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Il fallait s’armer d’un peu de patience, ces samedi et dimanche 19-20 septembre, pour franchir les 2 ponts-levis du fort la Latte. Sous un grand soleil d’arrière-saison, la foule s’est pressée en nombre sur le cap rocheux de Plévenon, près du cap Fréhel, pour la seconde journée d’histoire vivante organisée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Le cadre y était pour beaucoup : une forteresse du XIVe siècle plantée face à la Manche, dominant la Côte d’Émeraude et la baie de Saint-Malo — l’un des sites les plus spectaculaires du littoral breton.
Tout le week-end, de 10 h 30 à 18 h, la compagnie Les Lames de Sévigné a fait revivre l’atmosphère des XVIe et XVIIe siècles entre les remparts du château de la Roche Goyon — le nom d’origine du fort. Au programme, 8 animations quotidiennes réparties en 2 grands volets : les armes blanches d’un côté, la poudre noire de l’autre.
Escrime ancienne et poudre noire : des ateliers soignés
Démonstrations d’escrime ancienne et de combats, présentation des lames d’époque, reconstituteurs en costume répondant aux questions du public : les ateliers, d’une belle tenue, ont captivé petits et grands. Côté artillerie légère, mousquets, arquebuses et armes à poudre noire étaient de sortie, avec des démonstrations consacrées aux techniques de mise à feu, à l’équipement du soldat et au quotidien de la vie militaire.
Le fil rouge historique de ces animations : le siège de 1597, replacé dans le contexte des guerres de Religion. Cette année-là, les troupes de la Ligue catholique s’emparent du château tenu par des fidèles d’Henri IV, au canon — les châtelets en portent encore les stigmates, tout comme la ligne de bombardement visible sur le donjon. L’assaut fut suivi d’un incendie partiel et d’une longue période d’abandon, avant que Louis XIV ne fasse bastionner la place au XVIIIe siècle pour surveiller les routes maritimes reliant Saint-Malo, la Normandie et les îles Anglo-Normandes.
Un château de cinéma ouvert à la visite libre
Entre 2 démonstrations, les visiteurs pouvaient parcourir librement l’ensemble du site : la barbacane et son jardin médiéval, les châtelets et leurs ponts-levis — volontairement désaxés pour gêner les béliers —, la citerne de 20 000 litres creusée faute de puits possible dans le granite, le four à boulets qui a laissé à la langue française l’expression « tirer à boulets rouges », et bien sûr le donjon des années 1365-1370, orné du tétramorphe et couronné par la sirène des Goyon-Matignon.
Construit à partir de 1340 par Étienne III Goüyon, seigneur de Matignon, assiégé par Du Guesclin dès 1379, le fort est classé monument historique depuis 1925. Sauvé de la ruine par Frédéric Joüon des Longrais, qui l’achète en 1931 et entreprend sa restauration, il demeure une propriété privée ouverte au public — et un décor de cinéma prisé, des Vikings avec Kirk Douglas en 1958 aux Trois Mousquetaires de 2023, en passant par le clip de La Tribu de Dana de Manau.
Le week-end s’achève, mais le fort la Latte se visite toute l’année. Entrée à 6 €, gratuite pour les moins de 18 ans, parking gratuit à une centaine de mètres. Renseignements sur lefortlalatte.com ou au 02 96 41 57 11.
Crédit photo : Breizh-info.com
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