La 109ᵉ édition du Tour d’Italie s’élancera ce vendredi 8 mai 2026 depuis la station balnéaire de Nessebar, sur les rives bulgares de la mer Noire, pour rejoindre Rome trois semaines plus tard, au terme de 21 étapes, 3 467 kilomètres et près de 48 700 mètres de dénivelé positif. Une édition qui s’annonce particulièrement spectaculaire, avec un parcours résolument tourné vers les grimpeurs, un tracé qui rompt avec les habitudes pour faire la part belle aux Dolomites lors d’une dernière semaine annoncée d’anthologie, et un favori qui domine de la tête et des épaules : le Danois Jonas Vingegaard, qui dispute son tout premier Giro et qui pourrait inscrire le Trofeo Senza Fine à un palmarès qu’il n’arrête plus d’enrichir depuis 2022.
Le Grand Départ : trois étapes en Bulgarie pour ouvrir le bal
Pour la deuxième année consécutive, le Giro pose ses valises hors d’Italie pour son Grand Départ, après le succès rencontré l’an dernier en Albanie. C’est cette fois la Bulgarie qui accueille le peloton pour trois étapes initiales, du vendredi 8 au dimanche 10 mai, avant un transfert vers la péninsule italienne et une journée de repos anticipée le lundi 11 mai.
L’étape 1, vendredi 8 mai, Nesebar — Burgas (156 km), déroulera son tracé le long du littoral de la mer Noire sur un profil totalement plat. Une étape taillée pour les sprinteurs, qui verra l’attribution du premier maillot rose de l’édition. Jonathan Milan (Lidl-Trek), Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA CGM Development Team), Paul Magnier (Soudal Quick-Step), Dylan Groenewegen (Unibet Rose Rockets) et Arnaud De Lie (Lotto Intermarché) devraient se disputer la première levée du sprint.

L’étape 2, samedi 9 mai, Burgas — Veliko Tarnovo (220 km), est l’une des plus longues du Giro 2026 et s’annonce nettement plus piégeuse. Son profil usant et sa montée finale du monastère de Lyaskovets (3,6 km à 6,6 %) à dix kilomètres de l’arrivée pourraient casser les trains de sprinteurs et favoriser les puncheurs.

L’étape 3, dimanche 10 mai, Plovdiv — Sofia (174 km), achève le triptyque bulgare avec une arrivée dans la capitale précédée du Borovets Pass (8,9 km à 5,3 %). L’étape devrait permettre une première lecture de la condition physique des favoris du général.

Première semaine en Italie : le Sud, puis le Blockhaus
Après le transfert et la journée de repos du lundi 11 mai, le peloton retrouve l’Italie en Calabre. Cette première semaine sur le sol italien comporte plusieurs étapes piégeuses et une première arrivée mythique au sommet du Blockhaus.
L’étape 4, mardi 12 mai, Catanzaro — Cosenza (138 km), propose un profil typiquement italien : une grosse difficulté en milieu de parcours suivie de vingt kilomètres de plat avant l’arrivée. Une étape indécise.

L’étape 5, mercredi 13 mai, Praia a Mare — Potenza (203 km), lance véritablement les hostilités pour les favoris. L’enchaînement de difficultés, dont la redoutable Montagna Grande di Viggiano (6,6 km à 9,2 %), pourrait piéger un leader insuffisamment préparé.

L’étape 6, jeudi 14 mai, Paestum — Naples (142 km), marque un retour au calme avec une étape plate qui devrait sourire aux sprinteurs sur un final urbain potentiellement nerveux.
L’étape 7, vendredi 15 mai, Formia — Blockhaus (244 km), constitue le premier grand rendez-vous de cette édition. Une distance marathon comme on n’en avait plus vu depuis très longtemps sur un Grand Tour, et une arrivée mythique au sommet du Blockhaus par son versant sauvage de Roccamorice — quatorze kilomètres à plus de 8 % de pente moyenne. C’est ici que la hiérarchie du général se dessinera pour la première fois nettement.

L’étape 8, samedi 16 mai, Chieti — Fermo (157 km), propose un parcours vallonné taillé pour les puncheurs sur un final explosif où les sprinteurs auront peu de chances.

L’étape 9, dimanche 17 mai, Cervia — Corno alle Scale (184 km), offre une nouvelle arrivée en altitude. La montée finale de 12,8 km à 5,9 %, longue mais moins irrégulière que celle du Blockhaus, devrait stabiliser le classement avant la deuxième journée de repos.

