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26/08/2016 – 06H00 Douarnenez (Breizh-info.com) – Du 19 au 27 août 2016 se tient le festival de cinéma de Douarnenez. Il existe depuis trente-huit ans. Il fait découvrir, à chaque édition, des peuples ou des cultures minoritaires du monde, à travers un cinéma souvent peu diffusé. Les dernières éditions ont affiché un score autour de 15 000 – 20 000 entrées (invitations comprises).
Cette année, le thème est « peuples de Turquie ». Or la direction organise une série de « débats, palabres et rencontres » sur des thématiques particulièrement engagées. Ouest-France titrait d’ailleurs récemment : « Douarnenez. Migrants et réfugiés, au cœur du Festival de cinéma »
Le festival de Douarnenez explique sa semaine ainsi : « Douarnenez interrogera cet été la diversité culturelle des Turquies sans fossiliser les «cultures» et les «identités». Avec pour propos de dépasser les essentialismes nationalistes, culturels et religieux. Pour cela, le Festival questionnera l’histoire et le présent de la Turquie contemporaine, les violences d’hier et d’aujourd’hui et s’attachera à souligner les influences réciproques, le dialogue et le «vivre ensemble».».
On ne peut enlever la qualité incontestable d’un certain nombre de films projetés durant la semaine : de West Empire à Rock’n’Rennes, en passant par le court métrage Tout va bien ou encore Les Guerriers. Mais aussi de nombreux films peu connus et intéressants sur la Turquie. Le festival de Douarnenez est d’abord un festival très militant au service de l’idéologie mondialiste et libertaire. Un nombre important de films proposés, sur la cause LGBTQ (LesbienGayBiTransQueers), mais aussi sur les « migrants ». le démontre.
Ou encore les « discussions » organisées, sur des thèmes comme : « Bretagne terre d’accueil? Le collectif Fraternité ! » en présence d’Utopia 56, et de » 100 pour un toit « . Il en est de même du débat autour du portrait d’une militante Transexuelle, ou de celui sur la « Déconstruction-s des identités dominantes en Turquie ». On peut encore noter celui sur « L’Europe, terre d’accueil des réfugiés ? » organisé avec Médiapart, comprenant uniquement des intervenants favorables à l’immigration. Des thématiques sociétales chères à la gauche extrême et militante.
Libre à chacun de s’y rendre (ou pas) et de soutenir ce festival. Toutefois, le festival de cinéma de Douarnenez bénéficie de subventions publiques – qui pour le coup – appartiennent à l’ensemble des contribuables. Pour la période 2015/2017 le festival bénéficie ainsi du soutien financier de la Région, de l’Etat, du Conseil de l’Europe, de la Fondation Crédit Agricole du Finistère, du Conseil départemental du Finistère et de la Ville de Douarnenez.
Pour 2015, la Région Bretagne a versé 89 000 euros au festival, une somme reconduite sur la durée du partenariat. En 2012, le conseil municipal de Douarnenez avait accordé pas loin de 50 000 €, là aussi reconduit durant le partenariat. Il en va de même pour les autres collectivités qui financent. « La Fondation Crédit agricole nous aide désormais trois fois plus : 60 000 € sur trois ans, soit 20 000 € par an » écrivait en 2015 le directeur du festival, Yann Stéphan.
Pas possible toutefois d’accéder aux derniers comptes annuels du festival sur le site du Journal Officiel des associations où doivent normalement être publiés les comptes des associations touchant plus de 153 000 euros de subvention chaque année.
Ni sur le site du festival qui – contrairement à de nombreuses associations subventionnés – ne rend pas compte publiquement de l’utilisation précise de ces subventions publiques. En 2015, selon Ouest-France, « le budget annuel de l’association se chiffre entre 450 000 € et 490 000 €. Tenant compte de la masse salariale (cinq salariés à l’année, une vingtaine durant le festival), du fonctionnement, des animations…».
Si l’on regarde toutefois le seul bilan trouvé et publié, celui de 2010, le budget total de l’association était de 403 615 € dont 193000 € de subvention publique, soit 48% du budget total du festival, auquel il fallait rajouter 25 000 euros d’aide à l’emploi.
De retour de quelques jours passés au festival, Ronan, nous confie « avoir apprécié l’esprit et la qualité des films proposés ». Celui qui se revendique ouvertement « militant de gauche » auprès de nous, s’interroge toutefois lorsqu’on lui soumet le montant de ses subventions : « Je suis étonné. Je ne pense pas que le rôle des collectivités et de l’Etat soit de financer un festival comme celui-ci, qui est très militant et qui accueille essentiellement un public engagé au moins idéologiquement .».
Les subventions étant attribuées et utilisées en toute transparence (normalement) mais avec une certaine discrétion, ceci explique peut être en partie le silence autour de cette distribution d’argent public à des fins militantes.
Photos : DR
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