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26/01/2015 – 07H30 Lannion (Breizh-info.com) – « Non à Macron, oui au lançon ». Plusieurs milliers de Trégorrois ont défilé dans les rues de Lannion samedi matin pour s’opposer à un projet d’extraction de sable coquillier dans la baie. Un projet de la Compagnie armoricaine de navigation (CAN) qui met en danger, estiment les manifestants, l’écosystème et la pêche.
Pêcheurs et élus locaux avaient largement répondu samedi à l’appel du collectif « le Peuple des dunes » pour contester le projet qui, après avoir reçu un avis favorable du commissaire enquêteur, est actuellement sur le bureau du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron.
« Accorder le permis contre l’avis des élus du Trégor constituerait un déni de démocratie », affirme Joël Le Jeune. Le président de Lannion Trégor Agglomération estime que la CAN pourrait très bien extraire du sable calcaire en allant beaucoup plus au large, comme cela se pratique en Grande-Bretagne. « C’est un projet absurde, entre deux zones Natura 2 000 », renchérit Alain Bidal, président de Peuple des dunes. Pour lui c’est « un projet inimaginable, mais qui a fait son chemin dans la chaîne administrative».
Les études effectuées démontrent que cette exploitation du sable dans la baie de Lannion – huit millions de mètres cubes devraient être prélevés à raison de 400 000 par an – détruirait en partie la dune qui sert de frayère au lançon, un petit poisson qui attire les lieus, les bars et autres poissons nobles. D’où la colère des marins-pêcheurs. Selon le collectif, le projet pourrait entrainer la perte de très nombreux emplois – entre160 et 450 selon les estimations – dans les différents secteurs liés à l’activité maritime côtière.
Une table ronde sur le projet doit avoir lieu d’ici une quinzaine de jours au ministère de l’Economie. Alors que la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, est clairement opposée à celui-ci, que décidera Emmanuel Macron ? S’agissant d’un dossier « breton », on peut penser qu’il évitera de se mettre une nouvelle fois à dos une population qu’il avait sérieusement humiliée en traitant les salariés de Gad d’« illettrés ». Vendredi dernier l’hôte de Bercy était à Lampaul-Guimilliau pour renouveler ses excuses. Une opération de com’ qui a reçu un accueil mitigé.« Ses excuses je ne les prends pas», dira un ancien salarié. Coriaces, les Bretons.
Photo : Office du Tourisme de Locquirec/Flickr (cc)
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