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Après les pillages, les incendies et les dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises les 17 et 18 octobre, la question de l’indemnisation se pose désormais avec acuité. Au moins 3 000 commerces ont été touchés, selon le gouvernement. Si les assureurs annoncent des mesures exceptionnelles, une partie des pertes pourrait rester à la charge des victimes, tandis que l’État et les contribuables pourraient également être sollicités.
Le coût définitif des destructions demeure inconnu. Selon une estimation préliminaire de l’agence Morningstar DBRS, les pertes assurées pourraient atteindre 1,2 milliard d’euros. À titre de comparaison, les émeutes de l’été 2023 avaient provoqué 793 millions d’euros de sinistres assurés, pour des dégâts matériels estimés à près d’un milliard d’euros par le Sénat.
Des indemnisations qui dépendent des contrats
Contrairement à une idée répandue, les dégâts causés par les émeutes ne sont pas automatiquement couverts. L’article L.121-8 du Code des assurances exclut en principe ce risque, sauf disposition contractuelle contraire. Selon France Assureurs, la plupart des contrats couvrant les commerces et les immeubles comportent néanmoins une garantie « émeutes et mouvements populaires ».
Pour les commerçants, les difficultés concernent notamment les pertes d’exploitation. Une fermeture prolongée n’ouvre droit à indemnisation que si une garantie spécifique a été souscrite et que les conditions prévues au contrat sont réunies.
Face à l’ampleur des destructions, France Assureurs a annoncé lundi 19 octobre un allongement à 30 jours du délai de déclaration des sinistres, ainsi qu’une accélération des expertises et du versement d’acomptes. Certains assureurs, dont Axa et les Assurances du Crédit mutuel, ont également annoncé la suppression de franchises pour certaines catégories de dommages, sous conditions.
La facture pourrait aussi peser sur les Français
Au-delà des assureurs, la responsabilité financière de l’État pourrait être engagée. L’article L.211-10 du Code de la sécurité intérieure prévoit sa responsabilité civile pour certains dommages causés par des crimes ou délits commis lors d’attroupements. Cette prise en charge n’est toutefois pas automatique, notamment lorsque les dégradations résultent d’actions préméditées par un groupe structuré.
Un nouveau mécanisme national de couverture des émeutes a bien été voté dans la loi de finances 2026, mais il n’est pas encore entré en vigueur.
À terme, la répétition de telles violences pourrait également contribuer à renchérir certaines assurances, particulièrement pour les commerces exposés. Entre indemnisations publiques, cotisations d’assurance et pertes non couvertes, la facture des émeutes risque donc de dépasser largement les seuls établissements vandalisés.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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