Deuxième semaine : le contre-la-montre, puis la première étape alpine
Après la deuxième journée de repos du lundi 18 mai, le peloton retrouve la course pour le seul exercice contre la montre de cette édition.
L’étape 10, mardi 19 mai, Viareggio — Massa (42 km en contre-la-montre individuel), constitue le grand rendez-vous des spécialistes de l’effort solitaire. Un tracé totalement plat, long et exigeant, qui pourrait creuser des écarts considérables au général. Un moment-clé pour les rouleurs.

L’étape 11, mercredi 20 mai, Porcari — Chiavari (195 km), propose un parcours accidenté en Ligurie où les sprinteurs auront du mal à suivre. Le San Bartolomeo devrait permettre des attaques décisives. Terrain idéal pour une échappée de costauds.

L’étape 12, jeudi 21 mai, Imperia — Novi Ligure (175 km), malgré un léger relief en milieu de parcours, devrait permettre aux sprinteurs encore en course de glaner une nouvelle victoire.

L’étape 13, vendredi 22 mai, Alessandria — Verbania (189 km), propose un final explosif qui incitera les puncheurs à attaquer dans les neuf derniers kilomètres. Difficile pour les équipes de sprinteurs de contrôler ce final.

L’étape 14, samedi 23 mai, Aoste — Pila (133 km), marque le premier grand rendez-vous alpin de cette édition. Courte mais ultra-dense, elle enchaîne les cols sans répit (Saint-Barthélemy, Verrogne) avant la montée finale vers Pila. Plus de 4 000 mètres de dénivelé positif sur un format ramassé : une véritable étape de grimpeurs où le général peut exploser.

L’étape 15, dimanche 24 mai, Voghera — Milan (157 km), constitue une étape de transition après les efforts alpins. Plate, avec un final urbain classique à Milan, elle reviendra logiquement aux sprinteurs encore présents dans la course.
Troisième semaine : la consécration dans les Dolomites
Après la troisième et dernière journée de repos du lundi 25 mai, la dernière semaine s’annonce comme la plus exigeante du Giro 2026, avec un crescendo de difficultés jusqu’au verdict final dans les Dolomites.
L’étape 16, mardi 26 mai, Bellinzona — Carì (113 km), marque un bref passage en Suisse pour une étape courte mais explosive. L’arrivée brutale au sommet de Carì (11,7 km à 8 %), à 1 655 mètres d’altitude, est idéale pour dynamiter le classement général au sortir du repos.

L’étape 17, mercredi 27 mai, Cassano d’Adda — Andalo (202 km), propose une longue étape vallonnée avec un final en montée vers Andalo. Pas une arrivée extrêmement raide, mais suffisamment difficile pour faire la décision parmi les puncheurs et les leaders du général.

L’étape 18, jeudi 28 mai, Fai della Paganella — Pieve di Soligo (167 km), offre malgré le Muro di Ca’ del Poggio une dernière opportunité aux sprinteurs présents dans la course pour décrocher une victoire avant le bouquet final.

L’étape 19, vendredi 29 mai, Feltre — Alleghe (Piani di Pezzè) (151 km), constitue l’étape reine de ce Giro 2026. Et quel programme. Le Passo Duran (12,1 km à 8,2 %), le Col Coi (5,8 km à 9,7 %), la Forcella Staulanza (6,3 km à 6,7 %), le Passo Giau, Cima Coppi de cette édition à 2 233 mètres d’altitude (9,9 km à 9,3 %), le Passo Falzarego (10 km à 5,6 %) et enfin le mur d’Alleghe (5 km à 9,6 %) en arrivée. Un chef-d’œuvre de tracé qui devrait offrir une étape mémorable. Le verdict du Giro 2026 pourrait bien se jouer là, dans les pentes les plus mythiques des Dolomites.

L’étape 20, samedi 30 mai, Gemona del Friuli — Piancavallo (200 km), propose le dernier rendez-vous montagneux avec une double montée vers Piancavallo (14 km à près de 8 % en final). Pour les leaders qui auraient encore besoin de creuser ou de combler des écarts, c’est l’ultime occasion.

L’étape 21, dimanche 31 mai, Rome — Rome (131 km), conclut le Giro 2026 par un circuit triomphal au cœur de la capitale italienne, devant le Colisée. Une arrivée habituellement réservée aux sprinteurs et qui marquera le sacre du nouveau vainqueur du Trofeo Senza Fine.

