Pilule contraceptive : l’ANSM va écrire à 1,6 million de femmes pour les alerter d’un risque de méningiome

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C’est une opération sans précédent que lance l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). À partir du 14 septembre et jusqu’au 30, environ 1,6 million de femmes ayant eu au moins une prescription remboursée d’une pilule contraceptive au désogestrel 75 µg — Cerazette, Optimizette, Antigone, Elfasette et leurs génériques — vont recevoir un courrier personnalisé les informant d’un risque très faible, mais désormais établi, de méningiome, une tumeur qui se développe à partir des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière. Plus de 90 000 professionnels de santé sont également destinataires de l’information. Jusqu’ici, l’agence se contentait de publications génériques sur son site en comptant sur les soignants pour relayer ; c’est la première fois qu’elle écrit directement et nominativement aux patientes, l’objectif affiché étant d’ouvrir le dialogue entre chaque femme et son médecin ou sa sage-femme.

Un risque faible, tardif, et réversible à l’arrêt

La campagne s’appuie sur une étude du groupement scientifique Epi-Phare menée en 2024 sur les données de 8 391 femmes opérées d’un méningiome entre 2020 et 2023. Ses conclusions sont rassurantes pour le lévonorgestrel, seul ou associé à un estrogène : aucune augmentation du risque n’a été observée avec ces contraceptifs très utilisés. En revanche, l’étude met en évidence une augmentation très faible mais réelle du risque chez les femmes de plus de 45 ans utilisant le désogestrel de manière prolongée.

Les ordres de grandeur méritent d’être posés : il faut exposer 67 000 femmes au désogestrel 75 µg pour observer 1 méningiome opéré supplémentaire, et environ 17 000 femmes au-delà de 5 ans d’utilisation. Le risque apparaît à partir de 5 ans de prise et double après 7 ans. Il reste sans commune mesure avec celui de l’Androcur, du Lutéran ou du Lutényl : pour l’acétate de cyprotérone (Androcur), le risque après 5 ans d’exposition avait été estimé à environ 20 fois celui des femmes non exposées — un rapport qui justifie, pour ces derniers produits, une surveillance systématique par imagerie cérébrale. Autre donnée notable : l’excès de risque disparaît des statistiques 1 an après l’arrêt du traitement — ce qui signifie que le sur-risque n’est plus observé chez les femmes ayant arrêté, pas qu’une tumeur existante régresserait.

Pas d’IRM systématique, pas d’arrêt brutal

Le méningiome est une tumeur généralement bénigne, mais qui peut comprimer des structures cérébrales et provoquer des symptômes : maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles du langage ou de l’équilibre, voire épilepsie. Pour autant, l’ANSM écarte toute IRM systématique pour les 1,6 million de femmes concernées, jugée injustifiée. Deux situations appellent en revanche une évaluation médicale et éventuellement une imagerie : l’apparition de symptômes neurologiques évocateurs, et le cas des femmes ayant été exposées plus d’1 an, par le passé, à un autre progestatif à risque — dans cette configuration, le sur-risque lié au désogestrel peut devenir significatif dès la première année.

La marche à suivre est simple : ne pas interrompre sa contraception sans avis médical, ne pas chercher de rendez-vous en urgence, et aborder le sujet lors de la prochaine consultation de routine. Une foire aux questions sera publiée par l’agence.

Des utilisatrices hors du radar

La campagne comporte une limite assumée : elle ne cible que les femmes identifiables par l’Assurance maladie via une prescription remboursée de désogestrel 75 µg seul. Or ce progestatif, ou son métabolite actif l’étonogestrel, entre aussi dans la composition de pilules combinées avec un estrogène et d’anneaux vaginaux — non remboursés, donc dont les utilisatrices ne peuvent être identifiées, sans que le risque puisse être exclu pour autant, l’étude n’ayant pas pu l’évaluer. Quant aux quelque 600 000 porteuses de l’implant Nexplanon, qui contient de l’étonogestrel, elles ne sont pas ciblées non plus : le risque n’a jamais été directement étudié pour ce dispositif, même si la jeunesse de ses utilisatrices laisse penser qu’il pourrait être plus faible.

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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