The Way to Jerusalem : 111 kilomètres à pied de Jaffa à la Ville sainte

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Le pèlerinage à Jérusalem a précédé de plusieurs siècles celui de Compostelle. Il avait pourtant disparu des cartes du marcheur contemporain. Une association israélienne entreprend depuis quelques années de le rouvrir : 111 kilomètres balisés entre le port de Jaffa et la porte de Jaffa, à Jérusalem, six étapes de marche, et une ambition qui dépasse largement le tourisme.

Le tracé

L’itinéraire porte un nom : le Chemin du Silence. Il commence au port de Jaffa et s’achève à la porte de Jaffa, dans les murailles de la Vieille Ville.

Six étapes recommandées :

  • Jaffa – Rishon LeZion : 19 km
  • Rishon LeZion – Ramleh : 12 km
  • Ramleh – Latroun : 26 km
  • Latroun – Abou Gosh : 25 km
  • Abou Gosh – Ein Kerem : 19 km
  • Ein Kerem – porte de Jaffa : 10 km

Les deux premières étapes traversent des rues urbaines encombrées — parti pris assumé par les concepteurs, qui y voient l’apprentissage d’un silence intérieur au milieu du bruit. Au troisième jour apparaissent les collines de Judée. Au quatrième, près du Monument à la Tolérance, le pèlerin dépose une pierre. Puis vient le monastère du Silence, et le début de la longue montée. La cinquième étape redescend dans la vallée, la sixième remonte. Jérusalem ne se dévoile qu’à la fin — murailles modernes enserrant les pierres anciennes.

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À l’arrivée, les marcheurs reçoivent deux certificats : l’un de l’association, attestant l’accomplissement de toutes les étapes à pied, l’autre du ministère israélien du Tourisme.

Screenshot

Une route que les Français connaissent depuis longtemps

Ce tracé n’a rien d’une invention. C’est, pour l’essentiel, la route que les croisés ont empruntée et disputée pendant deux siècles.

Jaffa fut le port de débarquement des pèlerins d’Occident dès l’époque byzantine, puis la tête de pont des armées franques. Après la bataille d’Arsouf, en septembre 1191, l’armée de Richard Cœur de Lion s’en empare et la fortifie pour en faire sa base de départ vers Jérusalem. C’est là que se joue, du 27 juillet au 8 août 1192, la dernière bataille de la troisième croisade : Saladin reprend la ville, Richard débarque de ses galères — la tradition veut qu’il ait sauté à l’eau encore en chaussures de pont — et la reprend avec une poignée de chevaliers et quelques milliers d’arbalétriers génois et pisans. Le traité de Jaffa qui s’ensuit ne rend pas Jérusalem aux chrétiens, mais garantit aux pèlerins le droit d’y entrer librement. Le pèlerinage l’emporte, en somme, là où les armes ont échoué.

Latroun, quatrième étape du chemin, est le Toron des Chevaliers des chroniques franques — forteresse templière commandant l’accès à la montée de Jérusalem. C’est là que Richard passa le Noël 1191. L’abbaye trappiste qui s’y dresse aujourd’hui, fondée en 1890 par des moines français venus de Sept-Fons, produit toujours du vin — ce qui n’est pas anodin pour un chemin membre du réseau Iter Vitis.

Emmaüs, tout proche, est le lieu où selon l’Évangile de Luc le Christ ressuscité rejoignit deux disciples en chemin et se fit reconnaître à la fraction du pain. Difficile d’imaginer référence plus juste pour un itinéraire de marche.

Abou Gosh abrite l’une des plus belles églises croisées conservées de Terre sainte, bâtie au XIIe siècle par les Hospitaliers, dont les fresques romanes sont toujours visibles. L’édifice appartient à la France depuis 1873 — c’est l’un des quatre domaines nationaux français en Terre sainte, avec Sainte-Anne de Jérusalem, l’Éléona et le tombeau des Rois. Il y flotte un drapeau tricolore.

Ein Kerem, avant-dernière étape, est traditionnellement identifié au village de Zacharie et Élisabeth, lieu de la Visitation et de la naissance de Jean-Baptiste.

Autrement dit : le pèlerin qui marche aujourd’hui ces 111 kilomètres emprunte un chemin où la présence européenne et catholique est inscrite dans la pierre depuis huit siècles.

Le projet et ses animateurs

L’association a été fondée par Yael Tarasiuk et Golan Rice. Leur vision affichée : restaurer les anciennes routes de pèlerinage vers Jérusalem et les rendre accessibles à la marche, afin que chacun, d’Israël ou d’ailleurs, puisse effectuer ce trajet en traversant les communautés locales.

Le chemin est adossé à plusieurs réseaux européens : Iter Vitis, itinéraire culturel du Conseil de l’Europe consacré à la culture de la vigne ; le Camino del Santo Grial, qui relie Jérusalem à Valence sur les traces supposées du Saint Graal ; et la plateforme Pilgrimaps. L’association travaille par ailleurs avec plusieurs fédérations espagnoles d’Amis du Chemin de Saint-Jacques — Barcelone, L’Hospitalet, Lugo, Valence.

Les chiffres publiés au 23 juillet dernier restent modestes : 1 474 pèlerins recensés, 61 balises posées, 28 partenariats avec des commerces locaux, 6 partenariats internationaux, 44 donateurs. C’est un chemin en construction. Les guides ne sont pas appelés guides touristiques mais Guides du Chemin. Quatre d’entre eux ont achevé leur formation en février, après six jours de marche avec les fondateurs.

Le Christian Media Center a rendu compte en mai d’un pèlerinage international rassemblant des participants venus d’Extrême-Orient comme d’Occident, dans une ambiance silencieuse, pieuse, de dialogue, et solidaire.

On peut observer que c’est exactement ce que le pèlerinage produit depuis toujours : des gens qui marchent ensemble finissent par se parler. Le principe est astucieux, et il rappelle une évidence que le pèlerin d’Occident oublie parfois : Jérusalem est la ville sainte de trois religions, et le chemin qui y mène a été foulé par toutes.

Informations sur thewaytojerusalem.org.

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2026, dépêches rédigée par la rédaction de breizh-info.com, parfois avec l’aide d’une Intelligence artificielle (correction, mise en forme). Dépêche libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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