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MaPrimeRénov’ s’apprête à connaître un nouveau changement de cap. À compter du 1er septembre 2026, le gouvernement souhaite réduire fortement la liste des travaux pouvant être financés séparément, sans rénovation globale du logement. Mais au 24 juillet, le décret et l’arrêté nécessaires ne sont toujours pas publiés : la réforme reste donc un projet, malgré la volonté clairement affichée par l’exécutif.
Présentés au Conseil national de l’habitat le 2 juillet, les deux projets de texte ont reçu un avis défavorable. Cet avis n’étant que consultatif, le gouvernement peut néanmoins passer outre et maintenir l’entrée en vigueur envisagée à la rentrée.
Isolation, fenêtres et poêles bientôt exclus
Le parcours MaPrimeRénov’ « par geste » permet actuellement de financer certains travaux réalisés séparément. Le projet en retirerait notamment l’isolation des toitures et des combles, le remplacement des fenêtres, les systèmes de ventilation, les poêles à bois ou à granulés, les chauffe-eau thermodynamiques ainsi que plusieurs équipements solaires.
Ces opérations pourraient toujours être subventionnées dans le cadre d’une rénovation d’ampleur. Ce parcours impose plusieurs travaux, dont au moins deux gestes d’isolation, et un gain minimal de deux classes au diagnostic de performance énergétique. Il est désormais recentré sur les logements classés E, F ou G.
Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a assumé sur LCP vouloir favoriser les rénovations « de fond en comble » et financer beaucoup moins les monogestes. Le projet maintiendrait notamment les pompes à chaleur air-eau ou géothermiques, la dépose d’une cuve à fioul et le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid. Les conditions concernant l’audit énergétique devront être précisées par les textes définitifs.
La politique publique devenue illisible
Le gouvernement invoque un « choix de responsabilité » pour concentrer l’argent public sur les rénovations jugées les plus efficaces. Il poursuit également sa stratégie d’électrification : à partir du 1er septembre, la rénovation d’ampleur d’une maison individuelle ne pourra plus être aidée si un chauffage au gaz est conservé après les travaux.
Le recentrage peut se défendre sur le papier. Mais l’État donne une nouvelle fois le sentiment de modifier sans cesse les règles, après la fermeture puis la réouverture du guichet et les restrictions déjà entrées en vigueur. L’isolation des murs et les chaudières à biomasse ne sont ainsi plus financées dans le parcours par geste pour les dossiers déposés depuis le 1er janvier 2026.
Les propriétaires ayant un projet d’isolation, de remplacement de fenêtres ou de chauffage au bois ont donc intérêt à demander rapidement plusieurs devis auprès d’artisans RGE et à préparer leur dossier. La demande doit impérativement être déposée avant le début des travaux. Même si ceux-ci peuvent parfois commencer après confirmation du dépôt, il reste fortement recommandé d’attendre l’accord de l’Anah : le dépôt ne garantit pas l’obtention de la prime.
À force d’instabilité administrative, une aide conçue pour encourager la rénovation risque surtout de décourager ceux qui souhaitent entreprendre.
Crédit photo : capture YouTube (photo d’illustration)
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