Pillages du 17 octobre : une facture estimée à plus d’un milliard d’euros

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Onze jours après les violences survenues en marge des manifestations contre la vie chère, les premières estimations financières font apparaître une facture qui pourrait dépasser le milliard d’euros. Des milliers de commerces ont été touchés, tandis que les autorités cherchent à identifier les marchandises suspectées d’avoir été volées et à empêcher leur revente.

Des milliers de commerces sinistrés

Selon le bilan provisoire présenté mardi 27 octobre par CCI France, 2 488 commerces et entreprises ont été touchés le 17 octobre, dont 1 161 lourdement dégradés par des pillages, saccages ou incendies. Quelque 643 établissements étaient encore fermés. Cinquante autres commerces ont été affectés lors des manifestations du 24 octobre.

La Fondation IFRAP évalue la facture à environ 1,1 milliard d’euros dans son hypothèse haute, dont 910 millions de dégâts matériels et 190 millions de pertes d’exploitation. Cette estimation reste provisoire et ne constitue pas un bilan définitif des assureurs.

Marseille et sa métropole figurent parmi les territoires les plus touchés, avec 527 commerces concernés. Selon CCI France, les commerces de centre-ville peuvent perdre jusqu’à 80 % de leur chiffre d’affaires les samedis de mobilisation.

À l’approche des fêtes de fin d’année, le secteur redoute de nouvelles perturbations. « Il faut absolument relancer le commerce », insiste Alain Di Crescenzo, président de CCI France, cité par Le Figaro.

Des annonces supprimées, des marchandises suspectes découvertes

Les vérifications se poursuivent également concernant les offres suspectes de revente sur Internet. Selon le ministre du Commerce Serge Papin, interrogé par Le Parisien le 27 octobre, les plateformes ont supprimé 1 737 annonces et banni 237 comptes soupçonnés de proposer des produits issus des pillages. Près de 800 signalements ont été transmis aux autorités judiciaires, tandis qu’environ 500 annonces font encore l’objet d’investigations.

À Décines-Charpieu, près de Lyon, les policiers ont découvert lundi 26 octobre des vêtements de luxe proposés à la vente depuis une camionnette. Selon Le Progrès, 21 chemises Hugo Boss, des doudounes Jott et des articles Chanel et Dior ont notamment été retrouvés. Un homme de 27 ans a été interpellé. L’origine des marchandises et leur éventuel lien avec les pillages restent à établir.

Entre destructions, fermetures prolongées et soupçons de revente de marchandises volées, les conséquences dépassent largement les journées de manifestation. Pour les commerçants, l’urgence est désormais de réparer les dégâts et de retrouver une activité normale.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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