Guerre civile du Yémen : plus de 8000 morts en dix mois

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22/01/2016 – 07H00 Yémen (Breizh-info.com) – Les jours se passent et rien ne s’améliore au Yémen, où la guerre civile fait de nouveaux ravages. Pire, Al Quaïda et l’État Islamique ont pris pied dans le pays déchiré, et s’y livrent à une féroce et sanglante concurrence. Selon les derniers chiffres de l’ONU, plus de 8000 civils sont morts dans le pays depuis mars 2015. 15.184 civils ont été blessés et plus de 1.2 millions d’habitants ont été déplacés suite au conflit.

Lors d’une conférence de presse à Genève, Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme, a annoncé que près de 8100 personnes étaient mortes des suites de la guerre civile. En décembre, 81 civils sont morts et 109 ont été blessés, note l’agence de presse iranienne MEHR ; l’ONU met en cause les « bombardements étrangers », effectués notamment par l’Arabie saoudite et les pays de sa coalition (Bahreïn, Jordanie, Qatar, Maroc, Egypte, Soudan du nord, Koweit, Turquie, Sénégal, Mauritanie…) soutenus par les Etats-Unis. Cette coalition hétéroclite essaie de récupérer le pouvoir au Yémen à la demande du président déchu Abd Rabo Mansour Hadi, déposé par la rébellion Houthiste (chiite) ; les rebelles tiennent le nord et l’ouest du pays et sont soutenus par l’Iran, la Chine ou encore la Russie. La coalition arabe tient l’est et le sud.

Mi-janvier 2016, une nouvelle série de bombardements saoudiens de la ville de Saada (nord-Yémen) a modifié ce macabre bilan : au moins 4625 hommes adultes, 1519 femmes adultes et 1996 enfants des deux sexes auraient été tués depuis mars 2015.

L’ONU estime par ailleurs que 80% de la population yémenie a besoin d’aide humanitaire d’urgence. A cela s’ajoute aussi la population de la région saoudienne de Jizan, frontalière du Yémen : les Houthis ont répondu à l’ingérence de la coalition arabe dans le Yémen en exportant la guerre en Arabie saoudite, où ils ne cessent d’étendre leur zone de contrôle le long de la frontière.

Alors que l’Arabie saoudite s’enlise au Yémen – nombre d’observateurs estiment déjà que le Yémen est devenu « le Vietnam de l’Arabie Saoudite », un autre fait est nettement plus inquiétant pour les pays occidentaux, qui ne pourront longtemps rester les bras croisés en contemplant le massacre. Djihadistes de l’État Islamique et d’Al-Quaïda s’y livrent en effet à une féroce concurrence et exercent leur terreur sur des civils pris entre le marteau et l’enclume. Et ce jusque dans le grand port stratégique d’Aden au sud du pays. L’État Islamique, qui a revendiqué le 6 décembre l’attentat qui a tué le gouverneur d’Aden a officiellement fait souche au Yémen à partir d’une scission d’AQPA (Al Quaïda dans la péninsule arabique) où il contrôle officiellement la ville de Lawdar au nord-ouest d’Aden et dispose de plusieurs camps d’entraînement dans les régions désertiques de l’est du pays. Selon le média syrien Al-Masdar les djihadistes de l’Etat Islamique et d’AQPA contrôlent 15 à 20% du pays – il s’agit cependant pour l’essentiel d’étendues désertiques dans le centre-est du Yémen. Néanmoins, à l’embouchure de la mer Rouge et à quelques centaines de kilomètres de la base française de Djibouti, le risque pour l’Europe et la France que pose cette nouvelle présence de l’État Islamique est de plus en plus réel.

Photo : DR
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6 Commentaires

  1. Le risque bien plus vaste que la simple présence de djihadistes en face de Djibouti. Le risque, c’est de voir émerger une zone sous influence complète et totale des mouvements djihadistes, qui irait du Yemen à la Maurétanie, du Nord du Cameroun au Sud de la Turquie, et puis dans un second temps, en Asie Centrale voir jusque chez les Ouïghours, avec son lot de migrants à la clé.
    >> Daesh tente une OPA sur tous les mouvements djihadistes, y compris les vassaux d’Al Qaeda. Exemple : il y a quelques jours Daesh en Lybie vient de demander l’allégeance des milices shebabs, alliées à Al Qaeda. Boko Haram a déjà passé le pas. Au Sahara, Daesh et les milices libyennes ont pour objectifs la chute de Belmokhtar pour récupérer ses khatibas.
    Et pour rappel, on pourra toujours critiquer les opérations françaises au Mali et au Centrafrique, parce que « impérialisme US gnagna », ou « Hollande gnagna », ou tout simplement parce que ces opérations n’ont pas été menées parfaitement, mais sans les interventions françaises, la situation serait aujourd’hui beaucoup plus critique. Elle le serait certes moins s’il n’y avait pas eu la chute de Kadhafi (chute qui de toute façon était une question de temps) et l’épisode démocratique des frères musulmans en Egypte. Mais la question maintenant, ce n’est pas de savoir si Daech va s’implanter en face de Djibouti, c’est de savoir comment enrayer cette dynamique. Il est clair que de simples interventions militaires ponctuelles ne suffiront pas, ni même soutenir du bout des doigts les régimes égyptien, tchadien, ou éthiopien. Quant à tourner le dos à l’Afrique ou l’atomiser… No comment.

