commentateurs voire l’auteur de ce texte, eux ont le cœur pur, l’intention droite et débordent de charité bienveillante. N’est-ce pas ?

  10. Véra dit :

    Addendum : je parlais de nous les fidèles, mais la compréhension du monde « moderne » par nos prêtres (et même nos religieuses, qu’elles soient enseignantes ou contemplatives) vous surprendrait…

    Pour les écoles, vous nous accorderez que l’enfance est plutôt le temps de la préservation et de l’enseignement, pas celui de la confrontation à la perversité du monde

    Et encore, la dureté de la vie se fait bien sentir à eux assez tôt. Mais rassurez-vous, ces enfants deviendront des jeunes gens qui partiront se confronter au monde assez tôt pour leurs études supérieures, leur formation professionnelle et tracer leur propre chemin.

    Nous préférons qu’ils abordent cette étape de la vie bien formés et « armés » plutôt que jetés dans le grand bain trop tôt et trop mal…

    Après, ils feront leurs choix, ils ont leurs libre arbitre. Mais il ne peut y avoir choix que l’esprit bien formé et la conscience claire. Je ne suis pas sur que le système éducatif actuel soit le mieux placé pour nous faire la leçon.

  11. M. A. dit :

    « Dans vingt ans, peut-être, une autre génération de prélats romains, moins obsédée par les querelles de Vatican II, regardera cette affaire avec davantage de sang-froid. Peut-être que l’Église officielle, ayant perdu encore des forces, acceptera de faire une place plus large à ceux qui auront conservé des prêtres, des familles et des vocations. » C’était l’espoir, je pense, de Mgr Lefebvre, et aussi des 4 qu’il a fait évêques , au moins lors de leur sacre.
    Mais, « Peut-être aussi que la Fraternité se sera tellement habituée à sa forteresse qu’elle ne saura plus ouvrir les portes. » Moi qui ne suis pas une fidèle de la fraternité Saint Pie X, mais une simple catholique, mon espoir est que vous ayez raison : « Rien n’est moins sûr. L’histoire de l’Église est pleine de retours inespérés… » Pour l’heure, l’Eglise Conciliaire à mes yeux affligés se comporte en parent indigne, incapable d’élever des enfants en jachère, qui se vautre avec eux dans la fange, elle qui sait de longue mémoire ce qu’est la fange et où mène la fange, elle qui doit être éducatrice, c’est à dire conduire, diriger, montrer le chemin hors de cette fange, précisément. Et c’est ce qui va se passer, c’est déjà en cours. Des prêtres plus jeunes, la petite quarantaine, plus armés, plus aguerris d’un point de vue doctrinal, plus fermes, plus forts aussi sans doute, ont repris au moins une partie de la Tradition avec une majuscule et sans froufrou : ils re-cathéchisent leurs ouailles chaque dimanche dans leur sermon en partant de l’évangile et des lecture. Ils réparent « La Chaîne d’Or ».
    Le coq a beau chanter, une fois, deux fois, trois fois ! « Tu es Pierre, et sur ce rocher je bâtirai mon Église ; et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle ».

  12. Torr'Pen dit :

    Fin, intelligent et documenté comme toujours, cher Balbino, yéhad mad avec votre rosé.

  13. DR HERVE M. THYEBAULT dit :

    Paul VI pour la fête de saint Pierre et Saint Paul en 1972 affirmait que « Les fumées de Satan sont entrées dans le peuple de Dieu » suite à Vatican 2. Déjà le 7 décembre 1968, il martelait : « L’Église se trouve en une heure d’inquiétude, d’autocritique, on dirait même d’autodestruction. C’est comme un bouleversement intérieur, aigu et complexe, auquel personne ne se serait attendu.
    Les loges ,les déviances sont rentrées au Vatican et la FSSPX est seule à s’en écarter et cela est mieux ainsi. Et comme sous Rome , les catholiques sont et seront persécutés mais leur foi inébranlable en sortiront vainqueurs.
    HAUT LES COEURS

  14. Balbino Katz dit :

    Cher ST,

    Vous avez raison sur le point précis que vous relevez, et je vous remercie de cette correction. Les abbés Philippe Laguérie et Guillaume de Tanoüarn n’ont pas quitté d’eux-mêmes la Fraternité Saint-Pie X au sens où je l’ai écrit trop rapidement. Ils en ont été exclus en 2004, avec d’autres prêtres, par décision de Mgr Fellay, décision qu’ils ont d’ailleurs contestée. Je puisais ici dans ma mémoire, sans vérifier assez soigneusement le détail des circonstances. Dont acte.

    Je me permettrai seulement une nuance sur votre reproche général. Je ne me tiens pas pour journaliste, encore moins pour enquêteur. Je me considère plutôt comme un chroniqueur : j’observe, je relis des événements à la lumière de souvenirs, de lectures, d’impressions anciennes, et j’essaie d’en tirer une réflexion. Cela ne m’exempte évidemment pas de l’exactitude factuelle, et vous avez raison de rappeler que la moindre erreur affaiblit un propos, surtout lorsqu’il touche à des sujets aussi chargés d’histoire et de passions.

    Sur le fond, toutefois, cette précision ne change pas entièrement l’idée que je voulais exprimer. Ces prêtres ont bien fini hors de la Fraternité, et leur trajectoire a montré qu’ils incarnaient une sensibilité plus libre, plus intellectuellement mobile, moins accordée à l’esprit très disciplinaire qui règne à Écône. Qu’ils aient été exclus plutôt que partis d’eux-mêmes rend même, d’une certaine manière, le phénomène plus significatif encore.

    Je vous remercie donc sincèrement de votre vigilance. Quant à la petite pique sur mon âge, elle m’a fait sourire : j’étais malheureusement déjà né en 2004, et depuis assez longtemps pour avoir connu quelques vieilles querelles catholiques qui n’ont pas toutes rajeuni ceux qui les ont traversées.

    Bien cordialement,

    Balbino Katz

  15. Alex dit :

    Les traditionnalistes c est 600000 personnes dont 100000 en france .
    Leur sociologie n est pas la france du proletariat et des pays historiques mais HÉLAS celle du tertiaire et de la petite bougeoisie du centre ville…
    Arretons de leur servir la soupe ces gens ne representent rien…
    En quoi nous devrions nous alarmer des turpitudes internes de 2/100 de catholiques pratiquants souvent tres ages.
    Il ne me semble pas avoir vu ces 40 dernieres annees (au dela du discours type civitas TOTALEMENT INAUDIBLE) une seule action catholique succeptible de redresser le pays.
    Laissons donc ces ringards dans leur vase clos(au plutot leur serre chaude) ca nous fera des vacances.

  16. RAYMOND NEVEU dit :

    Il est vraiment méchant Alex dura lex sed lex! Rassurez-vous vos 2% peuvent s’offrir un bon potage (pas potache) avec légumes bio et un rosé de Coeurs Vendéens le Caravage. Ceci dit T.M. nous sert de bons articles c’est un pilier de B-I comme un pilier de la Loge. Histoire de donner de l’urticaire à certains! MDR.

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