Quand les historiens se pencheront sur le récit de ces années 2020, l’affaire de la crêpière de Gomené sera peut-être montrée en exemple de ce que la gauche woke a fait de mieux pour se tirer une balle dans le pied.
Difficile de résumer en deux mots l’historique de l’affaire, mais, en gros, une crêpière « racisée » habitant le petit village de costarmoricain de Gomené gagne un concours de crêpes et, en retour, se prend une bordée d’insultes racistes sur les réseaux sociaux. Combattive, elle prend l’initiative de médiatiser cette affaire et de dénoncer ses détracteurs.
Mais, elle en fait trop. Beaucoup trop. Archi-trop. Elle s’en prend au maire qu’elle accuse de ne pas en faire assez, plaintes, contre-plaintes. Les réseaux sociaux font leur mal habituel. Gomené est montré du doigt jusqu’aux Kerguelen et devient « la ville raciste » pour des gens qui n’y ont jamais foutu les pieds mais qui savent tout. Car toute une troupe d’énervés suit l’affaire à travers les posts de plus en plus ahurissants de Joëlle La crêpière.
Le problème de cette dernière et de son mari est qu’elle a oublié qu’elle était commerçante. Commerçante dans le Centre-Bretagne. Et que malgré ses promesses de « venir manger une crêpe avec son mari martiniquais », Mary Vone, commentaire n°58578545 ne viendra jamais. Quant aux locaux, ils sont plutôt remonté contre Joëlle La crêpière, sympathique au départ et un peu moins cool maintenant.
Un article du Monde de ce lundi nous apprend que la crêperie est désormais ouverte « trois jours par semaine » que sa clientèle est aujourd’hui essentiellement composée de « personnes extérieures attirées par la notoriété de la crêpière » et que l’essentiel du temps du couple est consacré au « combat ». Aller-retour à Paris, envoyer des posts sur les réseaux sociaux, relever les messages qui ne plaisent pas, « chercher des soutiens nationaux médiatiques ». Notamment parmi les professionnels de l’indignation de gauche.
De son côté, le maire Michaël Leveau, issu d’une vieille famille gomenéenne, fils d’ouvrier et d’employée en a pris plein la face mais est resté debout et digne. Et surtout, devient aujourd’hui un emblème pour ses administrés qui en ont marre d’être montrés du doigt à travers le miroir déformant des réseaux sociaux et du discours vindicatif de la crêpîère. Le 18 septembre dernier, la salle communale de Gomené était pleine pour le lancement de l’association « Habitants de Gomené contre le Racisme, pour le respect des personnes et de la démocratie », association dont le nom nébuleux ne pouvait être sorti que d’un cerveau gauchiste. Car l’initiative vient, paradoxalement, de militants de gauche de la commune, plutôt âgés, mais qui connaissent leur maire et la commune et qui en ont marre de se voir salis ainsi à travers le récit manichéen du camp d’en face.
Lors de la réunion, la principale intervenante, pur produit du gauchisme culturel Education nationale, en faisait des tonnes sur le non-racisme des habitants de Gomené. Normal, le « combat contre le racisme » étant devenu le principal sujet à gauche puisque désormais la classe ouvrière est à ranger dans le grenier des « tout blancs tout moches » votant RN. Chacun a donc pris la parole pour exprimer en public sa plus parfaite pureté d’âme en la matière, fouillant éventuellement dans ses arrières-pensées pour voir s’il ne subsisterait pas un petit portrait d’Hitler caché dans un obscur recoin du subconscient.
Mais tout Gomené était là. Gauche-Droite et surtout rien à foutre, les participants ont largement exprimé leur ras-le-bol de la situation et des tonnes d’huiles jetées régulièrement sur le feu.
Du côté de Joëlle la crêpière qui a fait le tour des télés, médias et radios durant l’été, les soutiens changent de nature. La Ligue des Droits de l’Homme de Loudéac, par exemple, s’est largement éloigné d’elle. Alors, le couple court à Paris pour recevoir le soutien de la « Maison des Potes » de SOS Racisme ou, plus local, du pauvre Simon Cojean, humoriste breton qui s’est embarqué dans la galère avec zèle. Armel Le Malabar, célèbre figure de l’internet brestois est venu également poser aux côtés de Joëlle la Crêpière.
Mais même si ces derniers venaient manger trois fois par semaine quatre doubles complètes à la crêperie des légendes de Gomené, on ne voit pas comment le commerce va tenir l’année à venir. Les vacances sont terminées, les enflammés d’internet vont commencer à rester chez eux et Joëlle s’est mis une bonne partie de la population locale à dos. Population qui lui faisait sa clientèle avant l’affaire. D’ailleurs, dès la publication de la vidéo de nos confrères du Courrier Indépendant, la crêpière a relancé la machine avec la nuance et la pondération qui ont caractérisé ses premiers posts. Terrible effet bulle et, peut-être, sentiment de toute puissance issu de la dithyrambe des réseaux sociaux.
On ne peut que souhaiter à cette dame d’avoir prévu un plan B., un poste de crêpière chez SOS Racisme par exemple, parce que les perspectives commerciales semblent bien sombres à Gomené, la ville qui en a marre d’être salie.
Le RN, de son côté, peut se frotter les mains. L’injonction de prouver, surprouver, tétraprouver son anti-racisme en se fouettant d’être un odieux descendant d’esclavagiste de Gomené couplé à la virulence des posts de madame aura largement poussé une partie de la population, qui n’y pensait peut-être même pas avant, dans le bras du Parti mariniste. Jordan Bardella plus Marion Maréchal avaient fait, à eux deux, plus de 40% aux dernières élections européennes de 2024.
Avec Joëlle la crêpière et ses posts, les scores de 2027 devraient être stratosphériques.
Marine Le Pen pourra lui envoyer une nouvelle billig pour la remercier. Le tout est de savoir si le commerce va durer jusqu’en mai 2027… ce qu’on lui souhaite bien sûr.
Mathurin Le Breton
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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