Vingegaard, immense favori d’un peloton décimé par les forfaits
Sur le plan sportif, ce Giro 2026 sera dominé par une figure : Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike). Le Danois de 29 ans, double vainqueur du Tour de France (2022 et 2023) et du Tour d’Espagne, dispute son tout premier Giro dans une optique limpide : compléter son palmarès en remportant le seul Grand Tour qui lui manque encore. Vainqueur de Paris-Nice et du Tour de Catalogne en début de saison, où il a remporté plusieurs étapes, le coureur de la Visma-Lease a Bike s’élance dans des conditions optimales et avec une équipe entièrement dédiée à sa cause.
Surtout, la concurrence s’est trouvée considérablement allégée par une série de forfaits notables. João Almeida, le grimpeur portugais d’UAE Team Emirates XRG qui devait partager le leadership de l’équipe, ne sera pas du Giro 2026. Richard Carapaz, troisième de l’édition 2025, a également déclaré forfait. Mikel Landa complète cette liste de défections d’envergure. Autant d’absents qui rendent la voie de Vingegaard particulièrement dégagée.
Parmi les outsiders susceptibles de l’inquiéter — ou plutôt d’aller chercher le podium —, plusieurs noms ressortent. Adam Yates (UAE Team Emirates XRG), à qui les absences de ses équipiers Almeida et Isaac Del Toro offrent une carte à jouer en leader unique. Le Britannique pourrait enfin signer la grande performance qu’on attend de lui sur trois semaines. Ben O’Connor (Jayco AlUla), réputé pour sa solidité sur les Grands Tours et habitué des places d’honneur. Giulio Pellizzari (Red Bull-BORA-hansgrohe), vainqueur du dernier Tour des Alpes et sixième du Giro 2025, qui confirme depuis plusieurs semaines une forme étincelante et qui pourrait bien créer la surprise sur ses terres natales. Felix Gall (Decathlon CMA CGM), dont l’équipe française est en plein dynamique, devrait au minimum jouer le top 5. Thymen Arensman (Ineos Grenadiers), sixième en 2023 et 2024 avant sa chute en 2025. Enric Mas (Movistar), malgré un début de saison compliqué. Egan Bernal (Ineos Grenadiers), deuxième du récent Tour des Alpes, qui pourrait jouer son va-tout dans les Dolomites. Giulio Ciccone (Lidl-Trek), Aleksandr Vlasov (Red Bull-BORA-hansgrohe), Santiago Buitrago (Bahrain Victorious) et Harold Martin Lopez (Astana Qazaqstan) complètent la liste des outsiders crédibles.
Une bataille relevée pour le maillot cyclamen des sprinteurs
Si la lutte pour le maillot rose semble écrite d’avance, celle pour le maillot cyclamen du classement par points s’annonce nettement plus disputée. Jonathan Milan (Lidl-Trek), à domicile et auréolé de son titre récent, fait figure de favori naturel. Tobias Lund Andresen (Decathlon CMA CGM Development Team), particulièrement en vue depuis le début de la saison, devrait être son principal contradicteur. Paul Magnier (Soudal Quick-Step), prodige français en pleine ascension, Dylan Groenewegen (Unibet Rose Rockets) et Arnaud De Lie (Lotto Intermarché) compléteront un peloton de sprinteurs particulièrement relevé.
Diffusion et calendrier
L’intégralité du Giro 2026 sera diffusée en France sur les chaînes Eurosport, détentrices des droits jusqu’en 2029. Eurosport Max retransmettra l’ensemble des étapes en direct, du grand départ bulgare aux derniers kilomètres romains.
Pour les amateurs de cyclisme, ces trois semaines de mai constituent l’un des temps forts de la saison. Avec un parcours qui renoue avec la grande tradition italienne du Giro — exigence montagnarde, étapes-marathon, Cima Coppi mythique dans les Dolomites — et un casting qui rassemble la quasi-totalité de l’élite du grimpeur mondial, le Giro 2026 a tous les ingrédients pour offrir un spectacle de premier plan.
Et pour Jonas Vingegaard, peut-être, l’occasion de rejoindre le club très fermé des coureurs ayant remporté les trois Grands Tours de leur carrière. À 29 ans, le Danois aborde l’épreuve dans la force de l’âge et avec une motivation intacte. Son verdict, et celui du peloton tout entier, sera connu le 31 mai au pied du Colisée.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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