    • Daech n’est pas en face de Djiboutie. Le Nord Yémen se bat contre Daech (sunnite) et Etat Islamique (sunnite) qui se concentre au sud Yémen.
      Rapel : Etat Islamique Sud Yémen , Daesh Sud Yemen, Alcaïda sud Yémen, avec l’aide des forces armées de la coalition saoudienne soutenue par la France , l’Angleterre, les USA se battent actuellement contre le Nord Yemen… qu’il faudrait donc soutenir puisque qu’ils se battent contre Daesh, Etat Islamique, et Al Caïda… (Ces monstres créés par qui deja ?A oui… Nos amis roitelets du golf completement détraqués alergique aux aspirations democratique des républicains du nord Yémen ?)

  2. Pourquoi ne pas expliquer ce conflit par le facteur ethnique. Idem en Syrie et Irak.
    – La zône verte est Chiite.
    – La zône rouge est Sunnite.
    Pas évident d’appuyer militairement à distance les sunnites contre les chiites et être en guerre contre le terrorisme sunnite arabe en France. Les guerres ne sont jamais gagnées par des philosophes et des modérés.

  3. « Tout ne s’explique pas par le facteur ethnique (ou ethno-confessionnel plutôt, car il s’agit plus d’une fracture religieuse qu’ethnique) »
    … Et patati et patata …

    « Il y a bien des poissons volants mais ce n’est pas la majorité » aurait rajouté un dialoguiste surement plus doué et sincère que toi.

    Toi par contre tu t’expliques très bien par un certain « facteur ethnique (ou ethno-confessionnel plutôt …) » duquel tous ceux qui enfument tous les débats avec ce genre de ‘’pas d’amalgame’’ sont invariablement issus ou sous influence …
    Dit donc ; au fait, tes courriels ils sont postés depuis Kemper, Paris ou … Tel-Aviv ?

    PS : pour ma part je suis italien du nord, d’une famille catholique depuis toujours (sauf qu’aujourd’hui cette Religion est morte et bien morte depuis que TON ethnie-ethno-confessionnelle a investi le Vatican) et ce courriel a d’abord été envoyé depuis Bergamo à un de mes amis français qui l’a corrigé et reposté sur cet excellent site.

    • Outre le fait qu’on se fiche pas mal de ta vie, d’où tu viens, et de tes copinages, tu vas pouvoir, peut être, m’expliquer ce qui te choque.
      Parce que je veux bien moi, l’argumentation de 10 lignes pour expliquer que c’est du patati-patata :
      Argument 1/ je serais donc de Tel-Aviv, présupposé juif je suppose ?
      Argument 2/ le Vatican est infiltré par mon ethnie-ethno-confessionnelle (on reste toujours dans le cadre de la supposition)
      Conclusion : C’est donc du patati-patata car au fond, je suis juif, et donc, je ne peux exprimer que du patati-patata.
      Moi j’appelle ça être à côté de ses pompes.

      Alors on va reprendre les choses calmement, et très simplement pour que tu percutes, avec l’exemple typique du kurdistan ETHNIQUE.
      Fait 1 : il y a des mouvements kurdes islamistes, des milices kurdes affiliées au PKK, les peshmergas irakiens, et bien d’autres.
      Fait 2 : ces mouvements sont composés, surprise, de kurdes…
      Fait 3 : ces mouvements s’affrontent pourtant (y compris, entre peshmergas et PKK), s’allient parfois avec l’ennemi d’hier, etc. Il y a donc un jeu d’alliance et de rivalités complexes entre les mouvances kurdes.
      Ce qui me fait penser que tout ne s’explique pas par le facteur ethnique (en français dans le texte hein, je n’ai rien dit de plus).
      Ce qui te fait penser que j’habite à Tel-Aviv.
      Cherchez l’erreur…

      On continue… En Lybie, conflits ethniques mais que..des tribus arabes s’opposent les unes aux autres : question de tribus, question de pouvoir, de pétrole, ingérences occidentales. En centrafrique, les seleka sont composés de différentes ethnies fort différentes, réunies parce que musulmanes, mais dont la motivation première est le pétrole du Nord du pays. Et puis il y a le sinistre exemple de Daesh, qui a lui seul, réunit des membres de centaines d’ethnies différentes, de chine, caucase ,maghreb, arabie, turquie, europe, afrique,indonésie, etc. Et là, le conflit engendré transcende largement les frontières ethniques,le moteur étant le djihadisme wahabite. Et caetera, et caetera.
      Enfin bref, je ne vais m’éterniser, je ne veux pas heurter ton ethnocentrisme maladif et me voir affubler de l’étiquette juif-maçon atlantiste ethnomasochiste traître à sa race gauchiste ecolo syndicaliste bobo sioniste ou pro-palestinien dhimmi droitdelhommiste pasdamalgamiste sarkoziste jacobin républicain et toutes les autres conneries du genre qui semble être la base de ton argumentaire. Je disais juste qu’il y a des mouvements de fonds (djihadisme, ingérence, rivalités politiques et surtout pétrole) qui existent AUSSI. Je ne sais pas, peut être qu’on ne saisit pas les nuances en Lombardie.

      • « Pour le reste, et pour ne rien y simplifier, il existe bien sûr en Orient des alliances stratégiques pleines de subtilités, de calculs et de faux semblants … mais généralement seuls les occidentaux en sont dupes. »

        Et bien, cher Bernard, merci de confirmer ce que je disais dans mon premier message, et qui t’as fait sortir de tes gongs, à savoir « Tout ne s’explique pas le facteur ethnique « .
        Je constate qu’à défaut d’arguments, tu emploies à foison tous les sophismes du genre. Après l’attaque ad hominem concernant ma prétendue judaïcité, voici maintenant la paraphrase et la digression.

        Bref, rien de nouveau sous le soleil. Je te laisse donc, toi et tes diverses identités virtuelles, à tes auto-congratulations et autres trips égotiques.

        ps : le proverbe exact étant : « Moi contre mon frère, mon frère et moi contre mon cousin, mon cousin, mon frère et moi contre l’étranger ».

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